Rien de plus beau qu’un pays, une langue, une littérature, une culture, une histoire. C’est cela, l’identité. Ce n’est pas sur Boulevard Voltaire que l’on me démentira.

Et, depuis des années, en , le débat fait rage sur l’indépendance de la Catalogne. Les indépendantistes au pouvoir ont décidé d’organiser un référendum, le 1er octobre, référendum jugé illégal par la plus haute juridiction espagnole.

En Catalogne, ces derniers temps, l’actualité se partageait en deux sujets : l’indépendance, donc, et le rejet des touristes… Que certains, au nom de l’identité, rejettent le tourisme de masse, on peut le comprendre. Même s’il est quand même un peu tard pour s’en rendre compte, après quarante années de fuite en avant, avec bétonnage des côtes, construction de parcs d’aventure, de marinas et de discothèques géantes. Et même si c’est aussi un peu hypocrite de cracher sur ces milliards d’euros qui se se sont déversés sur l’économie…

Et puis à Barcelone, à Cambrils, les frères Oukabir et quelques autres sont venus rappeler que la Catalogne rêvait, planait, délirait, oubliant de regarder son plus gros problème. Qui est aussi le nôtre, celui de tous les pays européens, et même de toutes ces régions qui croient avoir une identité forte mais qui, visiblement, ne l’ont pas si bien défendue… Car on peut ne jurer et ne parler qu’en catalan, militer hystériquement pour l’indépendance de la Catalogne et participer en même temps à la destruction de l’identité catalane.

L’ et la culture musulmane qui avancent et s’imposent à Reus, à Gérone, à Tarragone et dans toutes les villes de Catalogne font-ils partie de l’identité catalane ? Le fait qu’un tiers des 300 mosquées de Catalogne sont aux mains des salafistes est-il acceptable ? Avions-nous oublié que les « cerveaux » du 11 septembre s’étaient réunis à Reus il y a quinze ans, déjà… ?

Cette terre n’a-t-elle pas été façonnée, spirituellement et culturellement, par le christianisme ? N’a-t-elle pas eu le privilège historique inouï de voir débarquer, il y a plus de mille ans, à Sant Pere de Rodes, des artistes venus de Lombardie et qui ont fait émerger de la pierre des figures et un art exceptionnel, ce roman qui s’est ensuite répandu partout en Espagne et en France ? Et mille ans qui ont abouti à Gaudí et sa Sagrada Familia, toujours inachevée d’ailleurs. Quel symbole au passage … Et j’apprends à l’instant que ces islamistes avaient prévu initialement de faire sauter trois voitures piégées, dont l’une visait précisément la Sagrada Familia…

Quand les Catalans sincères, de souche ou d’adoption, seront enfin capables de répondre en vérité à ces questions essentielles, alors, oui, l’indépendantisme catalan sera crédible.

Mais, nous diront ses partisans, l’identité de la Catalogne s’est forgée dans son combat contre le nationalisme espagnol, son ADN, c’est la lutte contre le franquisme et le fascisme. Réducteur, évidemment, car l’identité catalane n’est pas née en 1936. Et d’ailleurs, chère Catalogne, une dernière question : où est-il, le fascisme, aujourd’hui ? Où sont-elles, les chemises noires qui veulent imposer leur loi dans le sang ? Qui, aujourd’hui, crie « ¡Viva la muerte! » sur les Ramblas ? Quelle est cette idéologie contre laquelle il faudrait enfin te battre si tu avais la lucidité d’Orwell dans son Hommage à la Catalogne ?

Quand le régionalisme et l’indépendantisme ne sont que des prétextes pour piétiner une identité véritable et ouvrir grand la porte à une culture non seulement allogène, mais surtout hostile et destructrice, alors ce sont des mensonges criminels.

19 août 2017

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