Cinéma, édition, médias : la gauche culturelle en mode panique
La séquence est tout autant caricaturale que représentative. Ce mardi, l’actrice Anne Consigny était invitée sur le plateau des Grandes Gueules, sur RMC. La tante du chroniqueur Charles Consigny avait à cœur d’expliquer pourquoi elle avait accepté de signer la tribune très controversée contre Vincent Bolloré qui a secoué le monde du cinéma pendant le dernier festival de Cannes. « Il était impossible pour moi de ne pas signer, j’ai juste peur de ce qui peut arriver », s’est-elle justifiée, à propos du texte qui dénonce « une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ». « Et je ne veux pas arriver après la bataille, que ce soit trop tard pour dire "j’ai peur". J’ai eu peur », a poursuivi Anne Consigny. « Est-ce qu’aujourd’hui, Canal+ produit et finance des films d’extrême droite ? », l’a alors interrogée Olivier Truchot. « Non, justement, c’est votre "aujourd’hui" qui ne m’intéresse pas. Simplement, on donne à monsieur Bolloré un outil pour qu’il puisse faire ce qu’il veut du cinéma français. [...] Ce n’est pas contre lui que j’en ai, j’en ai pour la démocratie, pour qu’on ne donne à personne le pouvoir de faire une dictature en France », a-t-elle répondu, des trémolos dans la voix. Et la comédienne de terminer son prêche en citant le documentaire Sacré-Cœur, « un film catho qui m’a l’air assez gratiné »…
La comédienne Anne Consigny a peur que Vincent Bolloré installe une… "dictature" en France pic.twitter.com/04m0RaIhsV
— Destination Ciné (@destinationcine) May 26, 2026
En quelques heures, seulement, cette séquence est devenue virale et a été tournée en ridicule sur les réseaux sociaux. En cause, les propos d’Anne Consigny concernant son fantasme d’une « dictature » instituée par Vincent Bolloré, Mais aussi, et surtout, sa critique de Sacré-Cœur, film qu’elle n’a manifestement pas vu mais qui lui inspire néanmoins la plus grande méfiance. « Comment une actrice talentueuse peut-elle proférer une telle ineptie ? », s’est interrogé l’ancien magistrat Philippe Bilger. « Jusqu’où va se nicher l’intolérance des artistes conformistes ?, a également tweeté l’avocat Gilles-William Goldnadel. Cette comédienne anti-Bolloré est outrée qu’un film porte pour titre Sacré-Cœur… Sacrée connerie des sans cœur ni cervelle. »
La citadelle assiégée
Anne Consigny et ses amis cosignataires le reconnaissent eux-mêmes : Vincent Bolloré n’influence nullement les productions cinématographiques. Ils agitent l’épouvantail d’une « fascisation » qui n’existe pas. Au contraire, Canal+ finance généreusement le septième art, et notamment les œuvres les plus woke. L'Histoire de Souleymane, Emilia Pérez, Les Misérables… Les films très à gauche tiennent le haut de l’affiche, on en compte par dizaines chaque année, mais on voudrait nous faire croire que la liberté d’expression des intermittents progressistes serait menacée dans notre pays. S’il y avait un manque de pluralisme à dénoncer, ce serait celui qui touche les œuvres à tendance conservatrice ou vantant l’enracinement culturel occidental. On ne peut pas dire que ces films-là aient pignon sur rue. Et quand un petit documentaire indépendant, traitant de la foi catholique, sort au cinéma, il est immédiatement accablé dans la presse, traité de tous les noms et accusé de participer à « la banalisation croissante des idées d’extrême droite »… Vive la liberté artistique dont se gargarise la gauche culturelle.
La Croix dézingue le film Sacré-Cœur : une raison supplémentaire d'aller le voir- Par @gabriellecluzel
Quand un média (supposé) catholique déplore le succès d'un film catholique... https://t.co/mEbPX8AaWR— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) October 29, 2025
Ce réflexe intolérant et paranoïaque est le même dans les mondes des médias et de l’édition. La gauche et l’extrême gauche y sont en situation de quasi-monopole, mais crient au scandale et à l’atteinte aux bonnes mœurs dès lors que surgit le moindre acteur ne partageant pas leurs valeurs. Elles dominent sans partage, mais se vivent comme des citadelles assiégées, attaquées par des armées de « fachos » sanguinaires et surarmés. Ainsi, il a suffi de l’arrivée de CNews pour susciter un tollé généralisé. La chaîne info ne réalise pas plus de 3 % de parts d’audience, mais c’est déjà trop, pour nos défenseurs d’un PAF qui devrait, si l'on comprend bien, être de gauche à 100 %. Les pétitions et tribunes s’enchaînent depuis, dans l’espoir d’obtenir enfin la fermeture de la chaîne dissidente.
Même réaction, après l’éviction d’Olivier Nora de la présidence des Éditions Grasset. Le dirigeant avait fortement dégradé les performances économiques de sa société tout en augmentant confortablement sa propre rémunération, mais son limogeage a été vécu comme une violence intolérable, un abus de pouvoir du tyran Bolloré. « En débarquant Olivier Nora de la présidence des Éditions Grasset sous prétexte de désaccords éditoriaux, le milliardaire breton poursuit sa stratégie méthodique d’influence au service d’un agenda politique et idéologique assumé », a ainsi affirmé un éditorialiste du Monde. Dans la foulée, des dizaines d’écrivains ont annoncé qu’ils claquaient la porte de Grasset au nom de « la liberté d’expression ». Rappelons, néanmoins, que cette maison publie les livres d’auteurs tels que Virginie Despentes, Leïla Slimani, Vanessa Springora ou encore Emmanuel Carrère. Dans le genre « extrême droite » et réactionnaire, on peut mieux faire...
