Economie - Editoriaux - Social - 28 août 2019

Chantier de la rentrée : Macron cache le menhir des retraites

La réforme des retraites est l’un des chantiers sensibles que le gouvernement va attaquer à la rentrée.

Pour convaincre le futur retraité, on l’associe à la fabrication de la potion, autour du chaudron frappé des mots « équilibre », « égalité », « justice ». Des fumets s’échappent et dessinent un chemin vers une retraite personnalisée, avec des choix, comme une carte au restaurant, où le meilleur possible est à portée de toutes les bourses. En réalité, la carte ne contient qu’un seul menu pour les futurs petits retraités.

La réforme des retraites est pourtant nécessaire. Astérix-Macron a raison.

Pour moi, elle doit tendre, d’une part, vers un régime unique en supprimant ceux qui n’ont pas ou plus de raisons d’être spécifiques (SNCF, par exemple), en maintenant en revanche des particularités pour les services spéciaux (ceux qui risquent leurs vies pour leurs concitoyens au quotidien : pompiers, pilotes de Canadair, secouristes en mer, policiers, gendarmes, militaires…). D’autre part, l’intégration des régimes miséreux des travailleurs courageux, comme nos auto-entrepreneurs, et nos agriculteurs (MSA) serait une excellente mesure.

Cependant, le bon sens ne peut plus admettre ou défendre des idéologies qui offrent une retraite minimale – comparable à celles de ceux qui ont travaillé toute une vie – à des personnes qui ne la méritent pas : la retraite est le départ du monde du travail, celui qui n’y est jamais ou très peu entré n’arrive pas à la retraite, il est en retrait et doit y rester. De même, l’accès à la retraite pour des étrangers n’ayant jamais cotisé est un non-sens.

Le Président serait donc bien inspiré de changer de stratégie pour installer le colossal menhir des retraites, en commençant par séparer l’ivraie du bon grain, en prenant l’initiative de baisser les retraites d’en haut, celles du bas étant appelées à baisser d’ores et déjà, et de parler vrai sur le menu. Il faut travailler plus longtemps si l’on veut, avec bonus, partir à 62 ans sans sanctions (déjà existantes depuis janvier) et, enfin, garantir une conversion du point de retraite équitable afin que ce point ne devienne pas une variable d’ajustement économique, sujet passablement évité jusqu’à présent et pourtant essentiel : à quoi sert-il de cumuler des points si leur conversion reste aléatoire, pour conserver le fameux équilibre ?

Il n’est pas judicieux de prendre les futurs retraités pour des truffes.

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