Le personnage de Donald est horripilant pour les uns, dangereux pour d’autres, repoussant pour d’autres encore. Je ne peux m’empêcher de le trouver réjouissant. Cet homme est une incarnation du “politiquement incorrect” qui “bouscule en permanence les codes”, selon l’expression convenue. Trump, c’est l’éléphant plus républicain que jamais qui piétine avec bonheur les porcelaines du magasin-musée européen, qui vient déranger le ballet des mondanités bruxelloises. Ses adversaires appartiennent à trois catégories.

Il y a d’abord les forcenés, ceux qui manifestaient à Londres contre sa venue en lui reprochant son , son , son homophobie. On peut ranger parmi eux le maire de Londres, le “Britannique” , qui a autorisé le déploiement d’une baudruche du président américain caricaturé en bébé grincheux. Conversion d’un musulman originaire d’un pays où l’on tue les caricaturistes ou participation volontaire à l’affaiblissement de l’Occident d’un homme dont les rapports avec les islamistes sont pour le moins ambigus ? Les manifestants reprenaient les slogans pavloviens contre les prétendues phobies qui menaceraient la planète alors qu’elles sont, la plupart du temps, l’expression de défenses immunitaires parfaitement légitimes de nos sociétés et de notre civilisation.

La seconde catégorie de ses adversaires correspond à l’« establishment », aux détenteurs de pouvoir, direct et indirect, politique, médiatique, judiciaire ou économique qui sont les complices ou les “idiots utiles” de notre décadence. En était le symbole ce cortège des membres de l’OTAN qui accompagnaient la démarche chancelante du “président” de la Commission bruxelloise, champion du pouvoir illégitime, battu dans son minuscule pays et “représentant des Européens” qui ne l’ont pas élu. Trump leur a rappelé que les États-Unis couvraient 72 % des de l’OTAN et a demandé un effort aux autres États qui rechignent à tenir leur promesse de consacrer 2 % de leur budget à la défense. Seuls quatre pays atteignent ce pourcentage, et un seul “grand” : le Royaume-Uni. La France prévoit de ne l’atteindre qu’en 2025. L’Allemagne se contente d’un modeste 1,24 % ! Le président américain n’a pas hésité à souligner le paradoxe de la riche Allemagne qui exporte ses produits aux États-Unis, importe du gaz russe pour subvenir aux conséquences de la sortie intempestive du nucléaire, et reçoit la protection militaire américaine : une double dépendance matériellement confortable, et politiquement contradictoire. Il n’a pas été plus amène à l’égard de que d’, puisqu’il a torpillé verbalement le projet de adouci et vanté les mérites du ministre démissionnaire Boris Johnson, partisan, lui, d’un Brexit dur.

Non, Donald Trump s’attaque à ses vrais adversaires, qui ne sont pas nécessairement des ennemis. Il s’agit des autres chefs d’État qui, eux aussi, indépendamment de considérations idéologiques, visent l’intérêt de leur pays, en confondant parfois celui-ci avec la survie de leur régime. Dans cette partie, les Européens sont, comme les Chinois, des concurrents autant que des partenaires, et il importe, dans un cas comme dans l’autre, pour lui, de servir les intérêts américains. Pékin n’a pas, depuis longtemps une politique différente à son profit. Ce retour au réel est une leçon et peut-être un cadeau faits à la vieille Europe ! Lorsque Trump rencontre le dictateur nord-coréen ou le président Poutine, il marque cette restauration du réalisme stratégique, qui déchire le voile d’illusions dont les peuples occidentaux sont couverts depuis des décennies. On peut déplorer le style, mais on peut aussi, chez ce conservateur, apprécier au contraire une formidable capacité de briser la pensée unique du progressisme, cet autre nom de la décadence, dont le Président français se veut le champion. En ce jour de fête nationale, il est bon d’en prendre conscience !

14 juillet 2018

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