« L’extrême droite, ce sont les gens normaux » : Elon Musk recadre une journaliste

Le patron de X accuse les médias de transformer des opinions de bon sens en marqueurs d'« extrême droite ».
Trevor Cokley, Public domain, via Wikimedia Commons
Trevor Cokley, Public domain, via Wikimedia Commons

Un recadrage en règle. Au cours d’une interview exclusive accordée, le 23 juillet dernier, au journal britannique The Economist, le célèbre Elon Musk a repris de volée son interlocutrice qui l’accusait de frayer avec des mouvances peu fréquentables. « Vous soutenez non seulement la droite populiste, mais aussi l’extrême droite », a ainsi attaqué la rédactrice en chef Zanny Minton Beddoes, reprenant à son compte la logorrhée de gauche habituelle. « Non, lui a calmement répondu le patron américain. Je soutiens les gens normaux, ceux que vous accusez à tort d’être "d’extrême droite". »

Face à une journaliste décontenancée, Elon Musk a expliqué que les positions aujourd’hui qualifiées d’« extrême droite » étaient encore consensuelles, il y a dix ou quinze ans, et étaient même portées par des gens comme Obama ou Hillary Clinton. « Est-ce vraiment si terrible, de demander à avoir des frontières étanches, des villes sûres, des dépenses raisonnées ? En quoi ces demandent sont-elles "d’extrême droite" ?, a encore appuyé le milliardaire de génie. Et je vous reproche à vous, médias, l’usage absurde de la qualification "d’extrême droite". Cette qualification est fausse et trompeuse. S’il vous plaît, ne coupez pas ce passage au montage ! »

Sur X, le dirigeant du parti Restore Britain, Rupert Lowe, ciblé par la journaliste du Economist lors de l’entretien, a félicité Elon Musk : « Cette "journaliste" essaie de me présenter comme "d’extrême droite" et raciste. Elon la fait taire, ainsi que tous les grands médias, de la manière la plus glorieuse. » En France, de nombreux internautes ont également savouré la séquence, à l’image du journaliste Éric Morillot qui a interpellé le patron du réseau social X avec une pointe d’humour : « Salut Elon Musk, ça ne vous dirait pas de prendre la nationalité française et de vous présenter à la présidentielle en France ? » L'Américain n'a pas encore répondu à l'invitation.

La gauchisation du débat public

Les arguments d’Elon Musk sont justes. Dans la foulée de son interview, une vieille vidéo a refait surface, sur Internet. On y voit un certain Barack Obama défendre, en 2007, des positions qui sont désormais associées, médiatiquement, aux franges les plus nauséabondes de l’échiquier politique. « Cinq millions de travailleurs clandestins ont franchi la frontière depuis que George W. Bush est arrivé au pouvoir. C’est devenu un problème extraordinaire et les Américains sont inquiets parce qu’ils voient leur situation économique leur échapper !, dénonçait alors, sans complexe, le candidat à l'investiture du Parti démocrate. Moi, président, je ferai en sorte que nous ayons enfin les frontières dont nous avons besoin. […] Il faut que cela change ! » Des propos qui n’avaient pas fait ciller la très anti-Trump Hillary Clinton, présente, ce jour-là, aux côtés de Barack Obama.

Le même déplacement du centre de gravité s’est opéré, en France. Ainsi, exiger un contrôle strict de l’immigration et la fin du regroupement familial automatique était la position officielle de Jacques Chirac, dans les années 1980, et du gouvernement Pasqua. Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste, dénonçait, en 1980, « l’immigration officielle » qui faisait concurrence aux ouvriers français. François Mitterrand lui-même tenait un discours prudent sur les seuils d’accueil. Aujourd’hui, ces idées valent à leurs défenseurs une pluie d’anathèmes avilissants.

Même bascule, sur les thèmes de la sécurité ou de l’islam : la tolérance zéro, les peines planchers, la construction de places de prison, la promotion de l’assimilation et de la laïcité relevaient tous du discours républicain classique, avant d’être progressivement vus comme des marqueurs « d’extrême droite ».

La criminalisation du bon sens

Dans les médias dominants, le label « extrême droite » agit comme un sceau d’infréquentabilité : quiconque le reçoit fait immédiatement figure de paria idéologique, de pestiféré dont il faut s’écarter sous peine d’être à son tour contaminé. Cette rhétorique paresseuse vise à discréditer les partis patriotes qui, sur le fond, ne font souvent que défendre des idées de bon sens. À l’inverse, la gauche bénéficie d’une indulgence infinie. Elle n’est jamais qualifiée d’« extrême ». Au pire, elle est « radicale » - terme flatteur qui évoque l’audace et l’insoumission.

Pendant que le peuple penche de plus en plus à droite, le centre de gravité du débat médiatique, lui, a basculé en sens inverse. Un grand nombre de journalistes en viennent à adopter une ligne éditoriale très à gauche, favorable à l’immigration de masse, à l’islam ou à la déconstruction de l’identité nationale. Et, ce faisant, ils creusent chaque jour davantage le fossé entre eux et les Français.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

44 commentaires

  1. Pour les gauchistes, ceux qui ont un autre discours que le leur est automatiquement rangé à l’extrême droite !
    La presse subsidiée fait bien évidement « caisse de résonance » habituelle sachant ou se trouve son intérêt !

Commentaires fermés.

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