Entre l'information, la publicité et la propagande, la frontière est ténue. De tout temps, les États ont mis en œuvre des stratégies pour provoquer l’adhésion à leur politique, le développement des médias et des réseaux sociaux favorisant, de nos jours, l'influence qu'ils exercent sur les esprits. On a vu récemment comment Emmanuel Macron, dans la seule « guerre » qu'il ait connue - la crise sanitaire -, a déployé force moyens pour convaincre l'opinion que sa politique était la bonne. C'est ainsi que la propagande peut tout travestir, au point qu'il devient difficile de discerner le vrai du faux. On le voit actuellement dans cette véritable guerre qu'est le conflit russo-ukrainien.

Depuis le début, le français – comme la plupart des pays européens et les États-Unis – a placé dans le camp du bien, ne pouvant être, en conséquence, que dans le camp du mal. L'ensemble des médias, ou presque, a soutenu cette dichotomie manichéenne. Depuis le début de l'invasion russe, Zelensky est érigé en héros, tandis que Poutine est présenté comme un autocrate renouant avec le stalinisme, le cerveau certainement dérangé. Cette simplification caricaturale, qu'on retrouve en sens inverse en Russie, épargne la peine de réfléchir et permet aux dirigeants de manipuler les esprits en créant une unité factice.

Quelques médias cherchent sans doute à nuancer leurs analyses, mais ils sont aussitôt montrés du doigt et soupçonnés de faire le jeu de l'ennemi. Mais voici que le vent tourne. Selon Le Parisien, le président ukrainien commence à subir des critiques. Coup sur coup, on lui reproche de s'être mis en scène avec son épouse dans le magazine Vogue, on rappelle les placements douteux qu'il aurait effectués sur des comptes à l'étranger, Amnesty International prétend que « les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile ».

Cette ONG accuse les forces ukrainiennes de se positionner près des zones d’habitations civiles, dans des hôpitaux ou des écoles. Elle a beau souligner que, dès le début du conflit, elle a dénoncé le crime d’ commis par la Russie en envahissant l’Ukraine, qu'elle a publié de multiples enquêtes sur les crimes de guerre commis par les forces russes, que ses bureaux en Russie ont été fermés par les autorités, rien n'y fait : on la soupçonne de soutenir les agresseurs russes. Zelensky a même accusé l'ONG de « tenter d'amnistier l'État terroriste » en mettant « la victime et l'agresseur d'une certaine manière sur un pied d'égalité ». La responsable ukrainienne d'Amnesty International a cru bon devoir démissionner.

Le Parisien se demande si cette contestation de Zelensky n'est pas le signe « d'une certaine lassitude occidentale ». Il est probable, aussi, que l'unanimité pro-ukrainienne subit le contrecoup des grands enjeux économiques, les populations européennes étant paradoxalement les premières touchées par les sanctions infligées à la Russie. Il est facile, pour une élite qui ne manque de rien, de donner au peuple des leçons de morale. Avec le temps, la situation semble évoluer. Nos gouvernants n'ont pas encore retourné leur veste, le feront-ils s'ils jugent que c'est leur intérêt ?

En toutes choses, gardons-nous d'avoir un esprit manichéen. Aucune guerre n'est propre et les méchants ne sont pas les seuls à avoir les mains sales. Pour sortir de cette tragédie, plutôt que de risquer d'entraîner le monde dans un conflit international, avec des arrière-pensées inavouables, la solution la plus sage ne réside-t-elle pas dans la diplomatie ? Encore faut-il en avoir la volonté.

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10 août 2022

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32 commentaires

  1. Enfin, la triste personnalité de ce clown à la solde de la CIA commence a montrer l’aliénation de l’occident à ce fameux Zelansky !
    Peut-être qu’en fin les arguments fallacieux qu’il développe vont sombrer dans les bas fonds médiatiques…
    Mais le mal est fait pour notre économie, ce ne sont pas les guignols aux commandes qui vont nous sauver, surtout avec du charbon que nous n’avons pas !

  2. La privatisation par Zelinsky des terres agricoles a fait bien des heureux, en EUrope (pays bas copains des US) et aux USA. Elles sont riches. D’autres biens ont été aussi privatisés à la mode de la chute de l’URSS. Tous ces gens puissants qui se sont fait attribuer des biens publics veulent garder leurs biens mal acquis. « Quoiqu’il en coute »! « Jusqu’au dernier ukrainiens ou européen ». Les médias nous servent un roman à l’eau de rose, une série télévisée pour ménagère de 50 ans. L’argent coule à flot dans les poches de nos zélites. Et le monde occidental bascule tranquillement dans le néant dont il a mis des siècles à sortir. Le peuple, telle la grenouille dans l’eau tiède ne sent rien venir

  3. Le jour où l’on connaîtra la vérité sur le « président » ukrainien comme sur les « vaccins » anti-covid sera un grand jour. Mais arrivera-t-il, compte tenu de l’incroyable corruption occidentale?

  4. Quand on est souverain en rien et qu’on achète tout , on ne fait pas la guerre à son fournisseur sauf à vouloir condamner son propre peuple , n’est ce pas macron …

  5. Je m’en suis gardé depuis le début de cette stupide habitude de ranger les bons et les mauvais dans des case bien cloisonnées. Ce qui m’a valu la réprobation de certains de mes proches me regardant alors comme un poutiniste compulsif belliciste. Pour moi, dans cette sinistre et tragique aventure , l’ancien acteur-humoriste Zelensky tient un double-rôle: à la fois celui du bon et du truand. Poutine, celui de la brute.
    Et sans doute à la clé des dollars comme s’il en pleuvait. Pour Zelensky, s’entend, dont le pays est aussi en ruines qu’il est ruiné financièrement. On comprend d’autant mieux le désir exacerbé de M. Zelensky d’entrer dans l’UE.

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