Léaument, face à Zemmour, réécrit l’histoire du drapeau tricolore
Ce 14 juillet 2026, à l'occasion de la fête nationale, alors qu’Éric Zemmour rendait hommage à nos armées et à la France, le député LFI Antoine Léaument n’a pu s’empêcher de jouer les Robespierre de service. Il a alors tenté, par une lecture pour le moins contestable de l'Histoire, et comme à son habitude, de faire croire, encore une fois, que la France d’aujourd’hui n’aurait commencé qu’en 1789 et que son drapeau tricolore, à l'image de la Révolution, serait en « rupture avec la monarchie ». Une affirmation qui ne résiste pas à l'examen des faits historiques.
Une polémique née le 14 juillet
Le débat a débuté lorsque Éric Zemmour a écrit, à l'occasion de la fête nationale : « Chaque 14 juillet, nous célébrons nos armées et mille ans d'Histoire glorieuse. Vive nos armées ! Et surtout, vive la France ! » Son propos patriotique a alors manifestement titillé Antoine Léaument, qui lui a répondu en déplaçant le débat sur le terrain des symboles nationaux en affirmant que « littéralement, le drapeau est inventé après la Révolution de 1789 qui se fait en RUPTURE avec la monarchie, les privilèges et la féodalité ». Sous-entendu, tout ce qui est révolutionnaire ne pourrait avoir le moindre lien avec l’ère des rois de France, comme si la Révolution avait fait table rase de mille ans d’Histoire nationale. Il conclut également en ajoutant que « Zemmour est un idéologue somme toute assez mauvais ».
Éric Zemmour, dont on sait que le débat ne lui fait pas peur, lui rétorque que son propre message ne portait pas sur la naissance du drapeau mais sur « mille ans d'Histoire » des armées françaises. Il rappelle que « nos armées n’ont pas attendu la Révolution française pour s’illustrer sur tous les champs de bataille d’Europe et du monde ». Pour répondre au fond des propos de M. Léaument, Éric Zemmour, qui n’a pas à s’excuser d’avoir lu des livres, cite Tocqueville et son ouvrage L'Ancien Régime et la Révolution dans lequel le grand penseur libéral explique que la Révolution a largement prolongé le mouvement de centralisation engagé depuis plusieurs siècles par la monarchie française.
Je ne sais pas si je suis un mauvais idéologue, mais vous, je sais que vous ne savez pas lire. De quoi ai-je parlé ?
De la célébration de nos armées et de mille ans d’histoire. Mille ans d’histoire de nos armées, Antoine Léaument ! Nos armées n’ont pas attendu la Révolution… https://t.co/tjyvfBd3OG
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) July 15, 2026
À ce sujet — Origine de la Sécurité sociale : Léaument ment !
Le drapeau tricolore naît pendant la Révolution
Cependant, nous allons être généreux et accorder à Antoine Léaument un point à son devoir d’histoire. Oui, le drapeau tricolore apparaît bien au cours de la Révolution française. Après la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, la Garde nationale adopte une cocarde composée du bleu et du rouge, couleurs traditionnelles de Paris, tandis que le marquis de La Fayette propose rapidement d'y ajouter le blanc, couleur du roi, afin de marquer l’union retrouvée entre le peuple de Paris et Louis XVI, surnommé alors « le restaurateur de la liberté française », lors de sa venue à l'hôtel de ville, le 17 juillet 1789. Ce jour-là, Jean-Sylvain Bailly, maire de Paris, en présentant les clefs de la ville au roi, déclara : « Sire, ce sont les mêmes clefs qui furent présentées à Henri IV ; il vint conquérir son peuple, aujourd’hui votre peuple vous reconquit. » Louis XVI lui répondit alors : « Mon peuple peut toujours compter sur mon amour. »
Le drapeau tricolore s’installe alors progressivement dans les usages révolutionnaires et est adopté par la marine en 1790. Le 15 février 1794, la Convention nationale, alors dominée par le Comité de salut public, fixe définitivement le drapeau composé de trois bandes verticales bleue, blanche et rouge, disposition qui demeure celle de la République française aujourd'hui. C'est précisément ici que l'analyse de M. Léaument devient incomplète. Car si le drapeau naît bien de la Révolution, il ne naît pas contre la monarchie. Bien au contraire, son élément central est la couleur même du roi. L’idole historique d’Antoine Léaument, Robespierre, qui siège encore au sommet du pouvoir révolutionnaire aux côtés des Montagnards lors de l’adoption définitive du drapeau, n’empêche pas que la République conserve dans son propre emblème cette couleur héritée de la monarchie française. Les révolutionnaires eux-mêmes n’ont donc pas considéré que l’unité nationale exigeait l’effacement de mille ans d’Histoire monarchique. À vouloir présenter le drapeau tricolore comme un schisme total avec la monarchie, Antoine Léaument serait-il, finalement, plus révolutionnaire que la Révolution elle-même ?
