[ÉDITO] L’autorité de l’État bafouée dans le Cher. Encore faudrait-il qu’il y ait une autorité

Le très patelin Laurent Nuñez est venu survoler la zone en hélicoptère pour constater de ses propres yeux l’ampleur des dégâts.
Capture d'écran
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L’autorité de l’État ! Une nouvelle fois, elle a été bafouée. Cela dit, en France, y a-t-il encore une autorité, y a-t-il encore un État ? Si, bien sûr. La preuve : les impôts, les taxes, les amendes routières rentrent. Amusez-vous à ne pas les payer, vous allez voir ce que cela fait. Donc, l’autorité de l’État a été bafouée dans le Cher, comme l’a décrit Frédéric Sirgant.

Laurent Nuñez est venu survoler la zone en hélico

Le député LR Jean-Louis Thiérot, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, a bien résumé les faits, sur X : « La rave-party sur une emprise militaire de la DGA est d'une exceptionnelle gravité. C'est l'autorité de l'État qui est bafouée. Les participants se rendent coupables de participation à une manifestation interdite et d'intrusion dans un espace militaire de l'article 413-5 du Code pénal… » Mais qu’on se rassure, le très républicain et très patelin Laurent Nuñez est venu, ce dimanche matin, survoler la zone en hélicoptère pour constater de ses propres yeux l’ampleur des dégâts. Bien sûr, il a « dénoncé », comme il se doit, ce rassemblement « interdit », qui compte déjà à son bilan 33 blessés et 5 en urgence absolue. Le ministre de l’Intérieur, qui est un homme fort aimable, a même tenu à remercier les élus locaux « en première ligne », les gendarmes, pompiers, le SAMU et, évidemment, le préfet.

« Relève immédiate du préfet... »

Notre camarade, le général (2S) Nicolas Richoux, qui certes, comme votre serviteur, a basculé du côté plus aisé des commentateurs après avoir commandé des années durant des hommes sur le terrain, notamment en opération, est moins tendre : « Relève immédiate du préfet, incapable de faire respecter l’autorité de l’État… » Malheureusement, nous avons envie de lui dire, en toute amitié, qu’il y a belle lurette, dans ce pays, qu’on ne relève plus les préfets sur le champ. Les préfets et autres « autorités », d’ailleurs : on a encore en mémoire, bien que cela remonte déjà à une éternité (plus de six mois, vous pensez !), la démission de Laurence des Cars, dit-on refusée par Rachida Dati, dans les jours qui suivirent le cambriolage spectaculaire du Louvre, puis finalement acceptée en février avec recasage présidentiel à la clef.

Il faut remonter, nous semble-t-il, à 2008 pour voir, après un drame ayant eu un écho national, une autorité suspendue immédiatement de ses fonctions, alors qu’elle n’était pas directement impliquée dans ce drame. C’était à Carcassonne au 3e RPIMa, lors de portes ouvertes. Au cours d’une démonstration, des munitions réelles, au lieu de balles à blanc, avaient été utilisées, pour des raisons incompréhensibles, causant de graves blessures à de nombreux spectateurs. Le colonel commandant ce prestigieux régiment avait été immédiatement suspendu et le chef d’état-major de l’armée de terre avait donné sa démission, quelques jours après que Nicolas Sarkozy avait qualifié les militaires d'« amateurs ». Mais il est vrai qu'on avait affaire à des militaires…

L'État-nounou de teufeurs irresponsables

Vous me direz : que pouvait bien faire ce pauvre préfet, ancien adjoint de Nuñez à la préfecture de police de Paris, face à 30.000 fêtards ? Mais comme le souligne le député Thiérot, « on peut s'interroger sur un éventuel défaut d'anticipation et une faille du renseignement intérieur ». Anticiper ! Samedi, alors que la teuf avait démarré, le préfet du Cher déclarait à la presse : « On doit se préparer au pire », c’est-à-dire à l'« explosion d’une munition de la Deuxième Guerre mondiale »... Et le représentant de l’État d’expliquer qu’un « dispositif robuste » avait été mis en place : secours, évacuation, démineurs (non cités, mais on imagine). Donc, vous voyez, l’État est bien là. Il est là, effectivement, pour accompagner, canaliser, modérer, évacuer, soigner. Bref, pour apporter un soutien à une manifestation illégale, avec des moyens considérables (pas moins de 600 gendarmes, et on ne parle pas des autres corps en uniforme déployés sur le terrain). Avec l'argent du contribuable, ça va sans dire.

Évidemment, cela se passe un week-end. Un week-end durant lequel ces gendarmes, secouristes, pompiers, démineurs auraient peut-être eu envie d’aller cueillir du muguet en famille. Car ces gens ont aussi une vie de famille. Ou, du moins, essayent. Le droit à la fête, c’est bien et, à écouter Manon Aubry, c’est tout juste, du reste, s’il ne faudrait pas l’inscrire dans la Constitution. Au point où elle en est, la Constitution… Mais ce serait peut-être sympathique de penser aussi, de temps en temps, à ces secouristes et forces de l’ordre qui n’ont pas vocation à être les larbins, « encadrants » et nounous de teufeurs irresponsables. Il est vrai que c'est beaucoup demander, à une LFIste, de penser aux forces de l'ordre.

