Dans notre société où la culture de l’excuse et de la repentance flagellatoire ont gangrené la pensée universitaire au point d’y substituer, depuis les années 1970, l’idéologisme émotionnel à l’argumentation rationnelle, trouvera-t-on encore, après la 267e victime du islamiste depuis 2012 – nous ne parlons ici que des morts ; nombreux sont les blessés restés invalides, brisés –, des chercheurs et des sociologues pour venir atténuer l’inqualifiable au motif de l’exclusion sociale des « jeunes » de banlieue ? Pour nous dire que « contextualiser » permet de combattre la radicalisation et d’y trouver des remèdes ?

L’argument amené de la détresse sociale n’est pas neutre. Il est le d’une réalité que la majorité de nos sociologues en chaire n’ont pas voulu, jusqu’ici, énoncer : celle du fait religieux musulman totalitaire. En se cachant derrière le paravent des justifications, ils sont, quoi qu’ils s’en défendent, sous couvert d’explication empirique, les complices idéologiques des nouveaux assassins de la foi.

Le totalitarisme islamique repose sur le triptyque, historiquement vérifié dans l’Espagne d’Al-Andalus entre le VIIIe et le XVe siècle, charia-oumma-dhimmitude. Ce que nos élites nomment « politique » – retour du religieux islamique dans la sphère politique – pour nous faire encore avaler qu’on pourrait imaginer un « islam des Lumières » parfaitement dégagé du temporel n’est que la mise en œuvre de ce triptyque de soumission appliqué dès l’instauration, en 631, de l’État médinois. Une réaction contre les régimes séculiers et jugés antireligieux ; pour régénérer la société par la charia : « chemin vers une vie meilleure », qui exclut toute déviance des principes religieux, moraux, sociétaux édictés par Mahomet.

La réaction violente de croyants musulmans d’Afrique et d’Orient, chauffés à blanc par les prêches et les pouvoirs, aux annonces d’Emmanuel Macron de ne pas renoncer « aux caricatures » et à la vue d’images vulgaires antireligieuses projetées sur les façades d’immeubles, à , Montpellier (Sud-Ouest) était parfaitement prévisible ; compréhensible du point de vue de leur foi et de leur entendement du monde. Ils y voient une provocation de plus d’un État, jugé démoniaque, qui mépriserait ouvertement les droits de Dieu – exprimés dans les cinq valeurs morales (al-akhām al-khamsa) de la charia sur le prescrit et l’interdit – au bénéfice de « droits de l’homme » prométhéens, méprisant le sacré, dans une gradation du mal allant de l’impudicité à l’, jusqu’au blasphème. Oui, derrière l’islam, il est une morale communautaire ancestrale qui fait sa force et son pouvoir d’attraction auprès des paumés, face au vide spirituel de notre société ! Plus que la prétendue rancœur sociale avancée par les sociologues de l’excuse.

Lorsque notre Président, confiné dans l’émotionnel, semble cautionner, par ses propos, les dessins orduriers de Charlie, il commet une double maladresse : non pas contre les hordes fanatisées de l’étranger qui ne respectent que la main de fer des tyrans, mais contre les musulmans, nationaux ou non, qui vivent ici et se sentent bafoués. Mauvais remède pour les amener au discernement. Si cela est possible ! Contre l’âme à retrouver de la France, ensuite, vieille de 2.000 ans de christianisme, qui ne doit pas être reconstruite de intellectuelle ni de sacralisation du blasphème scatologique. Aveuglement ?

Notre combat civilisationnel ne doit pas se réduire à la défense du droit à la caricature, qui plus est à la caricature pornographique dans laquelle se complaît la bande à Charlie. Ne soyons pas les moutons de cette farce. Laissons aux Charlie leur irresponsabilité et plaignons leur fuite en avant, inexorable. Défendons leur droit d’exister. Mais n’en faisons pas le modèle idéologique du combat à mener.

« La nature d’une , c’est ce qui s’agrège autour d’une religion », a dit Malraux, en 1956. Et il ajoutait : « Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera. » Nous avons deux ennemis : l’islam conquérant et notre néant spirituel orchestré par le matérialisme mondialiste. Pourrons-nous vaincre le premier sans reconquête d’idéal ?

29 octobre 2020

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