Corse : le RN défend une « autonomie insulaire spécifique »

« Une autonomie insulaire capable de protéger l’identité corse, sa langue, sa culture, ses traditions et son mode de vie. »
Photo YMS
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Le parcours législatif du projet de révision constitutionnelle visant à reconnaître un statut d’autonomie de la Corse au sein de la République est désormais entamé. Ce mardi 2 juin, en commission des lois, les députés ont adopté la version présentée par le gouvernement et soutenue par le ministre de la Décentralisation, Françoise Gatel. Sur 32 votants, 20 voix se sont exprimées en faveur du texte et six s'y sont opposées.

À droite, les réserves sont grandes. Les Républicains ont voté contre. Par la voix du député de Haute-Corse François-Xavier Ceccoli, ils posent des avertissements. Notamment dans le risque de voir les prérogatives confiées à l’île bénéficier à la mafia. Les associations anti-mafia sont « dubitatives », affirme l'élu, pendant les débats, citant l'une d'elles qui s'exprimait ainsi dans Le Point : « Dans l’état actuel des choses, je crains que l’autonomie ne soit l’apothéose de la mafia. » Bruno Retailleau, président du parti et homme fort de la droite sénatoriale, a confié son opposition au projet voulu par Emmanuel Macron, jugeant que cette idée d’autonomie fissure « les piliers de la République », et en particularité son « indivisibilité ».

« Protéger l’âme corse »

Au Rassemblement national, on plaide pour une « autonomie insulaire spécifique », qui « reconnaisse les spécificités de la Corse sans opposer les Corses aux autres Français ». Le groupe de Marine Le Pen s’est abstenu lors du vote, tout comme La France insoumise. C’est le député du Var Stéphane Rambaud qui a développé, lors de l'examen en commission, la vision de son parti. « Avec Marine Le Pen, nous défendons une autonomie insulaire et républicaine, tournée vers la protection concrète et efficace des Corses. » Le parti à la flamme veut construire « un cadre institutionnel solide, pleinement inscrit dans la République et capable de répondre aux défis réels auxquels la Corse est confrontée ». Contacté par BV, Stéphane Rambaud évoque l'abstention de son groupe et explique s’être opposé aux amendements défendus par la gauche et l’extrême gauche. « Nous sommes pour une autonomie insulaire qui défend les spécificités de l’île : son identité, sa langue, ses traditions. » Le parlementaire varois souligne que le RN s’oppose catégoriquement à tout ce qui peut se rapprocher d’une quelconque « indépendance ». « L’autonomie insulaire que nous défendons » est « une volonté d’ancrer plus encore la Corse dans la République ». L'État doit conserver l'entièreté de ses compétences régaliennes, souligne le parti de Jordan Bardella. En vue de « protéger l’âme corse » et « l’identité » de ce territoire atypique de part sa géographie et son « histoire ». « Nous refusons une autonomie qui éloignerait la Corse de la nation française, qui servirait de marchepied vers l’indépendance ou qui deviendrait un moyen d’affaiblir la République », a développé, en commission, Stéphane Rambaud.

Le RN doit présenter un contre-projet

Le Rassemblement national prévoit de présenter un contre-projet à l’occasion des débats en séance publique qui auront lieu dans l’Hémicycle le 16 juin. La formation nationaliste pourra développer sa vision pour l’île de Beauté.

Parmi les points d’achoppement, la mention d’une « communauté » corse ayant « développé un lien singulier avec sa terre » crispe l’attention. Le pouvoir serait ainsi en capacité d’édicter certaines normes en sus de pouvoirs d’adaptation. L’article premier du présent projet s’intitule ainsi : « La Corse est dotée d’un statut d’autonomie au sein de la République, qui tient compte de ses intérêts propres, liés à son insularité méditerranéenne et à sa communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre. » Face aux craintes, le camp présidentiel tempère. « La représentation nationale fixera le cadre, donc par définition, tout ne pourra pas être fait », affirme le député macroniste Florent Boudié, rapporteur du texte.

Un grand scepticisme est de mise. « Nous avons la conviction que cette solution est néfaste et qu’il y a beaucoup mieux à faire, expliquait, dans Boulevard Voltaire le général de corps d'armée (2S) Michel Franceschi. L’autonomie, archétype de la fausse bonne idée. […] Force est d’admettre que jusqu’ici, elles n’ont jamais été à la hauteur des besoins, contribuant à attiser les rancœurs contre l’État, faute politique à ne plus commettre. » Le parcours législatif est encore long. Le texte devrait arriver au Sénat à l'automne.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

42 commentaires

  1. le problème est récurant mais un jour ou l’autre ,il faudra bien finir par y passer …..les corses n’abandonneront jamais et nous la seule chose qu’on a réussi a leur imposer ,ce sont des rastacouères venus d’ailleurs !

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