On tremble à l’idée de voir Manon Aubry devenir ministre d’un gouvernement dirigé par La France insoumise, si par malheur… Les Sports, la Culture, peut-être ? Non, au point où on en sera, l'Intérieur ou les Armées.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

151 commentaires

  1. Peur de s’affronter à une bande d’énergumènes abrutis par la drogue mais cela n’a pas gêné le gouvernement d’utiliser des LBD envers les GJ ou des blindés contre des agriculteurs ! Tous une bande de lâches !

  2. Nous avons un gouvernement de pétochards, qui ne font surtout que du bla bla.
    C’est erreur de casting à quasiment tous les étages. On imagine le pire, si notre pays devait être confronté à une grave crise.

    • La haute administration est devenue une « pétaudière ». Avec les copains du Mozart à leur tête.

  3. Henry de Montherlant a dit :  » Quand la bêtise gouverne , l’intelligence est un délit  » ….

  4. Lors de ma formation de « jeune chef », mes instructeurs m’avaient fait apprendre l’axiome suivant pour me former à l’exercice de l’autorité :
    « L’autorité s’appuie obligatoirement sur deux piliers indissociables : la compétence et l’exemplarité ! »
    Nunez, malgré ses rodomontades et ses éléments de langage de haut-fonctionnaire, plus intéressé par son itinéraire personnel que par l’intérêt national, ne possède ni l’une ni l’autre !
    Ceci dit, il faut bien reconnaître que dans les nombreux gouvernements qui se sont succédés depuis quelques années voire quelques décennies, il est loin d’être le seul ! Chefs de l’État en tête !

  5. Laurent Nuñez a bien su envoyer des gendarmes et des centaures pour empêcher des éleveurs de protester contre l’abattage de leurs troupeaux. Il a fait de même pour empêcher des tracteurs de converger vers Paris. Là, il survole et constate (c…n se tâte?).

  6. Il y a plus de choses à dire sur cet événement ; c’est un article trop court et donc superficiel.
    En revanche, on lira avec intérêt celui d’ Isabelle Marchandier, publié aujourd’hui 4 mai par « Causeur » : « Mine de rien ». On aurait aimé qu’un militaire comme vous ait évoqué ce que cette journaliste évoque : c’est le plus important à retenir.

  7. pourquoi y envoyer ambulances ,gendarmes et autres ? le terrain etant militaire il fallait y envoyer les paras et la Légion ,le probléme etait réglé vite fait

    • Les paras ou la légion n’ont pas de lbd ,alors sauf a autoriser le tir à balles réelles un corps a corps avec 30000 drogues demande au moins 10000 militaires…..efficace mais terri le pour l’image du pays..Par contre faire bloquer tous les accès par l’armée en amont,comme elle le fait pour les ramasseurs de champignon pacifiques aurait plus de sens: protection d’un terrain militaire..

  8. l’exécutif ne sont que des moulins à paroles ou à vent mais pour les actes rien comme d’habitude

  9. Quelque chose me tracasse: pour se rendre d’un point A à un point B il faut emprunter un (des) itinéraire (s). Pourquoi, lorsque les autorités ont connaissance de l’événement et de son lieu, ne bloque t’on pas le ou les accès à ce lieu par anticipation? Je me demande.

    • Parceque tout ca etait deja  » concerte: » avant avec les autorités bienveillantes ?

  10. Bon, d’accord c’est une bande de gauchistes. Mais pourquoi chercher la bagarre tant qu’ils ne font de mal à personne et ne dégradent rien ?

    • Réflexion de soixante- huitard ??? … *** Foutre la pagaille n’étant pas suffisant ???…

    • Je vous conseille de vous documenter sur ce qui a été saisis lors de cette « fête ».

    • Pangolins sédatés profonds qui croient (?) incarner la jeunesse et la fête
      À qui profite ce barnum
      Si l’on a tous été jeune, on n’a pas tous souffert de persécution ni d’embrigadement ou endoctrinement

    • Tout simplement parce que c’est un terrain militaire et zone de tirs avec des munitions non explosées pour ce cas. Qui paira les soins à vie des victimes en cas d’explosion ? Ailleurs ils détruisent les champs des paysans.

    • J’aimerais bien voir votre tête si de gentils gauchistes venaient faire kermesse besoins dans votre jardin devant vos petits enfants,ou qu’un membre de votre famille fasse partie des 6 gendarmes blessés..cette gentille fête est chiffre a plusieurs millions d’euros pour nos impôts : gendarmes,dégradations,pompiers ,soins..mais peut etre n’êtes vous pas imposable? Alors on s’en fout! Pas vrai?

  11. L’on se souviendra de la saillie vacharde de Charles de Gaulle à propos d’Albert Lebrun  » Au fond, comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un État « . Les historiens pourront sans risque tenir le même raisonnement à l’endroit de Macron, car plus ça va et moins ça va !

  12. moi, je les enverrais sur la banquise ils seraient à la fraiche et pourraient désaouler plus facilement.

  13. Sur ce terrain militaire interdit au public, si une munition avait explosé et blessé ou tué quelqu’un, je suis sûr qu’une plainte aurait été déposée par quelques participants.

  14. « Balles à blanc » : mauvaise expression => il faudrait dire « cartouches à blanc » car justement il n’y a pas de balle

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