Editoriaux - Justice - Réflexions - 9 janvier 2020

Des hôpitaux psychiatriques aux Kerguelen ?

Alors qu’on a commémoré, hier, les cinq ans de l‘attaque terroriste islamiste perpétrée contre le journal satirique Charlie Hebdo, que les agressions meurtrières au couteau se multiplient, des voix s’élèvent comme celle de Nicole Belloubet pour dire que les auteurs sont des déséquilibrés, irresponsables pénalement. Alors, œuvre de déséquilibrés ou d’islamistes radicaux ? J’aurais tendance à dire: « Les deux, mon colonel ! » Pourquoi ?

Entre nous, ne pensez-vous pas que de vouloir tuer des anonymes en criant « Dieu est grand » ne relève pas plus de la psychiatrie que d’une quelconque action rationnelle ? Donc, de là à considérer tous les islamistes radicaux passant à l’acte comme des dérangés… Mais je ne suis ni théologien ni psychiatre.

Mais dans les deux cas, que faire d’eux ?

S’ils sont considérés comme responsables, une fois jugés, la dangerosité de leur acte devrait nous inciter à revoir la loi française pour ne pas les garder sur notre territoire pour purger leurs peines. Charles Pasqua, en 2015, avait émis l’idée de recréer les travaux forcés, loin de la métropole, Trois ans plus tard, Nicolas Dupont-Aignan reprenait l’idée avec la proposition d’un « bagne démocratique » aux . Le bagne étant une mesure inscrite dans le Code pénal de 1791 mais abolie par l’ordonnance du 4 juin 1960, une modification de notre législation s’impose.

S’ils sont reconnus comme irresponsables, à l’heure actuelle, ils ne peuvent être jugés. Comme l’a déclaré Nicole Belloubet : « Nous sommes dans un État de droit et dans cet État de droit, on ne juge pas les personnes qui sont irresponsables pénalement. » Donc, à moins de revoir notre législation, on restera sur les ordonnances de non-lieu pour irresponsabilité pénale et les hospitalisations d’office.

Irresponsabilité ou pas, on se rend compte que les lois françaises doivent évoluer. Encore faut-il une volonté politique dans ce sens qui n’est pas malheureusement pas à l’ordre du jour.

En attendant, j’aurais une suggestion : et si l’on créait des hôpitaux psychiatriques aux Kerguelen ?

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