Déconstruire les stéréotypes, c’est détruire l’Homme…

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Comme le notait récemment Alain de Benoist en nos colonnes, la « France Black-Blanc-Beur » qu’on a voulu nous vendre de force en 1998, football oblige, c’est un peu aujourd’hui qu’elle revient. D’une autre manière et un peu en partie grâce à vous. Une réaction ?

Cela saute aux yeux de l’homme intelligent : la France Black-Blanc-Beur, non seulement change de camp, mais elle ré-ordonne intellectuellement ce camp. Cette France qui, dès les années 1980, était aux mains des socialistes, se libère désormais de l’emprise gauchiste. Cette libération est pour le PS et ses alliés une sanction. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je suis heureuse de constater qu’aujourd’hui – enfin – le masque des pervers tombe. Le pervers, par définition, ne dit pas ce qu’il fait et ne fait pas ce qu’il dit. C’est un adversaire juré du bien commun parce qu’il n’éprouve que mépris pour le peuple et que ce dernier n’est, à ses yeux, qu’un réservoir d’objets jetables utiles à son intention exclusive. Tandis qu’il prétend tout le contraire. Il ment et il œuvre dans l’ombre. Seule la lumière peut le vaincre. Faire la lumière est le seul moyen. C’est le sens de mon dernier engagement dans le mouvement des JRE (Jour de retrait de l’école).

C’est grâce à la lumière qui se fait dans le pays ces temps-ci que la France Black-Blanc-Beur peut renouer avec la France des principes. Cela étant, quels sont les principes de la France des principes ? C’est en s’accordant sur la réponse à cette question que nous pourrons parler d’un retour positif de la France black-blanc-beur.

Vous dialoguez avec des prêtres, des imams, des pasteurs et des rabbins. Jusqu’où le dialogue inter-religieux peut-il aller ? Doit-il finir en syncrétisme mou ou se limiter au seul champ politique, celui de la famille, par exemple, tel qu’en témoigne votre combat ?

Surtout pas de syncrétisme ! Le syncrétisme c’est le chaos. Nous y sommes suffisamment enfoncés. Il s’agit d’en sortir… Le dialogue inter-religieux doit se donner des objectifs rigoureux. L’enfance qu’il faut sauver est l’un de ces objectifs. C’est l’objectif prioritaire. La suite n’aura pas lieu si les enfants périssent. Toute autre mobilisation ou sujet de discussion pour l’instant me parait illusoire.

Avec l’introduction sournoise de l’idéologie du genre dans les programmes scolaires au nom de l’égalité, de l’équité, nous sommes tombés si bas qu’il faut toutes les forces vives du pays pour remonter la pente. Les croyants voient en ce moment, à juste titre, une opportunité exceptionnelle de renverser le Mal. La différenciation sexuelle fonde notre humanité. « Déconstruire les stéréotypes », c’est en vérité détruire l’Homme. Les croyants, à la condition qu’ils s’unissent les uns aux autres, sont les mieux placés pour se battre. Ils ont une intuition intellectuelle opérationnelle. Pour autant, ils doivent passer outre la trahison des clercs. Cette trahison est une constante à l’époque moderne. Saluons au passage les imams et les prêtres intègres que nous voyons sans poser de conditions aux côtés des enfants. Malheureusement, c’est vrai qu’ils sont rares… Les athées quant à eux peuvent également compter parmi ces forces vives. Ils doivent faire la démonstration que le papa et la maman sans Dieu restent indéfectiblement le papa et la maman de l’enfant. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas de discutailler sans fin mais d’agir de concert les uns avec les autres. Et de protéger. Allons-nous trahir nos propres enfants pour mener tambours battants des polémiques qui satisfont l’ego ?

La France, pays peuplé de Français qui ne s’aiment pas… Vous, fille de l’immigration et Française de branche, que pouvez-vous dire ou apporter aux Français de souche ?

J’ai moi-même été athée dans ma jeunesse avant de revenir à la religion avant trente ans. Toute ma vie, j’ai lancé de nombreuses actions laïques, en particulier sur la question de l’illettrisme fabriqué par l’école (actions inconnues au bataillon puisque j’étais censurée par les media mainstream). À chaque fois, j’ai connu la défaite. J’ai préféré finalement, à 52 ans, quitter la France avec mes enfants. Je suis revenue parce qu’une force vive s’est levée dans ce pays. Cette force provenait essentiellement des catholiques de la base. Ce sont surtout les chrétiens qui se sont levés pour sauver la famille et les enfants. La presse officielle les a salis. Je ne suis pas chrétienne mais musulmane. À ce titre, j’ai déploré l’absence des musulmans dans ce combat. Si les musulmans s’étaient mobilisés aux côtés des catholiques, la loi Taubira ne serait jamais passée. Nous portons là une grave responsabilité. Les JRE nous rachètent. Il apparait donc objectivement que les mouvements de défense de la famille et des enfants s’appuient essentiellement sur les catholiques et les musulmans qui sont alors aussitôt diabolisés dans les medias. Tout a toujours été fait pour que chrétiens authentiques et musulmans intègres ne se rencontrent jamais. Vous voyez, on est obligé d’ajouter des adjectifs maintenant… À mon avis, le sort des enfants dépend de cette alliance. Le mouvement des JRE n’a pas pour objectif de détruire les institutions actuelles mais de revenir, grâce à l’engagement primordial des croyants, au ministère de l’Instruction publique qui fut l’œuvre de la république de Jules Ferry… quand même !

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