Contre le « No Kids », la CNCDH préconise l’enfant roi…
Paru début juillet, « le nouvel avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) tire la sonnette d'alarme sur le phénomène préoccupant des espaces dits "no kids" ou "adults only" ». Si l’intention est louable, puisque comme le dit la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El-Haïry, dans le communiqué de presse, les enfants « ne sont pas des citoyens de seconde zone », l’avis de la CNCDH n’échappe pas à la règle de notre époque : de la dénonciation d’une « inquiétante domination adulte », d’une invisibilisation des enfants et d’une certaine intolérance vis-à-vis des plus jeunes, la CNCDH dérive vers des combats plus orientés. En effet, explique le rapport de la commission, le phénomène « frappe de plein fouet les enfants issus de milieux défavorisés qui dépendent des espaces publics gratuits, les jeunes racisés soumis à la stigmatisation, les filles entravées par des stéréotypes de genre, ainsi que les enfants en situation de handicap pour qui l'accessibilité reste un obstacle majeur ».
Du respect des droits des enfants...
Lundi 6 juillet, la CNCDH aurait pu émettre des avis consultatifs visant à rendre à l’enfant sa juste place dans la société, c’est-à-dire ni l’exclure de certains espaces publics, ni en faire un enfant roi auquel l’adulte doit se plier. En effet, explique le rapport, « c’est notamment une proposition commerciale de la SNCF excluant les enfants de moins de 12 ans qui a conduit la haute-commissaire à l’Enfance à saisir la CNCDH afin de réfléchir à ce phénomène et à ses conséquences en termes de respect des droits ». La saisie de la CNCDH par Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'Enfance, en février dernier, pour mener « une réflexion sur le phénomène dit du "No Kids" et ses conséquences sur la place de l'enfant dans notre société », ne sort pas de nulle part et l’utilité d’un tel rapport n’est pas à démontrer, surtout à l'heure où la France tente de relancer sa natalité. Mais si l'intention est louable, le rapport de la CNCDH multiplie les biais idéologiques au point de lui faire perdre toute crédibilité.
...à la dénonciation de la domination de l’adulte
Ainsi, explique le rapport dans son résumé, parce que « l’invisibilisation » des enfants « traduit une forme de domination adulte, ou "adultisme", qui perçoit trop souvent l'enfant soit comme un être vulnérable à contrôler, soit comme une source de nuisances », sa « présence dans l'espace public doit s'appréhender à travers le principe d'équidignité ». Or, « le droit à la non-discrimination fondée sur l'âge et le "droit à la ville" exigent que l'espace commun ne soit pas pensé exclusivement par et pour les adultes, mais permette la coexistence intergénérationnelle ». Ah, qu'en termes galants ces choses-là sont dites, n'est-ce pas ? Un vocabulaire abscons mais follement dans l'ère du temps pour dire que toutes les générations doivent non seulement se partager la rue, mais qu’il faudrait, en plus, que cette dernière soit revue à hauteur d'enfant. C'est que, selon la CNCDH, si l'enfant a disparu de l'espace public c'est parce que l'« espace urbain [est] pensé avant tout pour l'automobile au détriment des piétons », à cause d'une « angoisse des parents par rapport à la sécurité des enfants, conduisant à une protection parfois excessive et à la création d'"enfants d'intérieur" » et, enfin, à cause d'« une intolérance d'une partie de la population face aux enfants, de plus en plus perçus comme des sources de nuisances ». Alors, dénonçant une « ségrégation générationnelle », la CNCDH préconise de mettre l'enfant au centre de la ville.
