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Editoriaux - Environnement - Politique - 12 janvier 2020

Aux pieds, le climat !

La Convention citoyenne sur le climat (CCC) a reçu le président de la République, vendredi dernier. Il lui a été demandé s’il s’engageait à relayer ses propositions « sans filtre » aux Français, soit par des règlements, soit par des lois soumises au Parlement, soit par référendum. On peut avoir deux réactions face à cette prétention à faire la loi de 150 personnes tirées au sort. Soit on s’inquiète qu’un texte rédigé par une minorité d’incompétents puisse être soumis à l’approbation d’une foule d’incompétents via le référendum, soit on se dit que le bon sens populaire sollicité ne fera pas pire que des parlementaires imprégnés de la doxa écologique. Ce que j’espère le Président ne fera pas, c’est accorder le « sans filtre ». Sinon, autant renoncer tout de suite à la démocratie représentative.

La planète se réchauffe sans doute. Dans ce domaine où l’échelle des temps n’est pas humaine, on ne sait pas si c’est à inscrire dans une évolution sinusoïdale à courte période ou dans le long terme. Les références historiques anciennes sont nombreuses de longues périodes, à l’échelle humaine, de saisons aux températures excessives. Les statistiques fiables ne remontent guère qu’à un siècle et demi. Alors, il est facile de dire, comme les journalistes, que c’est du « jamais-vu ». Dans son histoire la planète n’a cessé de passer par des cycles de réchauffement et de refroidissement, même en l’absence des hommes. Les glaciers ont laissé des empreintes jusqu’en Corse. A contrario, des fossiles d’animaux qu’on ne trouve qu’en régions tropicales ont été trouvés en France.

Quelle est l’influence humaine sur le réchauffement actuel ? Probablement bien moindre que ce que le GIEC prétend. De toutes façons, la France, qui représente moins de 1 % de la population de la planète et moins de 1 % des émanations de gaz à effet de serre, ne peut avoir aucune influence notable sur l’évolution du climat, et toute dépense imposée aux Français dans ce but n’a aucun sens. Aucun des pays les plus pollueurs de la planète ne s’impose de taxe carbone, et la France est déjà un des meilleurs élèves grâce à sa production d’énergie électrique d’origine nucléaire. Toute taxe liée à ce souci de « sauvetage » de la planète doit donc être proscrite ; elle serait inutile et ruineuse.

Ce qui ne signifie pas que le souci écologique doit être absent de nos préoccupations. Les Français comprennent l’écologie qui les touche de près, l’écologie raisonnable, c’est à dire expurgée des mensonges distillés en permanence sur la voiture électrique, l’éolien, les capteurs solaires, sans intérêt tant qu’on ne saura pas stocker l’électricité en grande quantité. L’écologie qu’ils pourront maîtriser à un coût acceptable est bienvenue. Ils ne veulent pas transformer leur environnement et les mers en poubelle, leurs rivières en égouts. Ils veulent respirer un air sain. Ils comprennent aussi que les ressources énergétiques naturelles ne seront pas éternelles, qu’il faut les économiser et, à terme, apprendre à s’en passer. Mais en attendant, il ne faut pas dépenser en pure perte, au détriment des Français et à la grande satisfaction de nos concurrents, dans la prétention grotesque de commander au climat.

Il faut :

– Pérenniser le recours au nucléaire qui reste, à l’horizon visible, avec l’hydraulique, la seule source d’énergie permanente et non génératrice de gaz.

– Stopper la frénésie de construction d’éoliennes et de capteurs solaires, coûteuse, qui nécessite parallèlement la mise en service de centrales thermiques, génératrices de ces gaz proscrits, ce qui est un comble.

– Amplifier la recherche dans tous les domaines qui touchent la production d’énergie et sa conservation.

– Lever les interdictions d’exploration et de production d’hydrocarbure à partir de schistes sur notre sol, sinon, demain, en attendant le jour béni de l’énergie 100 % propre – paradoxe absurde -, nous importerons du pétrole américain produit justement à partir de schistes bitumineux.

Comment suivre les fous qui imaginent qu’en « chargeant la mule » dans le petit pays rouge ci-dessous, on contribuera en quoi que ce soit à protéger du dérèglement climatique tout ce qui est en bleu, vert ou blanc sur cette carte ?

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