Corbière et Garrido sans candidature NFP : purge ou Grand remplacement ?

Capture d'écran X
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Le désaccord avec le petit père des peuples insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Telle est la principale raison évoquée pour l’éviction de plusieurs ténors de La France insoumise. En réalité, ce n'est pas la seule cause.

À l’automne dernier, la censure des opinions divergentes s’était déjà abattue sur LFI. Raquel Garrido avait été écartée du groupe des orateurs du parti pour avoir osé remettre en question le fonctionnement interne de cette forme de politburo soviétique. La députée avait adressé de vives critiques à l’endroit du grand timonier, lui reprochant de n’avoir « fait que nuire depuis dix mois ». Au lendemain de la présentation du programme commun du Nouveau Front populaire, Raquel Garrido est une fois encore « victime du verdict de la Cour pénale insoumise », pour reprendre ses propres termes, à l’instar d’autres figures historiques : son compagnon et ancien député de la Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, Danielle Simonnet, ancienne députée de Paris, Hendrik Davi, ancien député des Bouches-du-Rhône proche de Clémentine Autain, ou encore de Frédéric Mathieu, ancien député d'Ille-et-Vilaine. Tous ont critiqué la ligne radicale et sectaire choisie par le lieutenant de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, ex-président du groupe à l’Assemblée. Bilan, pour ces Insoumis insoumis : dehors.

Calcul électoral

Mais leur non-investiture, assimilée à une « purge » par les intéressés, n’est pas seulement le résultat de l’intolérance du parti des insoumis à l’égard de toute contestation interne. L’attention médiatique portée sur la purge pour félonie permet de mieux faire passer à la trappe l’autre raison qui, elle, est bassement clientéliste.

Pour rappel, en 2022, dans un département de Seine-Saint-Denis fortement touché par les vagues migratoires et le communautarisme, où un électeur sur deux a voté pour Jean Luc Mélenchon au 1er tour de la présidentielle, le choix fait par la NUPES d’investir des candidats aux législatives trop peu souvent issus des « minorités visibles » avait suscité la polémique.

L’humoriste polémiste et voix des banlieues auprès de l’Élysée, Yassine Belattar, s'en était saisi : « Quand j’ai vu les têtes de liste de l’extrême gauche (sic) en Seine-Saint-Denis, j’ai cru qu’on était dans les Vosges ».

Deux ans plus tard, à l’heure de ces législatives anticipées, Raquel Garrido et Alexis Corbière, qui avaient fait d’excellents scores - Corbière a été élu dès le premier tour avec plus de 62 % des voix, un record national -, sont donc « grands-remplacés » par des candidats issus de la diversité... Rachel Garrido laisse sa place à Aly Diouara, militant associatif, président de « La Seine-Saint-Denis au cœur », qui ne manque pas de revendiquer, sur son profil X, son origine africaine. Le candidat officiel Nouveau Front populaire s’inscrit dans la ligne idéologique décoloniale tiers-mondiste qui oppose de façon binaire les peuples colonisés du « Sud global » et l’Occident perçu comme raciste et colonisateur. Sans surprise, il est pro-palestinien.

Alexis Corbière est, lui, remplacé par Sabrina Ali Benali, un médecin urgentiste médiatisé pour avoir dénoncé les conditions de travail des soignants à l’hôpital à travers son livre La Révolte d'une interne (J'ai lu) et ses vidéos sur YouTube. C’est une proche de Mélenchon, membre du Parti de gauche et responsable de la commission santé. Quant aux autres députés LFI sortants écartés, il faut noter le cas de Frédéric Mathieu, remplacé par Marie Mesmeur, militante brestoise LFI, doctorante en sociologie, fondatrice du syndicat Alternative pour l’Université de Bretagne occidentale (UBO) et candidate aux européennes sur la liste de Manon Aubry. Elle aussi est pro-palestinienne.

Raquel Garrido, Alexis Corbière & co ont donc été sacrifiés sur l’autel de la créolisation mélenchoniste. Voilà comment la révolution dévore ses propres enfants.

Vos commentaires

18 commentaires

  1. Ce parti pro immigrationnise, antisémite, qui provoque des scandales au sein de l’hémicycle, sans aucun respect des règles de politesse élémentaire…est LA HONTE DE LA POLITIQUE en France

  2. Ne sachant pas trop où poser la question, je la mets partout…Le 18 Juin ? Cela ne vous rappelle rien ? J’en appelle à un peu de mémoire historique et reconnaissante.

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