Cinéma - Culture - Editoriaux - 24 juillet 2019

Cinéma : peu importe le temps, Autant en emporte le vent est toujours un succès

Adaptation cinématographique du roman de Margaret Mitchell, Gone with the Wind est un chef-d’œuvre qui traverse les affres du temps. Pour preuve, Avengers: Endgame, le dernier Marvel, a été incapable de détrôner la vieille réalisation de Victor Fleming, sortie en 1939, qui reste l’emblème du cinéma américain.

C’est la dernière mouture du livre Guinness des records qui nous l’apprend : estime les recettes d’Autant en emporte le vent à 3,44 milliards de dollars, et ce, en comptant l’inflation, tandis que le dernier Avangers comptabilise 2,79 milliards de dollars de recettes ! Les années passent, les grosses productions américaines s’enchaînent et, pourtant, le film réunissant Clark Gable et Vivien Leigh reste encore le chef-d’œuvre éternel de l’histoire du cinéma.

Pourquoi un tel succès ? Sans doute parce que ce long métrage réunit toutes les composantes d’un film réussi, à savoir une romance, un contexte de tension politique et une guerre majeure. En effet, Autant en emporte le vent se passe en pleine période de guerre de Sécession (1861-1865). L’histoire se focalise sur la capricieuse Scarlett O’Hara et le charismatique Rhett Butler, qui s’aiment et se détestent au gré des péripéties. Mêlez à tout cela les conflits entre les États du Nord et les États du Sud sur la question de l’esclavage et vous obtiendrez une œuvre grandiose et finalement… intemporelle.

Quelques chiffres pour montrer l’ampleur du succès d’Autant en emporte le vent. Ce film récolte 402 millions de dollars de recette dans le monde, selon le site Box Office Mojo. Le film a vendu 215 millions de billets aux États-Unis, ce qui est un record ! Vraisemblablement, les sept sorties nationales du film, entre 1939 et 1975, ont participé au succès de ce film, qui est reconnu comme la production la plus populaire de l’histoire du cinéma. Le film reçut dix Oscars, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. La réussite du film est aussi celle du producteur, qui dut payer 50.000 dollars pour les droits du roman de Margaret Mitchell.

Produit en 1939, ce film est aussi le miroir de l’avant-Seconde Guerre mondiale et de la ségrégation raciale aux États-Unis. Grâce au producteur, David O. Selznick, l’actrice noire jouant « Mama », la dénommée Hattie McDaniel, a été la première femme noire a obtenir un Oscar.

Passant au crible la question esclavagiste, Autant en emporte le vent est la cible de plusieurs critiques venant de divers historiens. En effet, pour beaucoup, ce film ne défendrait pas assez la cause des esclaves, rendrait les Sudistes un peu trop charmants et légitimerait la Confédération. Reste en suspens la théorie de la « Lost Cause » (« cause perdue »), qui défend l’idée suivante : les États sudistes ont porté les armes pour défendre leur indépendance politique et non l’esclavagisme.

À voir ou à revoir, Autant en emporte le vent a une capacité certaine à enthousiasmer et à rendre rêveurs les spectateurs. « Mais Rhett, que vais-je devenir ? », demande Scarlett. Ce à quoi Rhett répond : « Franchement, ma chère, c’est le cadet de mes soucis. » Y a-t-il réplique cinématographique plus connue ?

À lire aussi

L’Étudiant libre, un média jeune pour un nouvel élan !

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleRêve d’enfants, désir d’adolescents ou envie d…