Audio - Editoriaux - Entretiens - Histoire - Table - 26 octobre 2017

“Nous avons eu simplement l’audace de dénoncer le terrorisme islamiste !”

Le groupe Front national au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a proposé, lundi soir, que le lycée d’Andernos (Landes) porte le nom de Jonathan Sandler, ce professeur assassiné avec ses enfants par Mohammed Merah au lycée israélite Ozar-Hatorah de Toulouse en 2012. Une proposition qui n’a pas été sans créer une polémique.

Gonzague Malherbe, porte-parole du groupe, explique au micro de Boulevard Voltaire dans quel esprit cette proposition a été déposée.

Gonzague Malherbe, vous êtes membre du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Votre groupe Front national a déposé un amendement demandant à ce qu’un lycée soit débaptisé pour être nommé Jonathan Sandler en mémoire d’une des victimes de Mohammed Merah. Cela contrait la volonté du conseil régional d’appeler ce lycée Simone Veil.

Notre groupe a effectivement déposé cet amendement. Il ne l’a pas fait du tout dans un esprit polémique, mais parce que nous pensons que l’actualité nous rappelle cet attentat de Toulouse perpétré par un terroriste islamiste. Mais il y a aussi d’autres raisons.

Cette proposition est cohérente. Jonathan Sandler était un enseignant. C’était également un rabbin lié directement à notre grande région puisqu’il est né à Bordeaux et qu’il y enseignait de manière régulière. Enfin, nous voulions profiter de cette occasion pour respecter un critère de diversité.

Les mêmes personnalités sont souvent mises en avant et on a tendance à parfois oublier nos héros, comme c’est le cas malheureusement des victimes du terrorisme. Le père de Jonathan Sandler a regretté dernièrement, je crois, que la déferlante médiatique autour de cette affaire avait mis en avant le nom de l’assassin et avait, dans le même temps, plongé celui des victimes dans l’oubli.

Nous voulions donc, par cet amendement, remettre en avant le nom des victimes et rendre hommage à Jonathan Sandler et, par lui, aux 250 victimes du terrorisme islamiste.
Cela pourrait constituer un symbole pour le monde entier, montrant une France qui ne cède pas face à la barbarie de cette idéologie et qui honore dignement ses morts.

Que vous ont reproché vos collègues de l’opposition ?

Cela est assez surprenant, mais ils nous ont reproché une démarche islamophobe parce que nous avions eu simplement l’audace de dénoncer le terrorisme islamiste.
Pourtant, nous avons fait une intervention très claire, calme et concise expliquant point par point pourquoi le nom de Jonathan Sandler avait plus d’intérêt aujourd’hui que Simone Veil. Nous ne remettons pas en cause le nom de Simone Veil, mais elle a déjà donné son nom à une cinquantaine de bâtiments publics en France, dont trois en Gironde.

C’est la raison pour laquelle il nous paraissait opportun de proposer un autre nom. De toute façon, nous aurions déposé cet amendement, quel que soit le nom proposé par la majorité, parce qu’il nous apparaît important, au moment où la France est très touchée par le terrorisme islamiste, d’avoir des actes forts qui mettent à l’honneur toutes les victimes du terrorisme.

On ne peut pas s’empêcher de se dire que le Front national ou certains de ses membres ont été mis en cause pour des histoires d’antisémitisme et qu’il y existe un certain scepticisme vis-à-vis de l’IVG. Réfutez-vous cette vision ?

Je répète que nous ne sommes pas dans une démarche polémique. Je vous invite à écouter la présentation de cet amendement. Nous en avons même profité pour rendre hommage à Simone Veil en tant que personnalité qui aura incontestablement marquée le cours du XXe siècle.

D’ailleurs, puisque nous parlons de Simone Veil, j’ai été un des seuls, par rapport à la majorité socialiste du conseil régional et de l’opposition dite “républicaine”, à défiler aux côtés de Simone Veil dans les dernières manifestations contre le mariage homosexuel. Vous voyez donc bien que nous avons une proximité avec elle que n’ont pas les socialistes.

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