[AU TRIBUNAL] Un 14 Juillet sous kétamine

Certains choisissent les défilés militaires pour fêter le 14 juillet, d'autres préfèrent les drogues dures “entre amis”.
© BVoltaire
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Certains choisissent de célébrer le 14 Juillet en famille ou entre amis, sur les Champs-Élysées, pour admirer le traditionnel feu d'artifice parisien. D'autres privilégient les défilés militaires et les cérémonies officielles, qui mettent à l'honneur l'armée française. En région, les fêtes populaires organisées dans les villes et villages ne manquent pas, elles non plus, de trouver un public en quête de convivialité pour célébrer la fête nationale.

D'autres, en revanche, préfèrent « se poser » dans un parc pour consommer des drogues dures entre amis. C'est du moins l'explication avancée par Drine S., interpellé gare du Nord le 13 juillet par la douane alors qu'il transportait une importante quantité de stupéfiants.

Une « soirée » bien préparée

Dans la sacoche qui a attiré l'attention des agents, et qui a amené ce Français de 33 ans, né en Seine-Saint-Denis, à comparaître ce mercredi devant la 23e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, ont été trouvés 83 grammes de résine de cannabis, presque autant d'herbe de cannabis, 5 grammes de cocaïne, 4 grammes d'amphétamine et 4 grammes de kétamine. Un stock que le prévenu affirme avoir acquis pour la modique somme de 800 euros.

La cour n'est pas dupe et relève d'ailleurs la « chance » providentielle de cet homme qui, ne consommant habituellement que du cannabis selon ses déclarations et les analyses toxicologiques, se serait vu proposer par un inconnu, le matin de son interpellation, à la gare de Sevran, non seulement le cannabis qu'il était venu chercher, mais aussi toutes sortes de substances, le tout pour une somme bien inférieure à leur valeur.

Mais l'homme persiste : « On était le 14 juillet, j'allais passer la soirée avec mon ami, posé entre nous », comme à leur habitude à cette date, assure-t-il. « Mais heureusement que les policiers m'ont arrêté. » Si ces derniers n'étaient pas intervenus, il se serait rendu dans un parc avec un groupe de connaissances et aurait partagé sa « conso », tout en espérant en vendre « deux, trois grammes » pour éponger ses derniers emprunts. Car malgré son poste de cariste en intérim, qui lui rapporte plus de 1.700 euros par mois, Drine S. ne se sent « pas à l'aise à la fin du mois ». Financièrement, entend-il.

Serait-ce pour cette raison que le prévenu donne à la Justice l’impression de faire partie d’un trafic de stupéfiants dont il est un livreur régulier ? En effet, depuis plusieurs semaines, la carte SIM du téléphone, dont l'accusé a refusé de communiquer les codes aux policiers, borne à travers toute l'Île-de-France, largement en dehors de ses heures de travail. Sa façon, à lui, de « décompresser avant de reprendre le travail », justifie l’homme, qui assure aller souvent « prendre des cafés sur Paris »

Un profil loin du simple consommateur

Peut-être la présidente aurait-elle voulu le croire, elle aussi, mais le parcours judiciaire de Drine S. raconte une tout autre histoire. Avec douze mentions à son casier judiciaire, dont une pour proxénétisme et quatre en lien avec les stupéfiants, l'intérimaire n'a rien de l'addict incapable de décrocher des joints. Sans compter que l'accusé, dont la dernière détention remonte à 2023, a déjà fait l'objet de mesures de contrôle judiciaire ainsi que de détention à domicile, et qu’il comparaît en récidive légale des faits dont il est aujourd’hui accusé.

Malgré les nombreuses incohérences relevées à l'audience et les observations du ministère public, qui a estimé que les explications du prévenu étaient peu crédibles, le tribunal l'a uniquement jugé sur les faits poursuivis : transport, détention et acquisition de stupéfiants, usage de cannabis et refus de remettre les codes de son téléphone en garde à vue. Drine S. a été condamné à 18 mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt et à 1.500 euros d'amende.

Vos commentaires

10 commentaires

  1. Il a refusé de communiquer les codes de son téléphone aux policiers. Bon, je suppose que c’est son droit…Mais, la police n’a-t-elle pas les moyens de craquer ces codes ??? Ou faut-il supposer qu’elle n’en a pas le droit ?

  2. Bonjour,

    Je me demande quel est le niveau des cours reçus par ces magistrats. Mais bravo ils sont préparés pour l’avenir de tous les français voire de leurs enfants.
    Avec eux non seulement, il fera bon vivre en société mais il fera bon aller dans les parcs,
    se rencontrer

  3. Moquez vous…Il cotise pour nos retraites vu qu’il est intérimaire, en attendant. ….Le mec, il est cariste, il vit la nuit, et il boit des cafés et consommant sans aucun doute, d’autres substances… ça fait peur des fois…Au fait, en arrivant au boulot (!), il est pas contrôlé ce gaillard ?

  4. « Malgré son poste de cariste en intérim, qui lui rapporte plus de 1.700 euros par mois, Drine S. ne se sent pas à l’aise à la fin du mois » … Mais il achète pour 800 euros de stupéfiants à un inconnu ? Ça représente tout de même près de la moitié de son salaire mensuel. Il y aurait bien une manière très simple et légale pour doubler purement et simplement ses revenus, sans travailler plus et sans payer plus d’impôts … J’ose à peine la lui suggérer !

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