C’est quoi, la bonne entrée pour parler immigration, M. le Président ?

Brigitte Barèges, maire de Montauban, a osé le dire tout haut au Président, que l’immigration produit de l’insécurité. Le président finlandais, Sauli Niinistö pense la même chose et l’a dit aussi : certains ont “amené avec eux l’insécurité”. Le Président Macron lui répond, certes, mais les attentats pour aborder l’immigration, “ce n’est pas une bonne entrée”. 240 morts et un millier de blessés parmi nos compatriotes, ce n’est pas une bonne entrée ? L’immense majorité des auteurs d’attentats islamistes, en France, étaient issus de l’immigration ou migrants eux-mêmes.

Parler de la prison, alors ? Notons que près de 60 % des prisonniers seraient musulmans ou de culture musulmane. Ce sont les chiffres donnés dans un rapport parlementaire par le député Guillaume Larrivé en 2014. Notons, aussi, qu’en 2017, selon le ministère de la Justice, 22 % des détenus français étaient étrangers, soit environ 15.000 personnes. Et sur ces 15.000 détenus, 32 % étaient originaires du Maghreb.

Le travail serait alors une bonne entrée ? Les musulmans sont victimes de discrimination à l’embauche, disent certains. Denis Maillard, sociologue, explique pourtant que la majorité des conflits religieux en entreprise sont liés à l’islam. Ça a pu donner la crèche Baby Loup ou encore l’usine Peugeot d’Aulnay, qui a dû fermer parce que « les rites musulmans ont plombé la productivité ». C’est l’UDI Jean-Christophe Lagarde qui l’a dit. Cela montre bien, d’ailleurs, que les entreprises embauchent des musulmans. On comprend qu’avec le temps et le renforcement des revendications, comme le dit toujours Denis Maillard, certains soient devenus un peu frileux. En revanche, des musulmans pratiquent le communautarisme à l’embauche, comme le montrent les nombreuses annonces d’offres d’emploi en direction de bouchers halal, dans des quartiers communautarisés, cela en toute transparence et, surtout, en toute impunité.

Les quartiers sensibles, alors ? Ils sont près de deux cents, dont une trentaine très sensibles, des endroits quasiment interdits aux non-musulmans. La mosquée Omar et la rue Jean-Pierre-Timbaud, alors ? Non, c’est une enclave salafiste, écrit Marianne. Ce n’est pas, non plus, une bonne idée de parler de cela.

Non, l’intégration se fait par l’école. Manque de chance, globalement, les enfants nés en France de parents immigrés réussiraient moins bien. Ainsi, selon une étude de l’INED et de l’INSEE, en 2016, 55 % seulement des descendants d’immigrés (ou immigrés arrivés avant 6 ans) étaient bacheliers. Cette étude, dont Le Monde rendit compte, soulignait le “phénomène de ghettoïsation des fils d’immigrés venus du Maghreb, d’Afrique subsaharienne ou de Turquie”. On pourrait aussi évoquer, en guise d’illustration des difficultés quotidiennes, ce lycée Gallieni de Toulouse où les enseignants ont clamé leur désarroi face à des situations intenables dans une enceinte scolaire, et leur impossibilité à tenir des élèves en grande difficulté sociale et scolaire, pour la plupart issus de l’immigration. Certains étaient suivis par la Justice et avaient instauré leurs propres lois et des « espaces de non-droit ».

Si on suit bien la pensée du Président, tout cela, au fond, serait dû au racisme des Français. Il semble que ce discours tourne en boucle depuis trois ou quatre décennies, et non seulement rien n’avance, mais les choses sont en train d’empirer. Il est, effectivement, temps que l’immigration devienne un sujet de discussion avec les citoyens, à condition toutefois que la réalité soit regardée en face. On aimerait qu’Emmanuel Macron nous donne la bonne entrée pour parler d’immigration…

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