Le collectif féministe Némésis ne s’attendait pas à recevoir un tel courrier. Il y a quelques jours, l’association féministe identitaire s’est vue notifier la fermeture prochaine de son compte en banque. « Par une lettre recommandée datée du 4 octobre, mais que nous n’avons reçue que très récemment, la banque nous informe de la clôture de notre compte. Nous avons un mois pour trouver une solution auprès d’un autre établissement bancaire », raconte Alice Cordier, porte-parole du collectif, contactée par BV.

Délit d’opinion

Après plusieurs années sans aucun souci financier – « nous n’avons jamais eu de problème, nous n’avons jamais été dans le rouge », se souvient la jeune femme -, les militantes ont senti le vent tourner brusquement. À l’époque, le collectif change de présidence. Les militantes s’empressent alors de notifier cette nouvelle nomination à leurs conseillers bancaires, comme le veut la règlementation. « À ce moment-là, ils se sont replongés dans nos statuts. Ils ont (re)découvert notre collectif, nos actions militantes et notre ligne. Ils ont alors réalisé qu’ils avaient le diable chez eux… », ironise tristement la porte-parole. Depuis, les relations entre le collectif et la banque se refroidissent. Conseillers injoignables, difficultés pour obtenir une nouvelle carte bancaire, questions pressantes sur les donateurs… « On trouvait tout cela de plus en plus étrange, jusqu’à ce qu’ils nous annoncent finalement la clôture de notre compte », rapporte la militante. Pour Alice Cordier, cette décision est loin d’être motivée par des enjeux financiers. « C’est une question d’opinion, nous assure-t-elle. Ils ne veulent pas héberger d’associations identitaires ou de partis politiques de droite. »

« Il y a, par ailleurs, une volonté de nuire », ajoute Alice Cordier. En effet, l’annonce de la clôture du compte arrive au plus mauvais moment de l’année. « Les mois de novembre et décembre sont les mois pendant lesquels le collectif engrange le plus de dons », explique la porte-parole, qui s’inquiète de ne pas trouver rapidement un autre moyen d’encaissement.

Ce n’est pas la première fois que le collectif Némésis craint pour sa survie financière. Il y a quelques semaines, à la fin du mois d’octobre, l’association a vu son compte PayPal - qui lui permet de recevoir des dons - clôturé « sans aucune raison ». Après un vaste mouvement de protestation sur les réseaux sociaux, les jeunes militantes finissent par obtenir son rétablissement provisoire. « Nous sommes actuellement en pourparlers avec PayPal. Ils nous demandent de leur fournir tout un tas de justificatifs sous peine de fermer définitivement notre compte », résume Alice Cordier.

Le RN privé de banque

Cette situation, d’autres militants de droite la connaissent bien. Le reporter militant Vincent Lapierre, à la tête du Média pour tous, a lui aussi appris la fermeture « arbitraire » de son compte bancaire « en raison d’opinions politiques non partagées par ma banque », explique-t-il sur X (anciennement Twitter). « Ils ne disent pas [leurs motivations], ils ferment le compte et à vous de deviner pourquoi », dénonce-t-il. De la même façon, le fondateur du site identitaire Breizh Info affirme avoir été victime de ces fermetures de compte « arbitraires ». « Quelques semaines après Breizh Info, le Crédit mutuel ferme les comptes de Nemesis », s’indigne-t-il sur X, avant de partager sur son site le courrier adressé par sa banque.

Côté politique, le Rassemblement national a également été confronté à des banques peu adeptes du pluralisme politique. En 2013 et 2014, le parti de Marine Le Pen cherche à emprunter cinq millions d’euros. Les banques françaises contactées par le Front national lui adressent une fin de non-recevoir, obligeant alors le parti à se tourner vers une banque russe. Trois ans plus tard, la Société générale, prétextant une mauvaise santé financière du RN, demande au parti de clôturer rapidement tous ses comptes. Une demande qui ne sera pas adressée à l’UMP, également client dans cette banque, pourtant endettée de près de 55 millions d’euros à cette époque-là. Outre-Manche, Nigel Farage, figure du Brexit, a aussi vu son compte bloqué par une célèbre institution bancaire britannique car ses opinions politiques entreraient « en conflit avec les valeurs défendues par la banque ».

