Audio - Editoriaux - Entretiens - Société - 28 janvier 2019

Aude Mirkovic : “Nous espérons que la protection de l’enfance sera la protection de tous les enfants”

Adrien Taquet vient d’être nommé secrétaire d’État, chargé de la Protection de l’enfance, auprès du ministre des Solidarités et de la Santé. Réaction d’Aude Mirkovic, porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance, au micro de Boulevard Voltaire.

Adrien Taquet a été nommé secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance.
Comment accueillez-vous cette nomination ?

Nous nous réjouissons qu’une personne soit spécialement chargée de s’occuper de la protection de l’enfance au sein du gouvernement. Adrien Taquet connaît bien les questions liées au handicap et à l’intégration scolaire des enfants. Cela nous semble prometteur, mais nous ne sommes pas naïfs. Nous attendons donc des mesures concrètes et efficaces de la part du secrétaire d’État.

Adrien Taquet s’est déclaré soucieux des plus vulnérables. Selon vous, que cela induit-il ?

En parlant des plus vulnérables, je pense qu’il fait allusion aux enfants handicapés. L’intégration scolaire est un objectif systématiquement annoncé, mais qui malheureusement ne fonctionne pas.
De nombreux parents ne trouvent pas d’établissement scolaire pour leurs enfants.
En France, il n’y a pas assez d’AVS (auxiliaire de vie scolaire). La question cruciale est celle des enfants placés par l’aide sociale à l’enfance. Il peut être nécessaire parfois, de façon ponctuelle, de retirer un enfant de son milieu familial pour le placer en famille d’accueil.
Lorsque la situation familiale le permet, le retour de l’enfant dans sa famille est proposé. Néanmoins, les familles ont beaucoup de mal à l’obtenir. Il faut savoir qu’une fois que la décision de placement a été prononcée, les services sociaux sont extrêmement réticents à revenir dessus. C’est très problématique pour nous. L’endroit idéal pour qu’un enfant grandisse est sa famille, même si celle-ci n’est pas idéale. Il faut vraiment des raisons très graves pour qu’un enfant soit retiré de sa famille.

Allez-vous faire remonter toutes ces convictions à Adrien Taquet ?

Oui, bien sûr. Nous constatons que l’intérêt de l’enfant est aujourd’hui prêt à être sacrifié pour que des parents réalisent leur désir d’enfant, notamment dans le cadre de la PMA.
Aujourd’hui, on a déjà pratiqué la PMA avec donneur. Ils privent l’enfant de cette dimension biologique, de sa filiation pour réaliser le désir d’enfant de couples.
On s’apprête peut-être à légaliser la conception d’enfant sans père. 220.000 petits embryons sont aujourd’hui congelés. Qui se soucie de ces enfants-là ?
Ils sont congelés pour rentabiliser les processus de PMA, au cas où on aurait besoin d’embryons. On suspend leur vie dans le temps. Toutes ces situations sont également problématiques.
Nous espérons que la protection de l’enfance sera la protection de tous les enfants. Nous allons travailler pour cela et contacter le secrétaire d’État pour parler de ce sujet.

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