Quand une organisation internationale milite pour la , le respect des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, on ne peut, a priori, qu’être d’accord. Encore faut-il qu’elle fasse preuve d’impartialité, qu’elle étudie exhaustivement les situations et ne se donne pas trop facilement bonne conscience en occultant une partie de la réalité.

Le directeur général de l’ONG Human Rights Watch vient de reprocher à la France d’« assimiler l’ en général à la menace terroriste ». En cause, la proposition de loi sur la « sécurité globale » et le projet de loi sur le séparatisme. « La France », souligne-t-il, « doit trouver un moyen de respecter le droit des gens à croire et à manifester leur croyance, tant qu’il n’y a pas de violence. Si le gouvernement diabolise un croyant quelconque et assimile la croyance à la violence, cela va éloigner les gens de l’État et pousser la religion vers la clandestinité, ce qui est finalement très dangereux. » L’argument semble imparable, à cela près qu’il ne tient compte ni des véritables intentions du gouvernement ni de la nature particulière de l’.

Nos dirigeants, en effet, ne visent pas exclusivement l’islam, recourant à toutes sortes de circonvolutions pour faire croire que toutes les confessions sont concernées. Le changement même du titre de la loi, devenu « projet de loi confortant le respect des principes de la  », illustre les précautions prises pour épargner la religion musulmane. Certains ministres ont beau faire des déclarations tonitruantes pour tenter de séduire l’électorat de droite, Marlène Schiappa ne fait qu’exprimer le point de vue du gouvernement, avec la maladresse d’une débutante, quand elle affirme, sur France 3, que des familles « évangélistes » sollicitent des certificats de virginité.

, plus roué, explique, sur France Inter, que « l’idée, c’est de ne pas être trop restrictifs, même si ce texte vise essentiellement bien sûr l’ radical », après avoir précisé que « quand on évoque le séparatisme, il n’y a pas que l’islam radical, il y a d’autres choses ». Quant à Emmanuel Macron, il ne veut pas « tomber dans le piège de l’amalgame » et souhaite s’attaquer à « l’ radical », comme s’il ne découlait pas de l’islam. Il aurait pu signer des deux mains la déclaration du directeur général de Human Rights Watch qui lui fait, en l’occurrence, un mauvais procès.

On ne peut, sans quelque malhonnêteté intellectuelle, une naïveté coupable ou une ignorance crasse, nier que l’islam, dans sa nature, est un système politico-religieux. Beaucoup de pays du Moyen-Orient, avec lesquels les dirigeants de la France, de l’Union européenne et des États-Unis entretiennent de bonnes relations, en sont la preuve vivante. Il est vrai que, quand on a des inclinations pour le monde de la finance, où la valeur suprême est le profit, on ne s’embarrasse guère de scrupules et l’on trouve facilement des accommodements avec des États qui appliquent la charia et aspirent à l’étendre – quand ils ne subventionnent pas des groupes terroristes.

Il ne s’agit pas d’accuser ces ONG de soutenir délibérément l’islamisme. Certains de leurs militants sont sincères et croient défendre partout les droits de l’homme. Mais force est de constater qu’elles ne voient que ce qu’elles veulent bien voir et qu’il leur arrive de pratiquer une sélection dans leurs réprobations. Trop souvent soumises au politiquement correct qui émousse leur lucidité, elles se transforment en alliés objectifs ou en idiots utiles de l’islamisme.

13 janvier 2021

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