Editoriaux - Politique - 18 novembre 2019

Ça va péter ! Alors, on fait quoi ?

Faire simple

Ça va péter ! Tout le monde le dit. Quand ? That is the question… Mais c’est sûr… Alors, il serait peut-être temps de faire quelque chose, Monsieur le Président.

Vous mettez en pratique un triptyque de l’ancien monde : communiquer, légiférer, manœuvrer.

Face à cette chienlit généralisée il faut gouverner, simplement, avec efficacité.

Qu’est-ce que gouverner ? Il faut revenir aux fondamentaux.

Staline et Bodin sont d’accord sur un point. Ce sont les hommes qui constituent le capital sur lequel il faut miser et s’appuyer. Le premier : « De tous les capitaux, le plus précieux, ce sont les hommes. » Le second : « Il n’est de richesses que d’hommes. ». Pareil recoupement mérite qu’on s’y arrête et qu’on en tire des enseignements, sachant que l’un et l’autre ont été de redoutables gouvernants !

Nous avons besoin d’un État qui gouverne les hommes.

D’accord, mais comment ?

Toujours simple : bien commun et principe de subsidiarité.

Paul-François Schira, dont le livre La Demeure des hommes n’a pas eu le succès qu’il mérite, conclut très bien son analyse sous-titrée Pour une politique de l’enracinement par ce qui pourrait être un excellent programme politique du bien commun :

– Assumer le commun.

– Habiter le commun.

– S’ouvrir au commun.

– Servir le commun.

Il y en a assez de ces programmes politiques en je ne sais combien de points, ressemblant à des catalogues de La Redoute, tous plus idéologisés les uns que les autres.

Nous sortons du siècle des idéologies avec son cortège de millions de morts. Ne l’oublions pas. Le pire siècle de l’Histoire. On n’avait jamais atteint un tel niveau de barbarie. Nous avons besoin de pragmatisme. Assez de systèmes. Assez de constructions intellectuelles. Servir le bien commun au sens classique et chrétien.

Le principe de subsidiarité, ensuite. Il a été défini par le cardinal Ratzinger : « Donner la responsabilité de ce qui peut être fait au plus petit niveau d’autorité compétent pour résoudre le problème. » Ce qui revient, finalement, à reprendre à notre compte la formule de Georges Pompidou « Arrêtez d’emmerder les Français ! » en l’étendant à tous les problèmes sociétaux.

Du pragmatisme et du gouvernement des hommes ! C’est tout !

Nous avons besoin d’un président de la République qui aurait un programme simple. Faire travailler les meilleurs à leurs places au service du bien commun. Assumer le commun, l’habiter de manière active, s’y ouvrir en permanence, en tout et partout et le servir afin que les citoyens se retrouvent dans un État dans lequel ils puissent retrouver la confiance ! Limiter les lois nouvelles de manière temporaire au domaine du régalien ; faire une pause !

Un président de la République se fixant pour seule ambition de restaurer le lien entre l’État et les citoyens, d’assurer la paix intérieure et extérieure et de faire régner la justice. C’est la priorité !

C’est sans doute le seul moyen d’éviter que la chienlit ne se transforme en une bombe à fragmentations qui provoquerait une véritable explosion sociale, lourde, très lourde de conséquences.

Le blog de Bernard Hawadier

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