Certains, durant la présidentielle, avaient surnommé ironiquement Valérie Pécresse « Madame 20 h 02, en référence à son ralliement hâtif et prévisible à Emmanuel Macron après le premier tour. On pourrait, de la même façon, appeler Gérard Collomb « Monsieur minuit moins le quart ». À double titre : d’abord parce que c’est à 75 ans, alors que, souffrant, il a quitté les depuis belle lurette, que Gérard Collomb décide enfin de tirer la sonnette d’alarme. Ensuite parce que le moment, pour la France, est bien tardif. Le train de son destin est lancé à vive allure… Est-il encore temps  de changer sa trajectoire avant le précipice ?

C’est le jour du 7e du et 48 heures après l’accostage de l’Ocean Viking - qu’il voit comme un « tournant dans la politique d’immigration » - que Gérard Collomb a décidé de cracher le morceau dans Le Point. Il déballe ce qu’il a sur le cœur. Son refus absolu, quand il était ministre de l’Intérieur, de voir Marseille et transformés en hotspot - cette opposition aurait motivé sa décision de démissionner. Sa mauvaise conscience à l’endroit des deux filles - Laura et Maurane - assassinées à Marseille par un Tunisien en situation irrégulière qui aurait dû être placé la veille en centre de rétention administrative à pour être expulsé.

Puis il y a surtout un aveu, qui a été peu relevé dans les médias. Un aveu assez effrayant. Celui d’une dissimulation assumée pour motifs électoralistes.

Pourquoi n’a-t-il pas, sur le moment, révélé les circonstances réelles de sa démission ? S’il l’avait fait à l’époque, il aurait « gravement nui à Emmanuel Macron » : « Si je m’étais exprimé avant la présidentielle, mon intervention aurait pu inverser le résultat de cette élection et Marine Le Pen être élue. C’est pourquoi je me suis tu », avoue-t-il sans fard.

C’est pour la même raison, si l’on en croit le livre de Noémie Halouia, qu’en avril 2017 avait été passé sous silence le meurtre sordide de Sarah Halimi : pour rajouter à son malheur, la pauvre victime avait été tuée trop près de la présidentielle.

Une question, une seule : pour ne pas « faire-monter-l’extrême-droite », selon l’expression consacrée, combien d’autres faits ou chiffres les intéressant au premier chef ont-ils été cachés aux Français ?

14207 vues

13 novembre 2022

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

77 commentaires

  1. Pour ne pas « faire-monter-l’extrême-droite », ce Monsieur, ministre d’Etat, a poussé un peu plus la France et les Français vers l’abime. Il peut être fier de tous ses résultats, à Lyon et ailleurs. C’est misérable.

  2. Les encartés P.S. que sont E. Macron et G. Collomb ont encore mis la France dans une sacré situation chaotique, en plein décrochage…..
    Je rappelle que les Socialistes étaient au Pouvoir avant les 2 dernières Guerres 14-18 et 39-45. Il semblerait qu’il leur faut des Guerres pour être au Pouvoir !
    Bon ! si l’on a que celle au Covid à l’Ukraine et à l’Immigration illégale, non contrôlée, c’est moins grave, mais quand même on pourrait s’en passer ! ! !
    Un peu tard M. G. Collomb pour avoir toute ma sympathie ! Il était effectivement minuit moins le quart….

Les commentaires sont fermés.

  Commenter via mon compte Facebook

  Commenter via mon compte Twitter