L’impossible équilibre entre le No Kids et l’enfant roi
C’est en tout cas ce qu’on peut comprendre des dix-huit recommandations formulées par la CNCDH. Et si la quatrième semble tomber sous le coup du bon sens en appelant à l’interdiction des espaces No Kids, les autres laissent un peu pantois. Il faudrait ainsi, par exemple, « réduire la place et la vitesse de la circulation automobile en ville et zones habitées afin de multiplier et sécuriser les voies piétonnes et favoriser les mobilités douces », « développer et transformer les aires de jeux afin de les intégrer davantage à l’espace public et de les concevoir, en concertation avec les enfants, dans l’objectif de laisser libre cours à leur créativité », mais aussi que les « pouvoirs publics [mettent] en place des campagnes de sensibilisation du grand public aux besoins et aux caractéristiques des enfants afin d’améliorer la tolérance et la cohabitation intergénérationnelle » ou encore « associer directement les enfants à la conception de projets d’aménagements urbains » et « développer des dispositifs favorisant l’autonomie des enfants dans l’espace public, notamment les "rues aux écoles" et, au-delà, les "rues pacifiées" et "rues apaisées", les espaces de jeux libres et les aménagements facilitant les déplacements autonomes ». En bref, il s’agirait de passer d’espace urbain conçus pour les adultes à des villes à hauteur d’enfant. Mais le rapport de la CNCDH ne se cantonne pas à ces préconisations d’aménagement, elle va bien plus loin en « recommand[ant] de mener une réflexion sur le renforcement de la citoyenneté des enfants, et plus précisément sur l’abaissement de l’âge du droit de vote », et en préconisant, notamment, « de mener une réflexion sur la création d’un ministère de plein exercice dédié à l’enfance et à la jeunesse ». Manifestement, donner simplement à l’enfant sa juste place relève de la mission impossible !
Autre mission tout aussi impossible, manifestement : rendre un rapport sans infusion idéologique, puisque « la CNCDH recommande d’inclure au sein des politiques publiques en faveur de l’égalité de genre un volet spécifique sur l’appropriation de l’espace public par les filles dès leur plus jeune âge ». Ce rapport rendra-t-il vraiment service aux enfants ? Une chose est sûre, l’enfer est pavé de bonnes intentions et ce rapport, dans tous ses excès, n’échappe pas à la règle.
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43 commentaires
A qui doit-on ce phénomène »no kids » si ce n’ est à ces féministes de gauche et leurs élucubrations. Dans enfants une civilisation meurt . On se doit de les protéger, de les éduquer mais sans en faire des enfants rois sinon il persisteront dans cette voie à l’âge adulte.
Le no-kids ou l’enfant roi sont délétères tous les 2.
Les enfants doivent être éduqués en premier lieu par leurs parents et ce n’est pas en les isolant….mais cela demande du travail et du temps
Laisser un enfant faire ce qu’il veut, sans l’éduquer, est la pire des violences envers lui. On va en faire un être qui ne se contrôle pas, égoïste, violent, associable, incapable de réussir sa vie. Bref, on lui gâche son avenir d’adulte…
c’est exactement çà et je peux vous dire qu’ils sont déjà nombreux – des enfants de 4 ans qui insultent l’adulte qui les garde sans ciller en les regardant droit dans les yeux … mais que l’on a pas le droit de sanctionné sauf à le mettre dans sa chambre au milieu de ses jouets…. » super punition » !!! Dans mon enfance aucun enfant de 4 ans insultait un adulte et d’ailleurs n’en avait pas l’idée…. les punitions étaient réelles, 30 minutes debout au coin, normalement çà calme ! si ce n’est pas le cas faire ranger sa chambre ( ramassage de jouets par catégorie dans les caisses – et enfin si çà ne suffit toujours pas privation du dessert si l’enfant est gourmand pour 1 semaine, s’il s’en fou privation d’un truc qu’il aime particulièrement et interdiction d’aller aux fêtes d’anniversaires des copains pendant 1 mois ! bref les solutions éducative non violentes existent, mais je constate qu’elles ne sont que rarement mises en place ou si elles le sont, ne sont pas respecté par manque de contrôle !!! Les parents sont à 1000% responsables du comportement de leurs rejetons !
Vous avez tout dit en quelques mots !!Cela s’appelle le bon sens ,mais comme il a disparu des nouvelles générations , tout s’explique !!
