a dévoilé sa stratégie pour 2022. Après examen des forces en présence au sein de son parti, il se rend à l’évidence : le combat ne pourra être gagné. Partant de là, son plan d’attaque se dessine : éviter un affrontement perdu d’avance et passer dans le camp adverse qui aura eu la bonté d’aménager un strapontin aux généraux en panne d’électorat. En patois niçois, la tactique s’énonce ainsi : « Pour ne pas gâcher tous les talents de la droite, passons un accord avec pour qu’il soit notre candidat commun à la présidentielle et que ceux-ci puissent participer au redressement de notre pays. »

Rappelant les pirates d’Astérix qui préfèrent saborder leur navire plutôt qu’affronter les gaulois, le maire de Nice, du haut de son poste d’observation, aperçoit les troupes macroniennes et crie à la cantonade : « Les mama, les crocro, les macroniens ! Plutôt se joindre à eux que sombrer dans les abysses de la politique ! »

Mais Christian Estrosi n’est pas du bois dont on fait les radeaux de La Méduse. Il y a un bémol à cette rémission précoce : « Bien évidemment, il y a des conditions et cela doit se faire sur la base d’un projet commun. » Le mot d’ordre pour la campagne 2022 pourrait être « Parce que c’est notre projet !! » avec deux points d’exclamation au lieu d’un seul. Le Président acceptera-t-il cet apport des Républicains ?

Outre cette épineuse affaire de ponctuation, l’unificateur niçois affirme qu’une entente entre LR et LREM est possible si Emmanuel Macron reprend les engagements de la droite visant à « agir avec force pour établir l’autorité et l’ordre ». Les Républicains disposent, en effet, d’un Kärcher™ état neuf. Encore dans son emballage. La majorité présidentielle ne saurait rester insensible à une telle chance.

Enfin, du haut de sa mairie où flotte désormais le drapeau blanc, Christian Estrosi appelle le chef de l’État à faire « le choix de s’appuyer sur des compétences de la droite et du centre, face à la gauche ». Lors du second tour qui pourrait opposer la célèbre gauchiste Marine Le Pen à Emmanuel Macron, Les Républicains feront barrage de leur corps. Ségolène Le Pen ne passera pas.

La brochette pré-primaire composée de Valérie Pécresse, Xavier Betrand, Bruno Retailleau et François Baroin (qui, d’après les météorologues, pourrait se porter candidat avant la fin de l’automne) continue, pour l’instant, à tourner sur son axe. Pas encore complètement grillée. Le grand chef niçois surveille la cuisson. Les convives LREM ont noué leur serviette autour du cou… À quelle sauce les manger ?

À lire aussi

Fabrice Luchini allume le couvre-feu

Luchini a trouvé les mots. …