[CHRONIQUE] Redresser la France : une victoire électorale suffira-telle ?
Les récents événements dramatiques ou scandaleux qui ont ému les Français sont le signe d’un délitement sans précédent de l’État en France, en temps de paix. Comment peut-il se faire que l’État administratif le plus cher du monde soit incapable d’assurer ses fonctions régaliennes essentielles : assurer une vie paisible aux citoyens et garantir leur sécurité ?
Une République usée jusqu'à la corde
Après l’accumulation de dysfonctionnements judiciaires et policiers qui ont permis à un prédateur sexuel de rester en liberté en dépit de nombreux signalements et plaintes et d’assassiner une petite fille, les excuses du garde des Sceaux ont quelque chose de dérisoire qui symbolise trop bien l’incurie des pouvoirs publics. Quant à la déclaration de Macron, - « On ne répond pas à la douleur par des cris » -, elle traduit le manque total d’empathie du personnage, une forme d’inhumanité glaçante d’un homme qui n’aime que lui-même mais certainement pas les Français.
Chacun sent bien que dans cette République usée jusqu’à la corde, les commandes ne répondent plus. L’impuissance est généralisée et le personnel politique n’est plus que commentateur d’événements qu’il est incapable de maîtriser. Toute la sphère publique semble s’affaisser sur elle-même tandis que la société part à la dérive. La liste des dysfonctionnements de notre République ressemble à une liste à la Prévert. L’État, au sens de Louis XIV, tend à disparaître et ne subsiste plus que sa caricature administrative, un fatras d’administrations nationales et locales qui pissent réglementations et taxes en jet continu, car les « princes » qui nous gouvernent croient au bonheur humain par la norme !
Partout en Europe occidentale, les commentateurs glosent sur la « crise de la démocratie ». Mais qu’est-ce donc que cette fameuse démocratie : demos kratos, le peuple et le pouvoir, le pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple, selon la définition constitutionnelle (art 2, alinéa 5). Or, notre système d’oligarchie élective tempéré par la cooptation a congédié le peuple et abandonné le pouvoir.
Le peuple congédié
En 2008, l’adoption par voie parlementaire du traité de Lisbonne, copie presque conforme du projet de Constitution européenne rejetée par le peuple par voie référendaire trois ans auparavant, a signifié de façon très concrète aux Français qu’ils étaient congédiés en tant que peuple souverain, puisque l’oligarchie franco-européiste passait outre sa volonté clairement exprimée. Au demeurant, Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, l’avait formulé auparavant : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » (28 janvier 2005). Le message a bien été entendu par les Français qui vont de moins en moins voter.
Mais le peuple a été aussi congédié sur le plan sémantique, puisque toute formation politique qui prétend écouter le peuple et prendre en compte ses souhaits est qualifiée de « populiste », marque de l’infamie, qui a plus ou moins remplacé l’accusation de fascisme.
Quant au pouvoir, l’oligarchie s’en est elle-même dépossédée. Elle l’a transféré en de très nombreux domaines à l’Union européenne et à l’autorité judiciaire française ou internationale. En bradant la souveraineté française, elle se dépossédait du pouvoir, donc des moyens d’agir. En matière d’environnement, d’énergie, de concurrence, de commerce international, d’immigration, de politique monétaire, de pêche, la France n’est plus, de facto et de jure, souveraine, et la liste pourrait être allongée. Sur le plan interne, par exemple, c’est une loi de 2013, votée par nos députés, qui a interdit au garde des Sceaux de donner toute instruction au parquet pour des affaires individuelles. Cela illustre bien la phrase de Péguy : « Le kantisme a les mains pures mais il n’a pas de mains. Et nous, nos mains calleuses, nos mains noueuses, nos mains pécheresses, nous avons quelquefois les mains pleines. »
La démocratie n’est donc plus, aujourd’hui, qu’une formule de plus en plus creuse. Plus de peuple, plus de pouvoir. Que reste-t-il ? L’impuissance et une vaine ambition pour parvenir à l’apparence du pouvoir. Et à ses avantages. Faut-il, pour autant, se désespérer ? Certes, le monde politique est déclassé et dévalorisé. Certes, l’État, obèse, avide et impuissant, n’est plus que la caricature de lui-même. Certes, la société est fracturée et désorientée. Certes, le matérialisme a avili les âmes.