Un drapeau devenu celui de tous les Français
Au fil des siècles, le drapeau tricolore a dépassé les circonstances de sa naissance pour devenir le symbole de toute la nation. Monarchistes, républicains, gaullistes, souverainistes ou patriotes de toutes sensibilités s'y reconnaissent aujourd'hui. Nul ne remet désormais sérieusement en cause son existence ni ne propose de lui substituer un autre emblème national.
Même certains royalistes contemporains, pourtant attachés à l’idée du retour d’un roi sur le trône de France, ont accepté ce fait. L’Action française, mouvement fondé en 1899, ne revendique pas, comme Maurras lui-même, le retour du drapeau blanc dans l’hypothèse d’une restauration, selon l’ancien secrétaire général adjoint du mouvement et l'actuel président de l'Association Marius Plateau, mouvement d’anciens combattants de l'AF. Ses manifestations utilisent elles-mêmes le drapeau tricolore, à l’image de la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe qui l’avait déjà adopté comme emblème national.


Cette bannière a flotté sur les champs de bataille de la République, de l’Empire, de la Résistance et de la Libération. Elle accompagne encore aujourd’hui les soldats français engagés pour défendre la France et ses intérêts à travers le monde. Elle a été brandie dans tant de moments de joie et de tristesse. Elle est ainsi devenue bien davantage que l’emblème d’un régime politique : elle incarne la continuité de la nation française et demeure, comme le rappelle le ministère de l’Intérieur, « le symbole d’une France unie ».
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28 commentaires
Breton avant tout, le seul drapeau qui me fait vibrer se nomme le Gwen A Du ou son prédécesseur le Kroas Du. A chacun ses symboles et ses couleurs, excusez moi de préférer le blanc et noir au bleu,blanc et rouge.
Ne tapons pas trop LEAUMENT. Lui, contrairement à DELOGU et quelques autres, semble savoir lire (même si c’est avec quelques difficultés, semble-t-il.
Le comte de Chambord n’a pas tout à fait la même analyse et refuse de prendre le trône en conservant ce drapeau. A juste titre puisque nous aurions eu une monarchie parlementaire et donc au final à peu la même chose qu’en Angleterre ou en Espagne et donc absolument pas une véritable monarchie comme en Arabie Saoudite ou au Maroc.
Quand aux couleurs, les francs-maçons toujours très habiles en matière de symbole et d’ésotérisme ne le lisent pas de la même manière. Le drapeau comme l’écriture latine se lit de gauche à droite.
Le bleu de la monarchie française (ne dit-on pas bleu roi ?) effacé par le blanc pour céder la place au rouge de la révolution.
Sur la révolution française il vaut mieux écouter les gauchistes qui ne se cachent pas derrière leur petit doigt et explique la froide et dure réalité de ce triste épisode.
Et la droite hélas maquille et tord la réalité pour nous faire avaler des couleuvres.
La révolution tout comme la république, y compris sa 5ème édition, sont bourgeoises, socialistes et anticatholiques .
Eh bien si , moi et de nombreux chrétiens révolutionnaires , nous pensons que ce drapeau doit disparaître car il est trop entâché du sans des innocents abandonnés par la Veme ripouxblique à Alger et à Oran ainsi que des massacres de septembre et de la commune de Paris …Sans oublier les boucheries perpetrées contre les Vendéens et les chouans et les tueries inutiles de Napoléon devenu empereur .
Zucune France nou elle et debarassée de la franc-maçonnerie ne pourra être reconstruite sans la protection de la Croix ..et le rappel des fleurs de lys .
Si on demande à M. Léaument de choisir entre La Marseillaise et L’internationale, il me semble plus probable qu’il choisisse la seconde. Il est écrit dans ce chant : « Du passé, faisons table rase ! » Donc, pourquoi voudrait on que M. Léaument se préoccupe de ce qui est historiquement correct ou incorrect ? De plus, je crains qu’entre une version juste de l’histoire mais écrite par des historiens « bourgeois » et une version erronée mais qui touche l’auditoire auquel s’adresse, il ne choisisse celle qui satisfasse son auditoire. Démagogie quand tu nous tiens !
Il fait de l’idéologie contre la vérité et contre l’Histoire. Quelle nullité !
Faut il le appeler encore , le 14 juillet est la date choisie comme la fête nationale , non en commémoration de la prise de la Bastille (qui en réalité ne fut pas une prise mais un reddition) ,mais de la Fête de la fédération présidée par le roi Louis XVI en personne.
Sur le drapeau national le rouge et le bleu sont les couleur de Paris et le blanc celle du roi . Vous pouvez vérifier .
Petit rappel à Mr Léaument: originellement, le bleu roi est la couleur de La Très Sainte Vierge Marie et le rouge symbolise le sang des (nombreux) martyrs des premiers siècles de la chrétienté en Ile de France.
Quelle honte!…
La sottise crasse des députés LFI n’est plus à démontrer.
Le pire c’est que ces gens sont députés.
Ignorantus, ignoranta, ignorantum.