Il faut tout de même oser. Non content de nier la défaite américaine, Biden tente de la transformer en victoire et se félicite de la réussite de l’évacuation des Américains et des Afghans alliés : « Faire sortir 30.000 personnes en un peu plus d’une semaine est un grand succès pour nos forces armées », a-t-il déclaré, le 23 août, depuis la Maison-Blanche.

Il est certain que la réussite est totale ! Le monde entier a pu voir les images tragiques de la panique de milliers de gens envahissant l’aéroport de Kaboul, s’accrochant à un avion militaire américain qui a tout de même décollé (que sont devenus ces malheureux ?) et se bousculant au point que plusieurs personnes sont mortes étouffées, et de l’attentat coordonné du 26 août qui aurait fait plus de 90 morts et 150 blessés. Grand succès, en vérité.

L’Amérique s’est ridiculisée et son président joue encore les fiers-à-bras. Non seulement ses alliés l’ont critiquée – Johnson et Merkel en tête -, mais les islamistes de tous les pays peuvent pavoiser et seront encouragés comme jamais à poursuivre leurs rêves de conquête. Et, une fois encore, les États-Unis ont sciemment choisi d’abandonner un allié. Certes, celui-ci était particulièrement peu sympathique, représenté par des hommes lâches et corrompus qui se sont tous enfuis. Mais après tout, qui les avait choisis ?

Ce déni confine au grotesque et vient après un mensonge éhonté. Le 16 août dernier, Biden avait en effet déclaré : « Notre mission en Afghanistan n’a jamais été de construire une nation. Elle n’a jamais été censée créer une unifiée centralisée. » Là encore, rien n’est plus faux. Si l’Amérique est restée si longtemps, c’est précisément pour bâtir un nouveau pays. Le renversement du régime taliban avait été une promenade de santé de quelques semaines. Or, c’est précisément la volonté de créer un Afghanistan démocratique qui avait conduit à une présence de vingt ans et une pluie de milliards de dollars répandue pour rien.

Bien évidemment, Donald Trump ne s’est pas privé de s’engouffrer dans la brèche béante du fiasco de l’administration Biden. L’occasion était trop belle et l’ex-président (qui rêve de le redevenir) a déclaré : « La plus grande erreur de Biden a été de ne pas comprendre que les militaires doivent être les derniers à partir et non les premiers. Les civils et le matériel doivent être évacués en premier, puis, lorsque tout le monde est parti, les militaires s’en vont. C’est simple, et pourtant ça n’a pas été fait. » Ce jugement est tout à fait exact, mais Trump n’est tout de même pas le mieux placé pour faire la leçon car c’est bien lui qui a initié le départ américain et qui a notamment demandé au gouvernement afghan de libérer des milliers de prisonniers talibans sans aucune contrepartie.

Pour les Européens, ce désastre pourrait être l’occasion de prendre un peu de champ et de ne plus être un valet de l’Amérique par la création d’une politique enfin autonome. Le G7 qui vient de se tenir en visioconférence (on évitera le terme pénible de distanciel) augure malheureusement mal de l’avenir. Le communiqué commun publié le 24 août est réellement affligeant. Il demande aux talibans « d’œuvrer de bonne foi » à la mise en place d’un « gouvernement inclusif et représentatif avec une participation significative de femmes et de groupes minoritaires ».

Voilà qui va beaucoup intéresser nos gentils islamistes à qui il faudra tout de même apprendre le nouveau sens du mot « inclusif », symbole montant de la décadence occidentale.

27 août 2021

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