Editoriaux - Politique - 19 mai 2019

Chic, une élection où l’on peut oublier le vote blanc !

Il y a deux ans, la conjoncture électorale du second tour des présidentielles plaçait nombre d’électeurs dans une situation très inconfortable, sinon cornélienne : avoir à choisir entre deux candidats finalistes qui ne répondaient pas à leur sincère attente !

Plutôt que voter tristement, ou honteusement par défaut, voire comme beaucoup, paresseux ou fatalistes, s’abstenir – 12 millions ! -, les citoyens déterminés déposaient un bulletin blanc dans l’urne. Une belle troupe revêche, mais néanmoins désappointée, représentant 8,5 % des votants !

Revanche d’une démocratie dynamique et pétulante, le prochain scrutin nous offre une palette incomparable qui permet un choix particulièrement nuancé, nonobstant l’emphase médiatique relayant le projet prioritairement alternatif prêché par Macron lui-même, depuis une estrade étrangère.

Car, chic, on a le choix entre 34 listes ! Un vrai de jeu de massacre offert aux citoyens français. Je m’étonne que les abstentionnistes, dont on nous annonce un nouveau record, ne soient pas attirés par cet exercice facétieux qui leur est proposé.
Certes, il est plutôt malaisé d’y voir clair pour taper dans le tas ! La campagne n’est guère pédagogique, les premiers de cordée, pour la plupart inconnus ou peu télégéniques. Et, surtout, l’objet principal de leur mise en scène est assez confus, dans l’esprit si cartésien des citoyens hexagonaux.

Le curieux impatient, qui tient à remplir son devoir électoral avec la meilleure connaissance et analyse de l’enjeu est, jusqu’à ce jour, un tantinet frustré. Les longs panneaux d’affichage montés devant les mairies et bureaux de vote, tels une muraille de Chine, sont peu illustrés et présentent pour beaucoup une triste réponse aveugle et grise à l’interrogation du quidam zélé.

De même, le courrier volumineux des professions de foi qui va, selon la coutume, engorger les boîtes aux lettres n’est pas encore parvenu aux destinataires. Toutefois, ces enveloppes seront délestées des documents et bulletins que beaucoup de petits néo-postulants n’ont pas imprimés par manque de ressources financières. Défections qui, paradoxalement, ne doivent pas manquer de ravir les écologistes, soucieux de la déforestation résultant de ces tonnes de papier vouées aux poubelles. À moins que les syndicats de ramassage en fassent un recyclage intelligent ?

Mais fort heureusement, les tables des bureaux de vote, plus longues que jamais, offriront un second exemplaire des nombreux bulletins disponibles aux électeurs.

Sauf pour le citoyen excentrique qui ne trouverait pas le sésame de son micro-parti mort-né, il faudra alors être de particulière mauvaise foi pour ne pas cueillir celui répondant au plus près à ses convictions sans se soumettre au diktat des sondages ou des préconisations macroniennes.

Ce qui me prémunira, contrairement à mai 2017, du recours au vote blanc !

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