Ils restaient… quatre mousquetaires de l’épopée gaulliste, en cette année 2020. Ce vendredi 20 novembre, est mort… à cent ans !

Notre Président de « guerre » au Covid-19 s’est empressé d’appuyer sur la détente en tweetant : « Daniel Cordier, le résistant, le secrétaire de Jean Moulin, s’en est allé. Quand la France était en péril, lui et ses compagnons prirent tous les risques pour que la France reste la France. Nous leur devons notre liberté et notre honneur. Nous lui rendrons un hommage national. » On ne sait pas ce que le Président sait de la guerre, mais l’hommage national tous azimuts, voilà bien le genre qu’il maîtrise…

En s’écoutant, M. Macron se rêve-t-il lui-même en défenseur de l’honneur et de la liberté ? Ne vient-il pas, d’ailleurs, de nous le démontrer, en protégeant – tel un nouveau Clemenceau – la nation assaillie par le virus chinois ?

La communauté arménienne française, victime, à Meyzieu, de profanations islamo-turques ; la communauté catholique, privée de messes et victime, à Nice, d’égorgements islamistes ; les membres de la cordée entrepreneuriale des PME, privés du droit au travail et victimes de faillite suite à décisions d’État ; les citoyens dans leur ensemble, privés du droit républicain d’aller et venir et victimes d’un carcan sanitaire gouvernemental imposé sur conseil « scientifique » ; tous peuvent témoigner qu’ils doivent aux équipes Macron la défense de leur honneur et de leur liberté ! Sans doute comprendront-ils d’autant mieux que, « quand la France est en péril », un hommage national de plus s’impose urgemment sous les ors fanés de la République.

Quoi qu’il en soit, Daniel Cordier est mort. Et il mérite le souvenir. D’abord militant maurrassien et monarchiste, il n’avait pu se résoudre à la demande d’armistice du 17 juin 1940 et avait rallié Londres. Là, le destin l’avait embarqué dans l’aventure de la guerre de l’ombre. Nommé au service “Action” du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), les services secrets des FFL. Parachuté en France occupée, il épaulera Georges Bidault puis Jean Moulin, dans les difficiles tractations pour unifier les réseaux de la Résistance. Il sera distingué compagnon de la Libération en novembre 1944.

Daniel Cordier, ensuite, a vogué sa longue vie : socialiste humaniste et, par goût, marchand d’art… avant le naufrage final. Voilà qu’il rejoint, au paradis des compagnons de la Libération, Pierre Simonet, mort à 99 ans, le jeudi 5 novembre. Après Edgard Tupët-Thomé, décédé ce 9 septembre à 100 ans. Tupët-Thomé, officier catholique, du 3e RCP, parachuté sur Landerneau, avant trois largages, sous le feu, en Hollande ! Simonet, aviateur, héros de Bir Hakeim ! Jeunesses françaises de fougue et d’idéal.

De ces quatre anciens mousquetaires nous reste Hubert Germain, le légionnaire. À Bir Hakeim, dans son trou de combat, il a tenu tête aux panzers. Lui aussi a survolé un siècle. Et si, entré plus tard en politique, franc-maçon, puis ministre, il a su aussi ménager sa carrière, il fut bien, lui aussi, l’un des 1.038 quand il avait 20 ans. Dernier témoin d’une épopée de courage, de sacrifices… et d’espoir.

« Se trouver face à vous, c’est se trouver immédiatement, irrésistiblement, face à l’Histoire », déclarait , le 18 juin 2017, en élevant Daniel Cordier à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur. Que dira-t-on de lui, Macron, de ses engagements et de sa propre « guerre » ?

Dans un pays où, depuis plus de trente ans, les héritiers politiques autoproclamés et captateurs sans scrupules de l’épopée des compagnons de la Libération ne font que se servir au lieu de servir, faisant que la France n’est plus, aujourd’hui, qu’un territoire offert, au peuple amoindri, soumis, sans espérance, qui se souviendra, en 2050, que la croix de Lorraine sculptée sur le mont Valérien fut, dans un autre temps, un signal de colère et d’une insoumission ?

21 novembre 2020

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