Editoriaux - Réflexions - Société - 6 novembre 2019

De l’immense vertu du coq gaulois…

Je me demande si, finalement, certains dialogues publics ne sont pas en train d’être pourris par cette République et ses sempiternelles valeurs qu’on nous fourgue à longueur de journée télévisuelle, un peu comme certains médicaments qui, à force d’être prescrits, n’ont plus aucun effet sur le malade. La République par-ci, les valeurs républicaines par-là ne nous dispensent pas, loin de là, d’être aujourd’hui dans un cul-de-sac sociétal dont la polémique sur le voile est devenue l’épicentre, en attendant plus grave.

Et si nous essayions plutôt de remplacer la République par la France et les valeurs par la tradition et la culture ? Nous aurions alors le mérite d’enlever préalablement au débat deux difficultés inhérentes à ce dialogue de sourds qui mine les écrans et les colonnes des journaux à longueur de semaine et de mois.

On n’en finira jamais avec les subtilités du port du voile dans certains lieux publics par rapport à ces valeurs républicaines qu’on interprète, selon ses préférences, comme certaines recettes culinaires. Si, encore, on en appelait aux lois plutôt qu’à ces valeurs qui se cachent dans le flou artistique de l’opportunisme. Pour sûr, ces valeurs qui se sont confortées au fil des siècles tirent leur ambiguïté de Liberté, Égalité, Fraternité, dont on sait depuis longtemps qu’elles sont devenues conflictuelles entre elles.

Certes, tous les habitants de cette planète sont frères de race humaine, mais faudrait-il encore savoir si, en septembre 1791, les rédacteurs de la première Constitution française savaient dans quel bourbier allaient se retrouver, 220 ans plus tard, des Français qui ne savent plus qui ils sont parce qu’ils ont été progressivement dilués dans un bouillon de cultures souvent à l’opposé de leur culture ancestrale.

Pourquoi, alors, ne pas remplacer ces valeurs floues et vaporeuses par le coq gaulois qui parut, dès l’Antiquité, sur des monnaies gauloises et qui deviendra, par la suite, le symbole de la Gaule et des Gaulois, et aujourd’hui des Français. C’est probablement, à l’heure actuelle, le seul symbole républicain (parce que la République l’a adoubé en 1791) qui fasse encore l’unanimité chez les Français qui sont ramenés par lui au village pour y retrouver la France ancestrale et ses traditions culturelles. Car au village, on ne brûle pas et on ne casse pas, du moins jusqu’à présent. Nous savons tous que nous vivons en régime républicain pour le meilleur et pour le pire. Essayons seulement d’éviter de mêler ces valeurs à toutes les sauces car nous risquerions d’arriver à une innommable tambouille.

Le coq, lui, a l’immense avantage d’être français avant d’être républicain. Debout dans la merde qui nous caractérise aujourd’hui, il continue de chanter et réserve des ergots bien aiguisés à ceux qui voudraient le faire taire ou le faire chanter différemment.

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