Des anciens élèves de Polytechnique jouent aux Mélenchon de campus
Il n’est pas certain que l’incident qui s’est déroulé le 12 juin dernier, à l’École polytechnique, à l’issue de la cérémonie de remise des diplômes de fin de scolarité, s’inscrivait dans l’esprit de la devise que Napoléon Ier donna en 1804, en même temps qu’il la militarisait, à cette institution fondée dix ans plus tôt sous la Convention : « Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire ». De quoi s’agit-il, pour reprendre la question favorite d’un prestigieux X, le maréchal Foch ?
« L’emprise de groupes industriels sur l’école »
Vendredi 12 juin, un groupe d’étudiants de Polytechnique, l'une de nos grandes écoles militaires, a profité de cette cérémonie pour dénoncer « l’emprise de groupes industriels sur l’école ». Combien étaient-ils ? L’Humanité parle d’une trentaine d’étudiants ou d’une quarantaine, mais l’école, contactée par BV, affirme qu’ils étaient beaucoup moins, tout au plus une poignée, au regard des effectifs d’une promotion : plus de 400 élèves français et 140 élèves étrangers. Ce qui relativise la portée de l’événement. Précisons qu'il s'agissait, en fait, de la remise de diplômes de la promotion 2021-2025, qui a donc terminé, il y a presque un an, sa formation à Polytechnique. Des jeunes gens qui, en l'occurrence, lorsque l'incident a eu lieu, n'appartenaient plus formellement à l'école, comme nous l'a précisé la responsable de la communication de Polytechnique.
Ces « étudiants », pour reprendre le terme employé par le journal communiste, ont donc monté une « saynète » dans laquelle ils ont mis en scène les grands patrons Bernard Arnault (LVMH) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies), tous deux anciens polytechniciens, leur faisant dire : « Nous sommes pour la science neutre ! Pour des écoles d’ingénieur au service de l’industrie du béton, du pétrole et des pesticides, qui bénéficient à toutes et tous ! » C’était de l’ironie, on précise. Précisons, encore, que les « acteurs » portaient des masques représentant les deux grands patrons. Le message ? Parce qu’il y a évidemment un message : l’un des polytechniciens l’a dévoilé à L’Humanité : « La science n’est pas neutre et, à travers notre école, elle profite aujourd’hui aux grands groupes industriels qui contribuent aux ravages sociaux et économiques que nous connaissons. »
On imagine que ces étudiants, par esprit militant, après quatre ans de formation à Polytechnique (trois ans sur le campus de Palaiseau et un an d’application dans une école d’ingénieurs comme, par exemple, l’École des mines) payés par le contribuable, soit dit en passant, n’iront pas chercher du boulot chez Arnault ou Pouyanné, ni même dans la haute administration, et préfèreront plutôt la création d’une petite entreprise écoresponsable et solidaire à l’autre bout du monde pour un salaire équivalent à la moitié de notre SMIC. On imagine.
Mélenchon, sors de ces corps !
Car tout y est passé, dans cette manifestation déguisée en monôme estudiantin : « destruction du vivant », « logique de guerre », « lutte pour une autre société »... Mélenchon, sors de ces corps ! Et puis, très fort : « Nous lutterons de toutes nos forces contre ceux qui veulent nous envoyer au front. » Comme on n’oblige aucun polytechnicien à poursuivre une carrière dans l’armée (ils sont une quarantaine, sur une promo, à le faire), on imagine que ce « front » est celui de la guerre capitaliste qui dévaste ce vaste monde. En tout cas, ces jeunes gens ne manquent pas d’air. Pendant les trois premières années de formation à Polytechnique, ils ont bénéficié du statut militaire avec la solde qui va avec, le logement sur le campus, la carte SNCF avec 75 % de réduction et - cerise sur le gâteau - la possibilité de faire valider ces trois années pour leur retraite. C’est mesquin, vous me direz, d’évoquer ces choses-là, mais cela mérite d’être tout de même précisé. Cracher dans la soupe, une fois qu’on a bien profité de la cantine et qu’on ne craint plus de se faire enguirlander par le dirlo (rappelons, encore une fois, que ces manifestants n’appartiennent plus à l’École), ne manque pas de sel.
