Castres : la mairie RN refuse la programmation d’une pièce de théâtre pro-migrants

« C’est une pièce idéologique et militante totalement orientée pro-migrants », témoigne, auprès de BV, un spectateur.
Passeport

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© Alexis Michalik, Théâtre de la Renaissance
Passeport Credit © Alexis Michalik, Théâtre de la Renaissance

La gauche mange son chapeau. Car le RN s’est lancé à corps perdu dans le combat culturel. Dernier exemple en date, la pièce pro-migrants Passeport, déprogrammée par le nouveau maire mariniste de Castres (Tarn).

Elle devait être jouée en février 2027. Mais Florian Azéma en a décidé autrement. Passeport ne sera pas jouée à Castres (Tarn). À 29 ans, le nouveau maire de la commune de 42.000 habitants assume, auprès d’ICI Occitanie. « Il y a eu un changement de majorité. C'est du rôle et des prérogatives des élus de faire une programmation culturelle [...] Nous avions la totale liberté de revenir sur cette programmation. » Car aucun accord contractuel n’avait été signé par la précédente municipalité. Seule une date avait été arrêtée par la majorité précédente. Qui s'était empressée d'imprimer la brochure recensant la programmation annuelle de la commune. L’auteur de l’œuvre n’est autre que le célèbre Alexis Michalik. Sur Instagram, il s’étrangle, tirant la sonnette d’alarme. « La décision d’annuler [le spectacle] est intervenue à la dernière minute, à la demande des nouveaux élus RN de la municipalité. […] Chacun est libre de l’aimer ou de ne pas l’aimer. Mais chacun devrait aussi être libre de le voir. » L’auteur de la pièce à succès Edmond est très ému. « Je m’inquiète pour toutes les œuvres, tous les artistes et tous les programmateurs qui pourraient demain subir le même sort. » Et appelle à la vigilance « face à toute tentative de faire de la culture un outil de section idéologique ».

La gentille gauchiste, le mauvais facho

D’idéologie, pourtant, sa pièce est un modèle du genre. L'œuvre, d’après son auteur, « raconte des parcours d'exil, d'identité, d'intégration ». Elle raconte le parcours d’Issa, réfugié érythréen laissé pour mort dans la jungle de Calais qui a perdu la mémoire et tente d’obtenir un titre de séjour. « C’est une pièce idéologique et militante totalement orientée pro-migrants, témoigne, auprès de BV, un spectateur qui a assisté à une représentation sans en connaitre le scénario. « Le message à la fin de la pièce est très clair : on n’aide pas assez les migrants, on ne fait pas assez d’efforts pour eux. » Inutile d'avoir fait Polytechnique pour imaginer le contenu de l'œuvre. Une jeune fille « gauchiste » qui travaille dans une association humanitaire dans le camp de réfugiés est amoureuse d’Issa, nous raconte le naufragé d'un soir. Le père adoptif du migrant (ce dernier, en fait, n'en est pas un, mais il a perdu la mémoire, rappelez-vous), blanc lui aussi, est dépeint comme « un Français de souche, facho, qui n’est pas ouvert aux migrants ». La pièce est donnée au théâtre de la Renaissance, dans le Xe arrondissement de Paris. « Lorsque le rideau est tombé, nous étions les seuls, avec mon amie, à ne pas être debout pour acclamer les acteurs », soupire le spectateur navré.

« Le RN n'a pas vocation à perpétuer le gauchisme »

Face à cette nouvelle « censure », la gauche est en apoplexie. « Partout, quand elle arrive au pouvoir, l’extrême droite s’attaque immédiatement à la culture », s’émeut la députée d’extrême gauche Clémentine Autain. « L’accès par le sensible à notre humanité commune, voilà ce que le RN combat », explique la parlementaire face au synopsis de Passeport. « La cancel culture, c'est d'extrême droite », s’indigne le maire écologiste du XIe arrondissement de Paris. « On est même plus surpris. Mais chacun est prévenu », constate, écœuré, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

« La politique culturelle est le choix des élus », justifie, auprès de BV, Xavier Fruleux, le directeur de cabinet du maire de Castres, qui dénonce un « faux procès ». Côté RN, on se réjouit. « Le Rassemblement national n'a pas vocation à perpétuer le gauchisme. Bravo à ce maire qui respecte la volonté de ses électeurs », jubile l’ancien député mariniste Grégoire de Fournas. « Qui imagine la gauche financer une représentation théâtrale qui promeut les bienfaits du nucléaire ? », ironise, quant à lui, le député de Moselle Alexandre Loubet.

Les exemples se multiplient, dans les mairies tenues par le Rassemblement national. À Vauvert, dans le Gard, le maire, Nicolas Meizonnet a annulé une exposition de photos réalisée par un artiste mélenchoniste. À Carcassonne, Carpentras, La Flèche, les édiles RN coupent les subventions aux structures militantes, idéologisées, au service de l'immigration clandestine et de l'idéologie woke. Des amuse-bouche avant l'élection présidentielle où le RN se présente plus fort que jamais.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

71 commentaires

  1. Bravo à tous ces maires ! je suppose que ce sont les photos qui posent un problème et non les idées politiques de leur auteur.

  2. Les gauchistes subissent enfin à leur tour ce qu’il savent faire de mieux à savoir interdire. Dans les mairies RN, le ménage économique et culturel a enfin commencé. La gauche n’a déjà pas le monopole du coeur, elle n’a pas non plus celui de la culture. C’en est fini de la propagande anti-France, wokiste, pseudo humaniste par les vecteurs culturels aux frais du contribuable. Espérons une action identique au niveau national à partir du printemps 2027.

  3. « Chacun est libre de l’aimer ou de ne pas l’aimer. Mais chacun devrait aussi être libre de le voir. » dit l’auteur de la pièce. OUI, c’est ce qui devrait se passer dans une vraie démocratie, mais la France n’est plus une vraie démocratie. La liberté d’opinion est bafouée, et la télé, la radio servent de relais de propagande pour la politique européiste de gauche tandis que de des œuvres sont censurées ou critiquées car elle ne plaisent pas à la doxa dominante ; le film « Sacré Cœur » par exemple, ou les spectacles historiques du Puy du Fou, tant décriés par la gauche, et ne parlons pas du « Canon Français ».
    À Sciences Po, on programme régulièrement des conférences avec des intervenants de LFI, Rima Hassan par exemple, mais on n’y verra jamais François Asselineau menant un débat « contradictoire » sur le FREXIT, et on interdit des conférences sur des sujets ou avec des invités qui ne sont pas connotés à gauche. Même dans un lycée agricole, un débat « contradictoire » programmé sur le bilan de l’agriculture française au sein de l’UE et ce qu’entrainerait le FREXIT, a été récemment « interdit » ! … Où est la liberté d’opinion ? …
    Et combien de chanteurs et artistes refusent de donner leur spectacle dans une ville qui a voté RN ?
    Eux, considèrent avoir une attitude éthique en refusant de se produire dans une ville RN. …

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