Mais la France se redressera
Mais il existe encore, en France, des jeunes gens qui s’engagent pour les autres, pour la France, pour Dieu, et qui agissent de façon concrète dans le service du bien commun, dans l’armée, dans la vie publique. Il existe encore des entrepreneurs qui créent des entreprises malgré les charges qui pèsent sur leurs épaules, des agriculteurs qui produisent en dépit de l’accumulation de normes. Il existe encore des hommes et des femmes qui se lancent dans l’aventure familiale, dernier rempart de la liberté. Or, ce sont toujours des minorités qui ont donné l’impulsion que le grand nombre a suivie. Notre Histoire nous indique que, toujours, alors même que tout semblait perdu, une personnalité forte s’est levée et a restauré la France dans sa dignité et sa grandeur. De Jeanne d’Arc à de Gaulle, en passant par Henri IV, Louis XIV ou Bonaparte. Une simple victoire électorale suffira-t-elle ou seront-ce des événements, une réaction forte du corps social qui permettront de redresser la France ? Mais soyons-en sûrs, elle se redressera car le mot fin n’a pas encore été apposé sur la dernière page du grand livre de son Histoire.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR





































70 commentaires
… mais il est fort à craindre que, pour suffire, la victoire électorale doive s’accompagner d’un acquiescement général.
N’en déplaise aux » frexiteurs » , aux Retailloman, Zemmourien et toute la clique de la droite libérale Européiste, seul le RN est capable de gagner l’élection présidentielle en 2027. Alors, au lieu de faire des » plans sur la comète » avec des petits candidats insignifiants ( au niveau électoral) il serait judicieux, pour le bien de tous, de porter le RN au pouvoir. Lui seul pourra s’attaquer au monstre Européen et faire changer les choses dans ce pays. Ne pas le comprendre… c’est donner la victoire une nouvelle fois à ceux qui ont mis la France dans la mouise… Gauche-centre-droite. Il ne faudra pas se tromper en 2027…
Nous sommes d’accord mais le RN a t il envie :
de sortir de l’Europe qui nous ruine et nous empêche de prendre de bonnes décisions dans l’intérêt de notre pays .
De supprimer le conseil constitutionnel qui nous oblige de garder une politique socialiste …
Sinon aucun changement ne sera possible.
Les électeurs et sympathisants des droites nationalistes doivent imposer leur programme et les réformes qu’ils souhaitent, et non aux leaders de ces partis d’imposer leur volonté.
Pour rassembler vous commencez par taper sur ceux que vous voulez rallier… Plutôt qu’un slogan , donner des arguments, des analyses. Pour moi le RN a tout faux. Il a tout abandonné de la souveraineté de la France. Il s’est raccroché au système. Un RN au pouvoir fera du « Melloni ». C’est à dire une politique pro système avec quelques petits marqueurs pour rassurer ses fans. Mais dans le fond, c’est la même fuite vers une UE fédérale et totalitaire. Quant à Bardella, je le trouve pathétique avec ses phrases toutes faites. C’est un Macron bis.
Tout à fait d’accord avec vous, Cyrano 24.
Une victoire dans les urnes n’est rien que des bouts de papiers dans une boîte. C’est ce qui vient après, et si le RN passe il faudra un gouvernement décidé et aux nerfs d’acier, car les grèves, les peaux de banane, les « résistances » vont pleuvoir. Il lui faudra une majorité absolue, seule façon d’en finir avec les années de socialisme Hollande et Macron. Car si c’est pour reconduire la situation actuelle la France coulera, qui qu’elle ait mis à l’Elysée et à Matignon.
En 2027, on nous imposera un inconnu lancé comme un paquet de lessive avec de fausses informations, et une lourde chape de désespoir retombera sur le pays. Un peu comme pour l’élection de Pompidou en 69. Le nouveau s’appellera Tartempion, et les USA sont en train de lui brosser le costume dans le placard, et coucou, ce sera lui !
Il ne faut surtout pas considérer que tout est « foutu » ! C’est une posture facile qui dispense de résister. Le redressement de la France ne peut venir que des urnes. Quelle autre perspective ? Veut-on une révolution sanglante comme en 1789 ? Dans le désordre ambiant, ce serait un mouvement issu de LFI qui gagnerait à coup sûr à cause de sa violence et qui mettrait la France plus bas que terre.
La grande difficulté sera de donner une majorité législative à un vainqueur de droite. Votons, votons ! il n’y a que cela d’utile !
Cherche désespérément » une personnalité forte » , souverainiste, qui se lèvera » pour restaurer la France dans sa dignité et sa grandeur »….
Il faudra avant tout, sortir de cette Union Européenne mortifère, et plus d’un mandat électoral, tant la tâche sera lourde.
FREXIT !
Le Frexit n’est plus une idées farfelue. Elle est devenue une option incontournable. Il faut l’envisager, car l’UE va nous savonner la planche autant que se pourra.
Bel optimisme de la part de monsieur Buffeteau …
Un redressement est toujours possible, certes ! mais il faudra plus qu’un homme providentiel aux manettes.