« Vous ne représentez que vous-mêmes »
Le dirlo, justement, ou plutôt la directrice générale de Polytechnique, l’ingénieur général de l’armement Laura Chaubard, a réagi à chaud : « Vous vous attaquez à la science elle-même et à sa capacité de progrès et d’émancipation […] Je ne crois pas qu’on vous ait appris ici à faire la guerre… Vous ne représentez que vous-mêmes. » C’est envoyé ! Par la suite, sur le réseau LinkedIn, l’École a enfoncé le clou : « L’École polytechnique condamne fermement les agissements qui ont perturbé ce moment solennel. Chacun est libre d’exprimer ses convictions dans le respect du débat d’idées qui fait la richesse de notre communauté. En revanche, détourner une cérémonie consacrée à l’accomplissement d’une promotion entière au profit d’une action militante est contraire à l’esprit de respect et de responsabilité qui fonde notre institution. »
Certes, ces jeunes gens ne représentaient qu’eux-mêmes, comme l’a affirmé la patronne de l’X, mais il faudra s’interroger sur les ravages que peut faire l’extrême gauche chez une partie de la jeunesse, notamment celle dite « éduquée » et plutôt issue de milieux sociaux privilégiés, pour ne pas dire bourgeois.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































82 commentaires
Il ne leur reste que Niel, Pigasse ou la fonction publique. S’ls ont un peu de conscience, ils n’iront pas dans les grand groupe privé, et pourtant, avec les deux trublions cités ci-dessus, ce sont les seuls capables de payer leur pantoufle. Ou alors, ce sont des fils de bourgeois fortunés qui pourraient payer cette somme, bref des nantis qui crachent dans très bonne soupe qu’on leur a offert.
L’École polytechnique (X) devrait obliger ces hurluberlus d’extrême gauche à rendre leur diplôme d’ingénieur, et voir leur patronymes effacés à jamais !
La logique ( si la logique fait partie des qualités de l’enseignement de Polytechnique) de cette affaire aurait été que l’école retire leur diplôme à ceux qui cherchaient à cracher sur leur école et le passeport magique que ce diplôme leur offre pour la vie ! Mais en France actuellement tout devient permis même les insultes, les crachats, les renegats ! Scandaleux !
« Certes, ces jeunes gens ne représentaient qu’eux-mêmes, comme l’a affirmé la patronne de l’X, mais il faudra s’interroger sur les ravages que peut faire l’extrême gauche chez une partie de la jeunesse, notamment celle dite « éduquée » et plutôt issue de milieux sociaux privilégiés, pour ne pas dire bourgeois ».
Sans doute,
et ce constat que vous évoquez doit être dénoncée.
Mais, mon colonel, avez-vous pensé aux discours de ces gradés qui, gravitant autour du président de la République , avaient demandé il y a quelques mois que « les fils et les filles de France » s’enrôlent au plus vite pour défendre la patrie au motif que notre « amie » l’Ukraine était menacée par la « grande méchante » Russie ?
Il est décidément trop facile de se « décharger » sur l’extrême gauche de cette manière.
Dénoncer LFI toujours et partout, d’accord, mais dénoncer la servilité et l’irresponsabilité aussi.
Ce ridicule petit pourcentage de contestataires folkloriques en culottes courtes est mur pour rejoindre les rangs de LFI et des écolos. Gageons que ces biberonnés n’auront même pas l’élégance de rembourser leurs études payées par le contribuable.
Lorsque j’étais en activité, j’ai eu l’honneur d’avoir des stagiaires de polytechnique (stage long) ! Brillantissime !
Ces « troubles fêtes » devraient se voir retirer leur statut de polytechnicien, et il seraient temps d’interdire toute cette « idéologie écolo » et interdire EELV et ses succursalles !
Bienvenue au wokistan.
Trois trublions sur 300. Idem à HEC. Quel gâchis.
Ils disent connaitre les ravages sociaux et économiques…moi, j’en doute.
Dans chaque promo de l’X il a quelques agitateurs de la même veine qui manifestent leur haine de notre société par leur appartenance aux clubs internes. Des évictions pendant la scolarité permettraient d’assainir l’école car, ne l’oublions pas, ils sont militaires.
Alors un peu de fermeté bon sang !
Vous avez raison, mais quand on a eu une première ministre de gauche, nulle, mais polytechnicienne, il reste du boulot !
2027 ! Et si ces « révolutionnaires de pacotille » souhaitaient juste se faire remarquer du camarade Mélenchon. Histoire d’obtenir un poste… juteux ! Universités, écoles de commerce, X le cancer est généralisé.
Ils sont du même tonneau et de la même origine que ceux qui deviennent des Black Block.
Le cancer « sciences-po-antifa » métastase nos grandes institutions. Ça devient grave.
Je pense qu’il faudrait faire un peu plus le tri avant d’incoporer ces jeunes bobos bourgeois dans cette école prestigieuse.
Oui
S ils ne sont pas contents, qu ils remboursent. C est une école prestigieuse qui n a pas besoin de bobos comme eux à jouer les Melanchon de service.
Faut il leur rappeler que polyethnique est une école militaire ? S’ils ne sont pas codants qu’ils aillent voir ailleurs .