Editoriaux - International - Politique - 24 juillet 2014

Chrétiens d’Irak : que la France se réveille !

Ils ont commencé par marquer les maisons chrétiennes du tristement célèbre « ن », le « n » arabe de « nazaréen ». Puis les terroristes de l’État islamique ont distribué un texte dans les rues de Mossoul qui laissait 24 heures aux chrétiens pour « choisir » entre la conversion, l’acquittement d’une taxe inabordable de 450 dollars par mois ou la mort par le glaive. La charia, ni plus ni moins.

Les quelques centaines de chrétiens qui restaient malgré les persécutions déjà réelles depuis de longues années n’avaient plus le choix : ils ont fui vers le Kurdistan irakien, région autonome du nord de l’Irak dans laquelle tant de leurs frères avaient déjà trouvé refuge. Mossoul, ville de deux millions d’habitants, comptait 60.000 chrétiens en 2003, 35.000 avant l’offensive de l’EIIL le 10 juin dernier, probablement plus un seul aujourd’hui.

Et la France, historiquement engagée envers les chrétiens d’Orient, a encore une fois prouvé que son cœur continuait de battre au sein de son peuple mais bien loin de ses « élites » dirigeantes. Si les Français sont nombreux à pleurer sincèrement pour ce peuple que l’on assassine, le monde médiatico-politique, à quelques rares exceptions près, s’illustre encore une fois par son silence assourdissant, qui résonne parmi les déclarations sans effets de la « communauté internationale ». Cette cohorte à l’indignation honteusement sélective continue à abandonner ces premiers chrétiens à leur martyre, après l’avoir largement encouragé par ses choix politiques dans la région.

Silence de François Hollande.

Mardi, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, était l’invité du 20 heures de TF1 : toute l’actualité internationale passée en revue, pas un mot sur cette purification religieuse organisée.

Mercredi, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, tweetait : « Quand on est républicain, on ne distingue pas entre les enfants de Gaza, les chiites de Mossoul et les jeunes Syriens… » Impossible de croire qu’il ait « oublié » les chrétiens.

Bernard Cazeneuve est celui qui affirmait en 2012 qu’évoquer les racines chrétiennes de la France, c’était « faire une relecture historique frelatée » qui a « rendu la France peu à peu nauséeuse » et « brader l’héritage laïque de la France ». Le même qui écrivait le 7 juillet dernier : « Les musulmans sont partie intégrante de notre roman national »… Il est seulement l’un de ces ministres qui taisent les persécutions chrétiennes au nom de la laïcité tout en participant à la rupture du jeûne du ramadan au nom des valeurs de la République, feignant d’ignorer que si la République est laïque, la France est chrétienne.

Nos dirigeants ne disent rien lorsque des chrétiens (ainsi que les autres minorités) sont chassés de leur terre à cause de leur foi et continuent à se taire lorsque les bannières de l’État islamique sont brandies dans nos villes par des manifestants qui ne défilent malheureusement pas tant pour Gaza que contre la France…

À l’heure où les départs de djihadistes « français » pour la Syrie explosent et que leurs drapeaux flottent dans nos rues, ce silence de nos gouvernants n’est pas seulement complice des pires horreurs faites aux chrétiens en Irak comme ailleurs, il est responsable et coupable de ce qui pourrait fort bien être notre avenir. S’ils détournent le regard quand d’autres déclarent la guerre, c’est au peuple de France de se réveiller !

Mercredi, un chrétien irakien qui a fui Mossoul pour se réfugier à Sarcelles confiait au Figaro : « Nous sommes partis d’Irak pour fuir les islamistes et nous les retrouvons ici. » Lui sait exactement de quoi il parle.

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