On a appris, ce samedi soir, le décès de Gérard Collomb, maire de Lyon pendant vingt ans et ancien ministre d'Emmanuel Macron durant son premier quinquennat. Il avait lui-même annoncé être atteint d'un cancer.

Un parcours socialiste

Issu d'un milieu modeste, titulaire de l'agrégation de lettres classiques, il adhère au Parti socialiste et remporte sa première victoire électorale en 1981 : lors de la vague rose, il est élu à 34 ans député de la 2e circonscription du Rhône, puis maire de Lyon en 2001.

Un macroniste de la première heure

Il fait partie des premiers soutiens d'Emmanuel Macron en 2017. Il est récompensé par son entrée au gouvernement : deuxième dans l’ordre protocolaire du gouvernement, il est nommé ministre d’État, ministre de l’Intérieur. Resté en poste seize mois, il porte la loi renforçant la lutte antiterroriste et celle sur l’asile et l’immigration. Une période marquée par l'affaire Benalla. Il démissionne le 1er octobre 2018.

Une déclaration de départ fracassante

Il est aujourd'hui régulièrement cité par ceux qui alertent sur les risques de guerre civile. En effet, le jour de sa démission, en 2018, il déclare sur le perron du ministère de l’Intérieur : « Aujourd’hui, c’est plutôt la loi du plus fort qui s’impose – des narcotrafiquants, des islamistes radicaux –, qui a pris la place de la République […]. Aujourd’hui, on vit côte à côte. Je crains que demain on ne doive vivre face à face. »

Il avait confié au Point, fin 2022, avoir été en désaccord avec Emmanuel Macron sur la politique migratoire : « Si j'avais dit cela à l'époque, j'aurais gravement nui à Emmanuel Macron. Si je m'étais exprimé avant la présidentielle, mon intervention aurait pu inverser le résultat de cette élection, et Marine Le Pen être élue. C'est pourquoi je me suis tu. »

Marion Maréchal, tête de liste Reconquête aux élections européennes, a d'ailleurs fait le lien entre cette déclaration et les événements de Romans-sur-Isère.

3838 vues

26 novembre 2023 à 8:16

Les commentaires sont fermés sur cette publication.