Au lieu de perdre des milliers d’heures à palabrer sur ce sujet, remettons la France en ordre. Après on pourra un peu discutailler. Et éduquons nos enfants dès le plus jeune âge. L’enfant a besoin d’amour, de repaires et de limites avant de pouvoir se construire.
besoin de repaires et aussi de repères…
Allez , hop sous la couette !
Et allez donc, la fabrique d’aliénés tourne à plein régime.
Ils veulent en faire des citoyens de premiere zone ? QU’ils commencent à leur donner des cours sur les institutions et les lois qui régulent les rapports humains dés l’âge de 13 ans , czr je rappelle que la majorité pénale commencecà 13 ans . Nous pourrons ainsi faire subir des peines de prison à ces charmants bambins qui commencent des carrieres de tueurs à gages à cet âge là .
La faillite de notre système éducatif républicain est incarnée par le comportement de tous ces petits Hamza … Mais comme il est cynique de se préoccuper du sort des enfants dans un pays où l’administration sociale les enlève à leurs parents pour en faire des prostitués….!
Ce rapport est en effet pavé de bonne intentions. Comme tous les rapports de ce genre. Il devrait faire concensus: tout le monde veut des rues apaisées et pacifiées dans les quelles descendent les petites filles pour rejoindre des aires de jeux dont les adultes ne seront bien sûr pas exclus.
Cela ne signifie pas forcément qu’on préconise « l’enfant roi ». On peut tout à fait continuer à développer le culte de l’enfant roi sans que les pouvoirs publics s’en occupe.
Plutôt que »enfant-roi » : »enfant dictateur » …. ? (un grand-père de 10 petits enfants )
vous avez raison, une mamie de 7 petits enfants !
Je suis pour avoir beaucoup d’enfants et les élever avec rigueur et discipline. C’est comme dans un sport collectif : il y a des règles et les hors jeux sont sanctionnés. Un enfant a besoin d’un cadre dans lequel il peut évoluer. C’est juste lui inculquer le savoir vivre et le respect. Tout le reste de sa vie va en découler.
ENFANT ROI
« les enfants « ne sont pas des citoyens de seconde zone ».M’expliquer en quoi il en serait un avant sa maturité ce qui ne signifie pas qu’il ne puisse avoir des droits.
A l’encontre des funestes notions de Françoise Dilto, il s’agirait de rappeler le principe de base de l’éducation d’un enfant : lui fixer des limites, – gentiment et avec délicatesse s’entend, bien sûr. Principe jamais mentionné lors des divers débats ou journaux d’infos sur les divers plateaux TV. Sinon, vient le sauvageon, résulte la « barbarie »
Best-sellers en leur temps, de Fitzhugh Dodson, sur le sujet de l’éducation : « Tout se joue avant 6 ans – Comment devenir parent et donner les bonnes clés à son enfant » et « Aimer sans tout permettre ». L’existence de la famille « originelle » est conseillée, non celle utopique de Platon qui mène à des excès, -.: le célèbre raccourci « Supprimer la famille ! »
« Une utopie platonicienne : la communauté des femmes et des enfants. Nathalie Ernoult. »
H Baruk, dans « La psychiatrie sociale » – Copyright 1955- 3ème édition 1963 Que sais-je – PUF mentionne le livre du Pr Schuhl « Platon » (Hachette-1954) : p 79 note (1) :
« On verra que dans son œuvre sociale de la fin de sa vie Platon est un véritable précurseur des systèmes totalitaires et dictatoriaux les plus excessifs, l’Etat contrôlant jusqu’à la vie conjugale, réglant l’emploi du temps des citoyens et imposant les pires contraintes et les lois les plus inquisitoriales ».
Vous « expliquer »? La réponse est dans votre question (relisez la …) : « des citoyens de seconde zone ». M’expliquer en quoi il en serait un avant sa maturité ce qui ne signifie pas qu’il ne puisse avoir des droits » : on est « citoyen » à sa majorité, à 18 ans ; avant sa majorité civile les droits de l’enfant (et sa protection) sont exercés par les parents ou les tuteurs sous la surveillance de l’État
@ Theorie de la Nation.
