Virage à droite pour Mickey ? C’est ce que semble indiquer une récente prise de parole du nouveau PDG de Disney, , lors d’une conférence donnée à ses employés le 28 novembre dernier. Succédant à Bob Chapek, déboulonné après deux ans de règne mouvementés, Iger reprend un poste qu’il avait déjà occupé de 2005 à 2020. Un changement brutal, en plein bras de fer idéologique entre l’entreprise et l’État de Floride, qui devrait donner du fil à retordre au nouveau directeur dans les mois qui viennent.

Interrogé sur la direction qu’il donnerait à pour sortir l’entreprise du bourbier dans lequel elle se trouve, n’a pas caché sa volonté de jouer l’apaisement. Car se porte mal et les choses se sont aggravées depuis son opposition officielle à la loi « Don’t Say Gay » promulguée par le gouverneur de Floride Ron DeSantis. Cette loi vise à contrer l’activisme LGBT. Elle interdit, notamment, de « discuter en classe de sujets en lien avec l’orientation sexuelle ou l’identité de genre » jusqu’à 9-10 ans. Une décision peu compatible avec l’esprit adopté par ces dernières années : elle avait amené Bob Chapek à faire part de sa désapprobation. Le "coup de com", peu diplomatique, a valu au groupe de perdre les privilèges fiscaux et réglementaires dont il jouissait jusqu’alors à Orlando. La mesure devrait être effective à l’été 2023.

Interrogé sur ce sujet, a réagi de manière claire : « Est-ce que j'aime que l'entreprise soit mêlée à une controverse ? Bien sûr que non », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Cela peut être une source de distraction ; cela peut avoir un impact négatif sur la compagnie. Je vais tâcher de calmer les choses dans la mesure du possible. » En termes d’impact négatif, le nouveau PDG sait de quoi il parle : les finances de sont en chute libre. Le groupe a ainsi enregistré une baisse vertigineuse de sa capitalisation boursière, passant de 300 milliards de dollars au début de l’année 2021 à 160 milliards en novembre 2022. De quoi se poser des questions sur le bien-fondé de la stratégie adoptée par Chapek. Christopher Rufo, membre principal de l'Institut Manhattan, impute ce désastre au véhiculé par la firme : « Ce sont des dégâts catastrophiques sur leur réputation – et un avertissement pour les autres entreprises sur ce que coûte de devenir  », explique le chercheur.


Parallèlement, la cote de popularité de la chaîne principale s’est, elle aussi, effondrée, passant de 77 à 33 % d’opinions favorables en un an, selon un sondage commandé par NBC News en mai 2022. À croire que le wokisme ne rapporte à aucun point de vue.

Devant cette débâcle, décide d’adopter une stratégie plutôt novatrice : « calmer » les guerres culturelles, « respecter » le public, ne pas avoir de « dédain » pour les téléspectateurs. En somme, le nouveau PDG préconise un retour aux sources, tentative ultime pour retrouver un public qui a déserté, sans doute lassé par les doses de moraline injectées dans des dessins animés à qui l’on demandait seulement autrefois de faire rêver les enfants.

La cancel culture a fait ses preuves, elles sont loin d’être concluantes. Gageons que la marque récupérera ses lettres de noblesse en retrouvant l’esprit qui l’avait fait connaître mondialement, il y a 100 ans de cela.

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5 décembre 2022

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