Que reste-t-il, plus de vingt ans après la découverte des corps de Julie et Melissa, d’An et Eefje, plus de deux décennies, aussi, après la marche blanche qui avait vu 300.000 Belges descendre dans la rue, plus de vingt ans, enfin, après le début de la commission d’enquête parlementaire chargée d’éclairer les zones d’ombre du dossier, de l’affaire Dutroux ?

Les mêmes partis politiques, ou presque, continuent à se succéder au pouvoir ; le même laxisme judiciaire prédomine ; les victimes sont toujours autant laissées-pour-compte. Et Marc Dutroux lui-même pourrait être prochainement remis en liberté.

Son avocat, Maître Bruno Dayez, affirme en tout cas partir « en campagne » pour la libération de Marc Dutroux. Il vient, en ce sens, de demander un examen psychiatrique afin de faire évaluer la dangerosité de son client et ne cache pas avoir établi certains contacts pour rendre possible la remise en liberté.

Pour rappel, l’ennemi public numéro un a été condamné à perpétuité (plus une peine de dix années de mise à disposition du gouvernement) le 22 juin 2004 et croupit en prison depuis 1996 et son arrestation qui avait ébranlé la Belgique. Pour Bruno Dayez, “la prison n’a pas vocation à devenir un mouroir, et il est anormal d’imaginer que quelqu’un décède à l’usure en prison”. Les parents des victimes apprécieront.

L’avocat précise que la procédure prendra du temps et cite 2021 comme possible date de libération. D’ici là, il entend entreprendre un dialogue avec la civile – en réalité des étudiants, car ils sont “les adultes de demain”, peu semblant lui importer, d’ailleurs, que les adultes d’aujourd’hui restent marqués par les événements de l’été 1996.

La remise en de Marc Dutroux n’a plus rien d’une fiction. Sa compagne au moment des faits, Michelle Martin, condamnée à trente ans de prison en 2004, a déjà recouvré la liberté depuis 2012. Après avoir vécu dans un couvent, elle a été hébergée par un juge également encarté au PTB, parti d’extrême gauche – qui l’a, dernièrement, exclu de ses rangs.

Un tel scénario ne manquerait pas de raviver la colère légitime des gens de bon sens. Au nom des victimes, gageons que le peuple belge maintienne intacte la pression car il serait insupportable que Marc Dutroux pût un jour sortir de prison.

22 octobre 2017

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