Cinéma - Editoriaux - Politique - Sport - Théâtre - 13 janvier 2017

Notre capitale Paris n’appartient pas à Anne Hidalgo mais à tous les Français

Au début du siècle précédent, Alphonse Allais faisait rire en disant qu’il fallait construire les villes à la campagne. La fine équipe aujourd’hui au pouvoir à la mairie de Paris n’a pas compris que c’était une blague. Ils voudraient les avantages de la ville et les avantages de la campagne. Les cinémas, les théâtres, les music-halls, les restaurants, mais l’air pur et les petits oiseaux. Les trottoirs propres, les terrasses chauffées, mais pas la pollution. Les taxis, les bus, les métros, mais pas le bruit et pas les odeurs. Habiter la capitale, mais avoir une vie de village.

Ils n’ont pas compris que la pollution est inhérente à la vie ; que tout ce qui vit émet des rejets, de l’herbe qui pourrit en hiver à l’arbre qui perd des feuilles et des branches, sans parler des animaux qui émettent quotidiennement leur lot d’excréments, et qui finissent par mourir.

Ils veulent des transports électriques pour que la production d’électricité se fasse hors les murs de la ville, et la pollution aussi.

Ils veulent une vie sans la vie, une illusion digne de “Belle du seigneur” où tout ce qui n’est pas étincelant doit être caché et ignoré. Ils transforment la ville, lieu de vie humaine par excellence, en parc d’attractions, lieu d’illusions, de fêtes.

Il ne faut pas y manger gras, salé, sucré, il ne faut pas fumer, il faut picoler modérément, il ne faut pas être trisomique, ou en cachette, pas vieux, ou en maison. Et il faut mourir dans la dignité ; ce qui veut dire, dans leur jargon, se suicider.

Cette ville Potemkine ne fait guère illusion à qui prend le RER entre Roissy et Paris et contemple le spectacle sordide de tonnes de déchets tout le long du trajet. Fabius qui voulait relancer le tourisme ne pouvait pas s’abaisser à se préoccuper du ménage à faire. Dommage !

Notre capitale est gérée par le maire Hidalgo comme la copropriété du petit clan de ceux qui l’ont élue.

Ce petit clan, c’est une partie des Parisiens, de ceux qui dorment à Paris et qui y votent. Sont bien évidemment totalement exclus des décisions tous ceux qui ont voté contre elle, qui ont, comme disait André Laignel, “juridiquement tort puisqu’ils sont politiquement minoritaires” !

Mais sont exclus aussi tous ceux qui travaillent dans Paris, la font vivre et sont contraints d’habiter en banlieue.

Et, enfin, sont exclus tous les Français, les provinciaux, les ploucs, les sans-dents.

Pourtant, Paris est la capitale de la France. À ce titre, elle appartient à tous les Français. On ne devrait pas laisser une poignée d’illuminés la gérer à sa guise.

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