Ce lundi 6 novembre, deux militants écolos ont attaqué La Vénus au miroir, peinte par Velasquez vers 1650. Ils ont brisé la vitre protectrice à coups de marteau puis ont harangué les visiteurs de la National Gallery (Londres) : « Les femmes n’ont pas obtenu le droit de vote en votant ; l'heure est aux actes et non aux paroles. Il est temps d'en finir avec le pétrole. »

L’œuvre n’était pas choisie au hasard? puisqu’elle avait été attaquée au hachoir en mars 1914 par une suffragette, Mary Richardson. Une source d’inspiration pour Just Stop Oil, l’organisation à laquelle appartiennent nos deux jeunes iconoclastes et qui revendique aussi comme modèles les Freedom Riders et Martin Luther King. Prônant la désobéissance civile, Just Stop Oil réclame l’arrêt total de l’exploitation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

Une douzaine de tableaux victimes d’iconoclasme écologiste

Voilà une action qui nous ramène à 2022, et particulièrement à l’automne dernier. Les militants écolos n’avaient eu de cesse de s'en prendre à des peintures en les aspergeant de soupe, de purée, de sauce tomate, d’encre, de liquides inconnus et en s’y collant la tête ou la main. Les activistes appartenaient à Just Stop Oil, Extinction Rebellion, Dernière Génération… Récapitulons les victimes :

La Joconde au Louvre (29 mai 2022) ;

Le Printemps de Botticelli aux Offices (Florence, 22 juillet 2022) ;

• un Picasso à Melbourne (9 octobre 2022) ;

Les Tournesols de Van Gogh à la National Gallery (14 octobre 2022) ;

• un Monet à Potsdam au musée Barberini (23 octobre 2022) ;

La Jeune Fille à la perle de Vermeer, au musée Mauritshuis de La Haye (27 octobre 2022 ; le même jour au musée d'Orsay, un Van Gogh et un Gauguin visés par une militante sont sauvés de justesse grâce à l’intervention musclée d’un gardien) ;

Le Semeur de Van Gogh au palais Bonaparte à Rome (4 novembre 2022) ;

deux Goya au Prado (Madrid, 5 novembre 2022) ;

• un Klimt au musée Leopold de Vienne (15 novembre 2022).

L'angoisse de la jeunesse ? Elle a bon dos !

Le palmarès est impressionnant. Ce qui l’est encore plus, c’est la modération des réactions. Elles sont indulgentes. Compréhensives. Elles dédramatisent. Mieux : elles justifient les actions. Quand un Van Gogh est attaqué, Télérama se pâme d’admiration : un « spectaculaire coup d’éclat » que « ce happening qui s’inscrit dans une tradition ancienne : celle des actions directes non violentes ». Une chercheuse du CNRS, Marta Torre-Schaub, est interrogée par 20 Minutes : « La jeunesse est angoissée. D’une certaine manière, c’est presque un appel au secours. » La vidéo de l'action, relayée sur Twitter, ne nous montre pas deux jeunes angoissés mais deux sectateurs de l'extrême gauche prêts à beaucoup de violence pour faire avancer la cause.

Le grand argument en faveur des écolos est que les œuvres ne sont pas abîmées. Cela, c’est la version officielle. Le visiteur lambda n’a pas le droit de photographier les peintures avec un flash, si un enfant s’approche trop près du tableau pour y poser le doigt, le gardien intervient immédiatement - mais l'œuvre sort indemne après avoir été couverte de soupe, de peinture, de purée, de glu ? Croira-t-on, pour ce qui concerne La Vénus au miroir, qu’éclater le verre au marteau brise-vitre s’est fait sans dommages pour la couche picturale et la toile ?

Et quand bien même les tableaux seraient indemnes, attaquer des œuvres d'art, quel que soit le prétexte, relève d'une mentalité fanatique qui n'est pas la nôtre. Nous sommes avec les iconodules contre les iconoclastes, que ces derniers soient byzantins, musulmans, wokistes ou écologistes.

L'indulgence serait-elle applicable à l'extrême droite?

L’indulgence médiatique et politique se double d’indulgence judiciaire. Les militants qui s’en sont pris à La Jeune Fille à la perle ont été condamnés à deux mois de prison, dont un  ferme : la juge a expliqué ne pas vouloir « décourager » d’autres personnes de manifester. D'autres militants écologistes, bien sûr. Car imaginez que des jeunes, angoissés, inquiets eux aussi mais à cause de l'invasion migratoire ou de l'islamisation, s'en prennent à leur tour à des tableaux. Le « monde de la culture » serait vent debout. Darmanin sortirait la machine à dissoudre et Dupond-Moretti la machine à condamner. On nous dirait que ces actions sont dangereuses pour la conservation des œuvres, qu’il y a une incompatibilité totale entre « l’extrême droite » et la culture, que « l’extrême droite » a un problème congénital avec l’art…

À ce titre, L'Humanité est exemplaire. À propos des actions écologistes contre des tableaux, elle écrivait : « Par leurs actes de régression, les activistes veulent remettre les compteurs à zéro et rappeler que nous sommes des êtres vivants comme les autres. » Et en juin dernier, elle alertait ses lecteurs sur la « vraie » menace : « Fragilisé par une politique agressive de la droite et de l’extrême droite au plan local, le monde de la culture est dans la tourmente. »

Cette nouvelle attaque de tableau à la National Gallery est-elle le signal d'une deuxième vague d'aspersion de potage, de projection de colorants et de collages à la glu sur les chefs-d'œuvre de la peinture européenne ? Car, notez-le, pour le moment, les activistes ne s'en sont pris ni aux arts premiers ni aux arts de l'islam. Le hasard, sans doute.