Macron est en train de miner soigneusement le terrain en plaçant des pions aux commandes stratégiques, quelques copains copines pas forcément compétents mais adhérents à son wokisme de gauche, et LFI est bien là en embuscade prêt à toutes les agitations et gesticulations pour discréditer le nouveau Président, sauf si c’est Merluche bien entendu !
Les Français ont pris goût au laxisme, la facilité, les 35h, les loisirs, la retraite à peine rentrés dans la vie active… Ce sera le plus dur à corriger cette attirance pour le moins travail mais plus de pouvoir d’achat !
Merci Monsieur Buffetaut. Dans ce domaine « Mais la France se redressera », je ne voudrais pas comparer notre jeune maire de 29 ans qui a bouté dehors un maire DVG en place depuis des décennies pour notre ville de 9000 âmes dans les Yvelines, mais lui rendre hommage et le féliciter pour son engagement à faire « autre chose »
Il n’y a qu’une seule chose qui peut sauver la France c’est d’élire un souverainiste qui nous sort de l’UE ou alors la gabegie continuera, avec le RN rien ne changera, ou pas grand chose en tout cas.
Tout à fait d’accord.
Nous pleurons sur des effets, mais jamais sur les causes.
Depuis le a décentralisation, il a été mis en place des petits Seigneurs locaux, avec a leur disposition, pléthore de moyens et surtout de personnels.Les indemnités de ces gens , Président de ceci , président de cela, adjoints j’en passe et des meilleurs, coûtent une petite fortune à chacun de nous.
Nous devons probablement être le pays d’Europe qui dépense le plus pour cette caste. Comment ne pas vouloir un changement dans ce pays, lorsque l’on sait qu’un Président de région emarge plus de 6000€/mois, les adjoints plus de 3700, sans compter le reste, et les privilèges.
Cette France à besoin de réformes profondes, et cesser de vouloir revenir au temps des princes, comtes et autres.
Ce que vous dites est vrai. Mais il y a trop peu de personnes qui veulent le voir. Nous allons vers une UE totalitaire qui n’a plus d’opposition…
Il faudra nécessairement passer par le frexit pour retrouver la souveraineté. Enfin, la Justice doit arrêter de traiter des faits d’opinion et donc abroger toutes les lois concernant la pensée quelle qu’elle soit. Ainsi, cette même Justice aurait le temps pour s’occuper de vraies affaires.
Il me semble que le seul parti qui ait compris que les urnes n’étaient pas la solution, ne seraient pas la solution, c’est bien LFI, qui a ouvertement déclaré ne pas avoir à s’y soumettre ! Tout est dit ! Nous aussi, autant que nous sommes, nous savons, par expérience, que les urnes sont une boite de pandore, où les tripatouilleurs gouvernementaux, les partis de l’Extrême Centre, de la gauche molle, y font leur marché et leur cuisine! Et puis, Sarkozy ne nous a-t-il pas démontré ce que le pouvoir pouvait faire d’un vote, et d’embrouilles et carambouilles, arriver à lui faire donner une résonnance totalement opposée à la voix exprimée ! Le ton est donc donné, et comme dans le Faust de Gounod, c’est LFi qui mène le bal, qu’on le veuille ou non. Sachons en tenir compte, si nous ne voulons pas nous retrouver chez Chavez et/ou au goulag …Rappelons nous ce que les bolchevistes firent en leur temps !
Commencez par voter correctement , on verra après .
Malheureusement le vote alimente un système qui trahit quotidiennement ceux qu’il prétend servir, mais nourrit grassement ceux qui prétendent gouverner.
Le bulletin de vote n’est pas une arme de souveraineté, il n’est qu’une pièce glissée dans une machine qui a déjà décidé de sa trajectoire.
Une fois au pouvoir, les figures dites » opposées » défendent les mêmes piliers Intouchables : traités européens, politique dictée par l’UE .
Il faut sortir de cette UE. FREXIT !
C’est certain, ce ne sont pas une, voire deux, victoires si l’on inclut l’indispensable victoire aux législatives, qui changeront l’état de notre pays, tant la tâche et le mal sont gigantesques et profonds. Cependant, espérons que cette majorité permettra des réformes économiques et sociétales courageuses et que le parti qui en sera l’instigateur apportera un nouvel élan d’espoir à tout un peuple qui pourrait alors se poursuivre en 2032, voire avant, lors d’élections intermédiaires. Mais une chose est certaine, c’est qu’à défaut de majorité parlementaire nous aurons le FMI ou une certaine forme de révolte civile en guise de redressement ou d’effondrement. Que les électeurs indécis, incrédules ou abstentionnistes gardent bien cela en tête avant d’aller ou pas voter.
Oui, ce suicide collectif est aussi accablant qu’incompréhensible. Mais il est bien là. Inutile de le nier.
Merci M. Buffetaut !