Toutes les périodes troublées de l’Histoire ont vu émerger de nouvelles professions. Avec la succession d’attentats qui a ensanglanté l’Europe ces dernières années est apparu le métier de déradicalisateur.
 
On ne sait pas exactement quelles compétences sont requises pour exercer une telle activité, mais on devine qu’il faut posséder une connaissance approfondie de l’islam et des ressorts de la psychologie humaine. À ce stade, on a surtout l’impression que le métier est ouvert aux charlatans en tous genres – en France, Dounia Bouzar a engrangé de nombreux subsides, pour déradicaliser « sans piper mot sur les versets les plus violents du Coran », selon Alexandre Mendel dans La France djihadiste.
 
En Belgique, une des déradicalisatrices les plus en vue est une convertie qui officie dans un haut lieu du salafisme. Cela ne s’invente malheureusement pas.
 
Virginie Leblicq, « d’origine belgo-belge », comme elle aime se présenter sous le voile qu’elle arbore fièrement, possède son bureau dans la grande mosquée située dans le parc du Cinquantenaire, en plein cœur de Bruxelles. Le bâtiment fut offert par le roi Fayçal d’Arabie saoudite en 1968 afin d’être le navire amiral de l’islam en Europe.
 
En réalité, il deviendra vite le cheval de Troie du salafisme en plein cœur du quartier abritant les institutions européennes. Les autorités, pourtant, ont toujours fermé les yeux afin de ne pas froisser le puissant partenaire saoudien.
 
En son sein, donc, il existe une cellule de où se croisent principalement des jeunes filles revenues de Syrie ou tentées par le grand départ.
 
Pour Virginie Leblicq qui, de son propre aveu, « ne connaissait rien de l’islam » avant d’entrer dans la mosquée du Cinquantenaire en 2005, puis de se convertir en 2007, le terme même de radicalisation pose problème : « Je préfère parler de jeunes qui s’engagent pour des causes, des idéologies qu’ils croient être en accord avec leurs croyances. Je parle plutôt d’engagement que de radicalisation. » D’ailleurs, ajoute-t-elle dans un entretien accordé au site Slate.fr, « beaucoup de jeunes partent avec des visions utopistes ».
 
Dans le cas des femmes qui s’engagent, Virginie Leblicq parle de sentiments amoureux éprouvés pour un recruteur. Même si elle s’en défend, la psychologue en déradicalisation poursuit en jouant sur le registre de la victimisation : « Certaines femmes de confession musulmane estiment qu’il est plus facile d’aller dans un pays musulman que d’être dans un pays où on ne nous accepte pas. »
 
Le profil psychologique des femmes partant accomplir le djihad serait le suivant : « Ce n’est pas une question d’intelligence ou de statut social, on a bien vu que des gens de tous statuts sociaux s’engagent. C’est vraiment une question de fragilité, psychique et émotionnelle. »
 
La psychologue affirme n’avoir eu qu’un seul cas de récidive. Ce sont probablement les vertus du « pacifisme salafiste ».

3 juillet 2017

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