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74 commentaires
Ce que je ne comprend pas ,en plus , c’est que ces gens n’acceptent pas la concurrence qui amène la saine émulation,Ils prefèrent se complaire.dans la médiocrité à partir du moment qu’elle soit acceptable par leur pré carré .
Ce sont des bourgeois de gauche qui n’acceptent pas que leur statut soit remis en question.
Ils avaient leurs cachets assurés sans rien produire de qualité et ils pensent que Bolloré va remettre en question leurs monopole .
Il faut qu’ils fassent preuve de tolérance et acceptent que des productions qui ne tournent pas toujours autour des mêmes thèmes de gauche , puissent voir le jour.
Cela fera du bien au cinéma français qui pourra justifier que l’on puisse le défendre au nom d’une exception.culturelle française .
Parce que les productions du cnc ne le méritent pas et le nombre de spectateurs le confirme . Et puis au lieu de s’inquiéter de Bolloré ,Ils feraient mieux de se soucier de l’IA qui va en mettre plus d’un au rancard .
Je ne connais pas cette actrice. Néanmoins elle a probablement un certain talent. Cette peur d’un lendemain forcément fantasmé qui tourne en rond dans les cénacles dorés des trois rues qui font le Paris de la gauche caviar prouve une fois de plus que talent ne rime pas avec intelligent.
» Les comédiens : on ne sait jamais quand ça s’arrête »
(Philippe Bouvard)
Quand çà s’arrête de jouer ? Ils confondent souvent plateau de TV et plateau de cinéma.
Gabin à la fin de sa vie : » je sais que je ne sais pas ! » C’est autre choze que tous ces demis sel qui veulent nous apprendre la vie alors qu’ils ne l’ont jamais compris eux mêmes..
gauche ( prétendument) culturelle !
Je me suis effectivement demandée pourquoi trop souvent on parle « culture » ??? Il faut regarder cette fameuse interview pour être convaincu du contraire. Tellement excitée qu’elle était incapable de terminer une phrase correctement.
Fatasmer la menace de l extrême droite ça permet d être intégrer dans dans le camp du bien ;même si contre productif.
On en arrive a se demander si c’est naturel chez ces gens là ou s’ils le font exprès. En tout cas c’est quant même orienté.
Elle est passée à côté le jour de la distribution. De quel droit critique t’elle le film sacré coeur. On leur donne trop la parole. Je la mets également dans ma liste à ne pas aller voir au cinéma.
Je ne sais pas si elle est toujours comme ça ou si elle avait pris un remontant, (pas de la bonne toujours) elle avait l’air d’une folle, mais je me demande bien pourquoi on demande leur avis à ces gens qui ne sont ni des experts en politique, ni en économie, ni même dans la vie de tous les jours, eux étant déjà des privilégiés comme ils disent des autres
Oui ,mais le problème et la confusion vient du fait que même les présidents se prennent pour des acteurs . Je préfère le contraire , des acteurs qui deviennent présidents comme Ronald Reagan qui n’a pas été le pire des présidents américains .
Je la comprends. J’ai d’ailleurs demandé aux pompiers de venir inonder ma maison de peur qu’elle prenne feu un jour ou l’autre. Cela dit, il n’y a aucune raison d’imposer un QI minimum pour jouer la comédie.
Bravo!
Excellent. La petite touche d’humour dont j’avais besoin pour ensoleiller ma journée.
Beaucoup n’ont pas assez de talent pour jouer la comédie. Ils jouent à faire semblant.
Monsieur Bilger semble oublier qu’une actrice, ou un acteur, récite avec plus ou moins de talent un texte écrit par d’autres : cela n’a rien à voir avec l’intelligence
Monsieur Bilger est un vieux monsieur qui a eu son époque, qui n’est pas toujours en phase mais qui ne s’est pas encore aperçu qu’il y a un âge pour tout, ou on est au top et on la ramène ou on ne l’ai plus et on reste dans l’ombre, j’ai son âge ce sais ce dont je parle, je le vois bien avec mes amis qui se croient toujours au sommet de leur carrière mais qui s’expliquent avec 25 ans de retard.
Quand la gauche scie la branche sur laquelle elle repose je ne puis que m’en réjouir.
Je n’ai plus de télé depuis 1990 1er janvier, et j’irai au cinéma quand il y aura des Gabin, des Ventura, des BB, des CC etc… le reste est nul…!
La vie des acteurs n’est pas facile. Binoche a peur quand elle se rend compte qu’elle est interviewée par boulevard Voltaire. Consigny donne frénétiquement des gages de sa soumission à la ligne du parti. Et leur panique est compréhensible, comme l’était celle des révisionnistes du soviet suprême, l’enjeu c’est l’exclusion du parti, la mort sociale, le goulag moral.
Du coup ils se sentent obligés de signer la tribune contre Vincent Bolloré et ils découvrent que le résultat de leur résistance héroïque est l’inverse de celui attendu. Au lieu de confirmer avec éclat leur appartenance au show-biz de gauche, cela va se traduire par la perte du financement de leur business, assez peu rentable, pour lequel les investisseurs ne se bousculent pas au portillon. Le seul espoir qui leur reste est le pardon chrétien de Bolloré. Un comble !
Cette femme comme d’autres gens concernés ont juste la crainte de voir leurs privilèges de bobos-gochos disparaître avec la concurrence proposée par Bolloré. J’avoue que voir ce type de personnes sombrer dans l’oublie me réjouirait grandement avec le plaisir de ne plus les voir nous nuire comme ils s’acharnent à le faire depuis des décennies. C’est mon vœu le plus cher.
Dommage je la trouvais sympathique