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09 novembre 2023 à 22:05

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68 commentaires

  1. Cette affaire est une honte de plus et de la dictature qui s’impose à bas bruit dans notre pauvre pays…..
    TOUS les clients de se fameux « crédit mutuel » devraient retirer leurs comptes le plus tôt possible, je pense que cela les feraient réfléchir un peu…..

  2. Il y a quelques années on avait dénoncé le fait que des banques ferment le compte de personnes ayant peu d’argent, souvent à découvert. Etait venue l’idée qu’aujourd’hui il est indispensable d’avoir un compte, ne serait-ce que pour percevoir un salaire. Ici on ferme le compte pour des raisons totalement arbitraires. Il y a probablement moyen de condamner la banque. D’ailleurs il serait utile de savoir s’il s’agit d’une banque précise ou de plusieures et lesquelles.

  3. Que tous ceux qui ont un compte au Crédit mutuel mettent en place une démarche de fermeture. Le Crédit mutuel fera marche arrière très vite. Les valeurs, dans ce genre d’institution, s’arrêtent au chiffre d’affaire…

  4. Se plaindre au Conseil d’ Etat peut être ? ( à ce sujet, je m’interroge, je me demande si ces entités_ Cnil, DDD, CC, CE etc _ qui devraient être absolument neutres et indépendantes , n’ont pas viré telles des Agences… _ Le Général disait que seul le peuple ( encore faut-il qu’il soit consulté ) est souverrain.

  5. Je pense que c’est illégal. On n’a pas le droit de refuser un client qui respecte ses engagements.

  6. N’oublions pas que l’obligation, pour chaque citoyen, d’avoir un compte en banque et, pour les entreprises, de ne payer les salaires QUE par chèques ou virement a été prise par Pompidou, lui-même ancien banquier de chez Rotschild avec Giscard rue de Rivoli (ançêtre de Bercy) lui-même inspecteur des finances. C’était le début de la captation de notre argent par l’état (les banques étant totalement asservies à celui-ci).

  7. Credit Mutuel???? je croyais que c’était une banque qui appartenait à ses clients???? on nous aurait menti?? Et j’ai bien les valeurs (comme dans la pub pour des rillettes) Mais un jour quelqu’un va nous expliquer quelles sont ces « valeurs »?

    1. une banque qui appartient à ses clients ça change tout ,, c’est du pipo comme tout le reste , des beaux parleur ..

  8. Rien ne m’étonne de la part des banques. Quand on pense que l’on doive justifier l’emploi d’un retrait important en liquide de SON propre argent sur SON propre compte, on se dit que la démocratie fout le camp par petits bouts et que la dictature n’est plus très loin. Après la politique des juges, la politique du fisc. À ce tarif il reste à « macron premier » d’ouvrir d’urgence des prisons pour enfermer les citoyens qui veulent, seulement, vivre libres. Pays pourri, pays foutu.

  9. Ce qui nous attend tous si l’on ne « file » pas droit. Vive l’emprisonnement par la numérisation. Il serait intéressant de connaitre ces banques « totalitaires », pour les éviter massivement.

  10. Pas étonnant puisque les banques sont touchées aussi par le greenwasching, le wookisme…qu’elles sont la proie des groupuscules de la bienpensance, il n’y a plus de frontières…

  11. Les valeurs des banques ? elles étranglent les petits et se couchent devant les fortunés sans se demander d’où
    vient la fortune

  12. Je vois, qu’il y en a beaucoup qui voudraient savoir quel est le nom de la banque en question, je répondrais: peu importe, elle n’a fait qu’obéir aux ordres de Macron, comme l’aurait fait tout autre banque et comme elles ont fait pour refuser un prêt au RN! Il faut toujours rechercher à qui profite le crime…………….

  13. Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. Dans la « démocratie » française, quand on veut « tuer » quelqu’un ou quelque chose on dit qu’il est d’extrême droite et là, l' »excommunication » est automatique que n’en est-il de même, pour toute les associations et personnes pour le coup qui sont bien d’extrême gauche ? Ah mais c’est bien sur aurait dit le commissaire Bourrel: ces derniers servent les gouvernements en place, pour décrédibiliser les mouvements sociaux, par l’usage de la violence dans les nanifs. CQFD.

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