Le gouvernement a décidé d’inciter le Conseil français du culte musulman (CFCM) à s’autodissoudre pour être remplacé, à terme, par le Forum de l’ en France (FORIF). Cette décision est à saluer. Le CFCM, une création de Nicolas Sarkozy, a échoué car cette institution n’a de français que le nom. Il a été le lieu d’affrontements, de rivalités entre les communautés musulmanes nationales étrangères, qui deviennent des rivalités de pouvoir entre l’Algérie, le Maroc et la Turquie pour contrôler le CFCM, ce qui est une ingérence inqualifiable, contraire à notre souveraineté.

La seule question qui se pose est de savoir pourquoi le gouvernement a tant tardé à y mettre bon ordre ? Par crainte de provoquer des accusations d’islamophobie ? Peut-être, mais plus certainement par crainte de dégrader nos relations avec les États du Maghreb et de devoir prendre parti dans les querelles algéro-marocaines, sans citer les relations tendues avec la Turquie. Face à ces luttes idéologiques, le gouvernement se propose de créer le Forum de l’islam en France. Le FORIF abandonne les pour ne retenir que la sélection, par les préfets, de musulmans engagés dans chaque département, une sorte de cooptation administrative qui va retenir les musulmans faisant preuve d’un réel dynamisme ; cela rappelle le choix du roi…

Communautarisme en puissance

Le FORIF, inspiré du modèle allemand – Deutsche Islam Konferenz –, traiterait de la gestion des aumôniers musulmans, de la formation des imams, de l’application du droit islamique en respectant la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, et du recensement des actes antimusulmans. Tout cela mérite réflexion. Si on ne peut qu’applaudir à la dissolution du CFCM, qui a institutionnalisé les ingérences étrangères, pourquoi vouloir à nouveau organiser et réglementer la religion musulmane ? Pour être clair, le FORIF, en regroupant les musulmans dans une nouvelle institution, va recréer une communauté ; c’est du communautarisme en puissance et le risque est d’autant plus certain qu’il existe autant d’interprétations de l’islam qu’il y a de musulmans.

De plus, confier au FORIF le recensement des actes antimusulmans est d’autant plus singulier qu’il s’agit là d’une fonction régalienne qui relève du pénal. Au lieu de traiter les musulmans comme un communauté, il est impératif de les considérer comme des citoyens et ne pas les regrouper dans une institution. C’est à eux de se prendre en charge dans le strict respect des lois, sauf à encourir de fermes sanctions ! Tout citoyen français doit respecter les lois de la République, c’est l’axiome de base ; on ne regroupe pas les bouddhistes, les agnostiques ou les mécréants dans une institution : ils respectent les lois ou ils sont sanctionnés. Il convient de faire la même chose pour nos compatriotes de confession musulmane. La citoyenneté est le fondement de la République. On n’est plus au temps de Bonaparte qui a contraint les juifs dans une communauté spécifique. Le FORIF est voué à l’échec, risquant à nouveau de renforcer le communautarisme. C’est une faute.

25 janvier 2022

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