Depuis des mois, la tension ne cesse de grimper entre la et les États-Unis. Depuis la crise du Covid-19, nous entrons dans une nouvelle guerre froide que d’aucuns veulent attribuer à la diplomatie de Trump, mais qui est en réalité inévitable : la Chine, accusée d’être responsable de la pandémie, fait tout pour éviter d’être traduite au banc des accusés et, pour cela, engage un rapport de force, y compris sur le terrain militaire. Xi n’hésite plus à rouler des mécaniques, montrer sa force et multiplier les bravades pour bien faire entendre que son pays ne se laissera pas faire.

Récemment, c’est au large de l’île américaine de Midway, hautement symbolique puisque terrain d’une célèbre bataille remportée par l’armée américaine pendant la Deuxième Guerre mondiale, que la flotte chinoise s’est déployée, véritable parade belliqueuse destinée à faire peur et à afficher sa détermination. Depuis maintenant des mois, la flotte chinoise investit la mer de Chine, multiplie les manœuvres, en particulier au large de Taïwan, se montre agressive (et une frégate française en a fait les frais, il y a quelques semaines) : Taïwan est revendiqué par Pékin comme territoire chinois et c’est dans ce contexte que le régime affirme désormais ouvertement ses intentions de récupérer l’île au plus vite.

En face, les États-Unis répliquent mais plutôt sur le terrain économique. Les sanctions qui devaient suivre la « normalisation » forcée de Hong Kong tardent à se mettre en place, faute d’une véritable fermeté commune des Occidentaux. Alors, Trump attaque en poussant les entreprises américaines et européennes à quitter la Chine. Des sanctions sont désormais prévues pour les entreprises qui externalisent en Chine ; elles pourraient se voir exclues des marchés publics américains. Trump appuie aussi sur le « Réseau de prospérité économique » destiné à pousser les entreprises occidentales à retirer les usines de Chine pour les installer dans des pays « amis » : Vietnam, Inde, Thaïlande… Il s’agit de détacher l’économie américaine de sa dépendance à la Chine. Tout est, également, entrepris pour combattre l’installation de la 5G Huawei, qui mettrait entre les mains de Xi la bonne marche des automatismes des pays occidentaux, mais aussi une part vitale du renseignement.

Mais beaucoup de pays sont réticents à suivre Trump sur ce terrain : la dépendance à l’égard de la Chine, au niveau des approvisionnements industriels, ou du marché intérieur, est très forte et beaucoup d’entre eux craignent de voir leurs économies déjà très affaiblies par le Covid-19 prendre un coup supplémentaire en engageant un bras de fer avec la Chine. Si le Royaume-Uni a exclu définitivement Huawei de son territoire, la France comme l’Allemagne restent dans une certaine expectative, notamment concernant le développement de la 5G : les deux pays ont annoncé ne pas vouloir bannir complètement la firme chinoise de leur marché. L’épreuve de force qu’engage Xi semble fonctionner : devant les menaces qu’il déploie, le front occidental résiste assez mal, si tant est qu’il ait jamais existé. D’autant que cette politique de fermeté est, aujourd’hui, suspendue à une réélection de Trump, qui est assez incertaine à l’heure où nous parlons.

Dans cette affaire, l’Occident, États-Unis en tête, ne peuvent pourtant faiblir, car le régime chinois étend son emprise sur le monde et sa nature totalitaire est un danger mortel pour notre civilisation. Au-delà des questions de court terme, il est grand temps que nos pays réagissent unanimement aux ambitions de la Chine et se décident enfin à répondre aux provocations de Xi : il en va de l’équilibre du monde et de notre liberté à tous.

11 septembre 2020

À lire aussi

Inflation lassante de commémorations

Le régime à bout de souffle se réfugie dans la pompe... …