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07 novembre 2023 à 16:22

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27 commentaires

  1. Je crois que c’est du domaine de l’asile psychiatrique plus que de la politique ou de l’écologie

  2. Ces écolos comme beaucoup d’autres ont un faciès à l’expression très intelligente. Surtout destructeurs, déconstructeurs, nos écolos français par exemple, leur viendrait-il à l’idée de retenir une partie de ces millions de mètres cube d’eau qui passent sous leur nez afin de les utiliser pour arroser les récoltes en été ? Non, ils préfèrent détruire les bassines, c’est plus intelligent. A quoi servent les écolos ? A rien. La nature et le travail de l’homme ont toujours su s’adapter naturellement . Au temps où d’immenses forêts occupaient le continent africain qu’auraient fait nos écolos distingués pour éviter les déserts ? Rien, ils auraient fait des gâteaux de sable. Des inutiles, des parasites ces écolos. Pour en venir à ce sondage, les français de ces années 2020 seraient réfractaires au travail. Ce qui est révélateur de l’affaissement de la connaissance, de l’instruction, du simple salarié, dont fonctionnaires, aux plus hauts cadres. Si on commençait par dire au salarié, avec arguments démonstratifs, que ce sont les salariés eux-mêmes qui créent leur intérêt au travail, ils seraient peut-être plus réactifs et conscients de la faiblesse de leur niveau.

  3. « Indulgence » en France, et dans ses médias « de-gauche ».
    Aucune Indulgence en Grande-Bretagne, ce genre de manifestation y est très réprimée.
    Ce ne sont pas seulement ces hurluberlus qui ont affaire avec la justice, qui ici a la main lourde, ce sont les responsables de la National Gallery qui ont des comptes à rendre, en effet, comment peut-on entrer armé dans le musée ?
    L’écologie n’est qu’une secte destructrice.

  4. Nos jeunes ont bien motif à être angoissés . Qui ne le serait constatant que les œuvres du passé rendent ridicules celles du présent ? Un bémol : les Australiens ont meilleur goût que les autres malfaiteurs.

  5. Ce ne sont pas des écologistes mais des idéologues fanatiques dangereux et délinquants.

  6. Ils aiment les outils ? Ça tombe bien, on embauche dans le bâtiment ! 8 heures sur un chantier à manier le marteau-piqueur devraient suffire à calmer leurs ardeurs. Et pour une fois ils serviront à quelque chose.

  7. Baptiser ces destructeurs d’écologistes est à mon sens une erreur. Ce qu’ils font n’a rien à voir avec l’écologie.

  8. S’en prendre à des œuvres qui sont incapable de produire voir même de reproduire et surtout de comprendre c’est un manque cruel de culture dont les principaux responsables sont les politiciens de n’avoir pas su ou voulus leur inculquer en milieu scolaire çà donne de la dégradation de ce qui fait une civilisation dans sa beauté transmis de générations en générations successives. A mettre en camps de rééducations.

  9. Deux faces de petits bourges qui veulent exister, et qui en définitive ne font preuve que de leur imbécillité et de leur méconnaissance de la vraie vie.

  10. Peut-être sont ils achetés par les industriels concepteurs de voitures électriques car elles ne rencontrent pas un franc succès auprès des foules. En attendant ces fous furieux agissent en toute impunité

  11. Depuis le début de l’humanité, je pense pas qu’un siècle ait engendré autant de tarés que celui-ci. A les regarder, on s’aperçoit vite que le niveau intellectuel est plus que fragile.

  12. Les deux « déconstruits » qui sont devant le tableau doivent être « stérilisés » et envoyés « nus comme un ver » dans une forêt primaire …

  13. Là ils sont facilement identifiables , donc on leur colle les mains sur leur véhicule polluant et on les laisse mijoter un bon moment , après quoi , case prison et dédommagement très lourd . Et comme vous le soulignez ils n’attaquent pas certaines oeuvres , parce que là la répression ne se ferait pas attendre et les sanctions moins douces . Ces jeunes ont des soutiens très haut placés sinon il n’agiraient pas ainsi à visages découverts , donc même sanctions pour leurs complices . Et effectivement s’en prendre à des mosquées parce qu’elles dénaturent notre environnement , parce que l’islam tue sur notre sol serait probablement très sévèrement puni , comme quoi nous avons bien une justice à deux vitesses , mais ça nous l’avons déjà constaté maintes fois .

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