[ÉDITO] Jean-Noël Barrot nous prendrait-il pour des buses ?
Faut avouer qu’avec Jean-Noël Barrot, notre Talleyrand de bac à sable, on n’est jamais déçu. Il est d’ailleurs fort probable que dans un an, le personnage ne soit plus ministre et que, du coup, vous risquiez de le regretter. En attendant, ce dimanche 28 juin, celui qui est aussi vice-président du MoDem organisait, à Versailles, ce qu’il a appelé pompeusement une fête de la démocratie. En fait, une journée de débats où se sont retrouvées environ sept cents personnes, si l’on en croit Le Monde. Au cœur des débats, vous l’aurez compris : l’élection présidentielle de 2027.
Tout de suite, on vous rassure – ou pas -, Jean-Noël Barrot n’est pas le cinquante-troisième candidat - ou quelque chose comme ça, avec un zeste de grossissement épique - à la candidature à la présidence de la République française. Mais, comme l’a affirmé le très très lointain successeur de Maurice Couve de Murville, « ce n’est pas parce qu’on n’est pas candidat à la présidentielle qu’on doit garder sa langue dans sa poche », version appauvrie et adaptée à la politique du titre d’un film bien connu, sorti en 1975 : C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule. Ce qui, au vrai, n'est pas faux.
« Rendre le pouvoir aux Français »...
Mais avec Jean-Noël Barrot, les choses prennent toujours une saveur particulière. Jugez-en par vous-même à travers cette phrase qui a retenu toute notre attention : « Pour être crédible, celui ou celle qui sera élu devra s’engager à rendre le pouvoir aux Français. » Comme dirait Fabrice Luchini, c’est énorme ! Puisqu’il s’agit de « rendre le pouvoir », c’est donc qu’on le leur aurait piqué, le pouvoir, aux Français. Logique. Et l’on ne nous aurait rien dit. Qui détient, alors, ce pouvoir appartenant de droit aux Français ? Qui donc aurait fait ça ? Qui aurait osé ? Comment cela s’est-il produit ? Quand ça, d’ailleurs ? Les questions se bousculent dans notre petite tête de Français moyen. Faut-il remonter à 2008, lorsque Nicolas Sarkozy s’assit allègrement sur le référendum de 2005 avec la complicité d’une majorité de parlementaires de droite comme de gauche ?
Mais 2008, c’est loin, très loin, c’est quasi les croisades pour qui le temps se mesure à la rapidité à poster un tweet. Et Emmanuel Macron, à l’Élysée depuis plus de neuf ans, il n’y serait pas un tout petit peu aussi pour quelque chose, dans ce hold-up ? Emmanuel Macron dont Jean-Noël Barrot est un fidèle depuis le début de l'aventure, c’est-à-dire depuis 2017 : député, conseiller régional, plusieurs fois ministre. Plus macroniste que lui, tu meurs.
Barrot, la tête dans le guidon ministériel
Barrot n’avait donc pas vu les promesses de référendums de Macron jamais tenues, les « cahiers de doléances », lors du grand débat national (on l’avait oublié, celui-là…), après l’épisode des gilets jaunes, sagement remisés dans les caves (ou les greniers) de la République, le gouvernement Attal, après la dissolution, se maintenant au pouvoir, au-delà des usages, pour cause de Jeux olympiques (fallait oser, tout de même !), les budgets passés à coups de 49-3 à répétition, les lois votées par le Parlement, finalement censurées et, pour tout dire, charcutées, émasculées par le Conseil constitutionnel. Un Conseil constitutionnel qui fait du référendum une pièce de musée. Barrot, la tête dans le guidon ministériel, n’aurait rien vu de tout ça et ne « percuterait » que maintenant ? Il est vrai que la grâce ne prévient pas et frappe quand elle le juge bon. Et la grâce a frappé à Versailles !
Esprit d’escalier aidant, le titre du film cité plus haut nous fait penser à un autre film, de la même époque, sans doute parce que le regretté Bernard Blier jouait dans ces deux chefs-d’œuvre cinématographiques : Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Aujourd’hui, on dirait « pour des buses ».
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































77 commentaires
Nous vivons une ère de bavards .
Celui là, c’est le ponpon ! Plus nul… Tu meurt !
Entre Barrot et Barbut, on est servis en France. quel niveau.
Ce binational franco-suisse, comme tous les autres binationaux, devenu ministre par le fait du prince, doit rendre également son tablier pour avoir été l’un des pires représentants de la diplomatie française, après le calamiteux Stéphane Séjourné …
« Et Emmanuel Macron, à l’Élysée depuis plus de neuf ans, il n’y serait pas un tout petit peu aussi pour quelque chose dans ce hold-up ? » il ne faut pas omettre les 5 ans passés comme ministre de hollande, Donc ça fait ans que macron officie.
Condorcet… ;)
Faut pas prendre les français pour des buses, gentiment dit, Plus peuple je dirais pour des cons, et en me disant suivant la reconduction de ces incapables qu’ils ont foutrement raison.
Très joli billet, très bien écrit et jouissif ! Ce cher M. Barrot illuminé par la Grâce, veut que le futur président nous rende le pouvoir. La démocratie aurait donc disparu ? Certains cherchent Charlie alors que d’autres cherchent la Démocratie : Même niveau intellectuel
Très bien ! Il n’a plus qu’à dire comment il compte s’y prendre sinon c’est bla-bla-bla …
Notre ministre des affaires étrangères a bien du temps pour. Être aussi conseiller régionaux et vice président du Modem
Tout va bien dans le monde, détroit ormuz. Afrique ( Burkina fasso) tout s’est arrêté afin que Barrot organise à Versailles une » fête de la démocratie » après on s’étonne que la France ne soit plus respecte dans le monde.
encore un serait « chef d’escadrille s’ils volaient ! … Dixit un dialogue d’AUDIART …
Dans l’aviation, il y a des « oiseaux de tout gabarit … et de toutes sortes de races … celui là en est un vrai contrairement aux magnifiques rapaces visibles partout en Europe ! …
Il est « pardonnable » car il doit essayer d’être plus rapide que son mentor de menteur du MoDem pour en sortir de plus « grosses » que « Le ROI du plan-plan » ! …
« fête de la démocratie » ? Demander à l’UE de geler les comptes bancaires de Jacques Baud, de Xavier Moreau et d’autres parce qu’ils disent autre chose sur l’Ukraine que ce que le régime souhaite ? Sans aucun recours, sans jugement. Juste la décision du prince. Et c’est ça qui vient nous faire la morale ? Comment peut-on encore supporter ces méthodes totalitaires ? Le peuple français n’aurait-il plus de conscience ?
Pire que son père, il est insignifiant
Il ne doit pas avoir la lumière à tous les étages !
Insignifiant est le bon terme !
Qu ils partent tous ces incapables et que l on passe aux élections.
Il peut prendre les Français pour des buses, mais lui ce n’est pas un aigle. Il est plutôt du genre passereau.
« Pour être crédible, celui ou celle qui sera élu devra s’engager à rendre le pouvoir aux Français ». Il faut donc éviter de voter pour ces partis qui depuis 81 ont refusé le pouvoir au peuple, en particulier aux macroniens…
Bien dit.