Ma question n’est pas au premier degré: j’eusse du mettre un point d’exclamation pour le faire comprendre ou formuler différemment.
Mon sujet est celui de la citoyenneté pas celui des droits de l’enfant: citoyen de seconde zone impliquerait, selon ma compréhension, qu’il y a deux types de citoyen. Ce qui engendrerait nombre de conséquences juridiques et pratiques : responsabilité pénale, entre autres.
De plus le mot citoyen ne me semble pas adapté, vus signification et contenu historiques de ce mot. Les parents « citoyens » sont-ils de vrais citoyens.
Sinon, à grands traits vous avez raison. Mais la situation, le devenir de l’enfant, qualifié ou non de citoyen, ne sont en rien résolus. Tout se résume à l’éducation, de génération en génération.
« Favoriser les mobilités douces », « rues pacifiées » … non mais vous allez voir qu’il vont finir par interdire les rodéos urbains et les séances de tir à la Kalachnikov dans nos quartiers ! Une chose est certaine, ce truc-là ne passera jamais dans les banlieues.
j’allais le dire! Penser à une « coexistence intergénérationnelle », mais aussi responsabilités intergénérationnelles; il faudra en parler au Garde des Sceaux, que les tribunaux déplacent le curseur en matière de jugement des mineurs…
Le problème, c’est bien plus les parents que les enfants. Certains enfants sont insupportables parce que les adultes laissent tout faire et quand on demande aux parents de maîtriser un minimum leur progéniture, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité, ça se passe souvent très mal. Alors …
Tout à fait, Bruno. On leur laisse faire tout et n’importe quoi, ils sont le centre du monde et leurs « victimes » n’ont pas droit à la parole. C’est le monde à l’envers. Alors, la soi-disant « invisibilisation des enfants » me fait bien rigoler ! J’ai aussi remarqué une chose dans cette « éducation » actuelle : on leur demande pour tout de choisir et de décider (ce qu’ils vont manger, s’ils veulent bien aller se coucher, ce qu’ils préfèrent comme jouet, etc…). Croyant bien faire, ces parents créent une anxiété chez leurs tout petits qui n’ont pas la maturité pour faire ces choix, perdent en même temps toute autorité tout en se déchargeant sur leurs enfants de leurs responsabilités.
Bien d’accord
L’enfant roi fut un véritable échec et la génération Dolto nous l’a prouvé, il faut que les pseudos pédagogues apprennent du passé. Le « no kids » est du non sens et absurde, mais vut que les parents sont de plus en plus démissionnaires, je peux comprendre ceux qui fuient les petits monstres… Donc éduquez vos enfants et apprenez leur les limites, sinon ils vont finir a errer partout en disant des absurdités !
Toute cette jeunesse délinquante et ignare est en grande partie la conséquence de ce que vous dénoncez, Cheche…
Il est certain que lorsque vous êtes quelque part au restaurant ou ailleurs et que vous avez des gamins qui crient,gesticulent,font des caprices avec la bénédiction des parents,vous n’avez qu’une seule envie c’est de quitter l’endroit avant de péter un plomb et c’est pour cela que j’évite si possible les lieux où l’on constate l’incurie des parents concernés par ce problème qu’ils imposent aux autres sans que cela les gêne. Alors comme je me connais,je préfère prendre sagement la tangente plutôt que de m’énerver et que ça dégénère. J’ai eu des enfants et je les ai éduqués avec les règles relatives à la bienséance et de voir certains adultes les laisser tout se permettre me pousserait à leur mettre une trempe ( aux parents ) alors je fuis ces endroits.
n’est ce pas déjà le cas ???
Cette commission ne sert a rien.
Comme l’arcom , le CNCDH et Dilcrah des comités interministériels .
Que nicolas finance.
Alors que nos hôpitaux sont a l’os.