Ni Macron ni Castex ne savent nous dire ce que sera la rentrée dans dix jours, mais une rentrée est bien actée pour mi-septembre : celle de , qui sera nommé haut-commissaire au Plan « de modernisation et d’équipement de la France ». Pour la France dans dix ans… Le Figaro raconte les coulisses de cette nomination attendue et des âpres négociations qu’en plein été Covid-19 le maire de Pau a menées auprès de Matignon et de l’Élysée pour imposer ses conditions.

Le format « haut-commissaire », malgré le précédent fâcheux de Jean-Paul Delevoye, autre poids lourd de la Macronie remercié par un poste identique, avait toutes les faveurs de François Bayrou plutôt qu’un simple poste de ministre dont, il est vrai, il fut titulaire pendant plus de 35 ans. Ce poste cochait en effet toutes les cases ou, plutôt, il lui en évitait certaines.

Le Figaro raconte ainsi que Bayrou a exigé de ne pas dépendre du Premier ministre Jean Castex mais de Macron seul : « Il ne rendrait de comptes qu’à l’Élysée et pas au chef du gouvernement, à l’inverse de ses prédécesseurs. Façon pour François Bayrou de conserver un lien privilégié avec le président de la République et de souligner sa spécificité. François Bayrou ne participera donc pas au Conseil des ministres et ses bureaux ne seront pas situés dans des locaux ministériels. » Et donc, en cas de nouveau développement de l’affaire des emplois fictifs du MoDem, dans laquelle François Bayrou est mis en examen – car c’est pour cela qu’il avait dû démissionner après un mois, seulement, au ministère de la Justice -, il ne sera pas considéré comme un vulgaire ministre.

Second avantage, et seconde case évitée, celle du cumul des mandats et de la démission de la mairie de Pau : elle aurait été incontournable s’il était devenu ministre, mais haut-commissaire, ça passe…

Enfin, ce poste de haut-commissaire, aux dires mêmes de ses proches, lui évite les tracasseries de la politique du quotidien : « Là, il est dans la prospective. C’est une mission calibrée pour quelqu’un qui a une vision d’homme d’État », selon l’ex-secrétaire général du MoDem Yann Wehrling. « La pression est moins forte au quotidien. Réfléchir aux grandes directions que doit prendre la France lui convient parfaitement. »

Si, après cela, vous n’êtes pas convaincu que ce poste de haut-commissaire était taillé sur mesure pour François Bayrou…

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