[AU TRIBUNAL] Hijab dans la nécropole de Saint-Denis : les Natifs relaxés
« Il n’y ni voie de fait, ni dégradation, ni même violence […] L’État fait n’importe quoi, dans ce dossier ! » Ce 5 juin, des membres des Natifs se retrouvent à nouveau devant la Justice. Cette fois-ci, il leur est reproché d’avoir remplacé des photos de femmes voilées par des portraits d’héroïnes françaises lors d’une exposition controversée organisée dans la basilique de Saint-Denis. Ils comparaissent pour « entrave concertée et avec violence ou voie de fait à l’exercice de la liberté de création artistique ». Face à un ministère public qui entend prouver que des violences - psychologiques et symboliques - ont été commises, la défense reste « abasourdie » et dénonce des arguments empreints de « mauvaise foi ». Le tribunal a finalement décidé de relaxer les deux garçons.
Tribunal de Bobigny : aujourd’hui deux membres des Natifs comparaissent pour avoir remplacé des portraits de femmes voilées par des portraits d’héroïnes françaises lors d’une exposition dans la basilique Saint Denis. pic.twitter.com/HViEH8CFh4
— Clémence de Longraye (@ClemdeLongraye) June 5, 2025
Une exposition provocante
Derrière les murs du tribunal de Bobigny, des dizaines de personnes s’agglutinent dans l’une des petites salles de ce bâtiment des années 1980. Menaces, violences conjugales, guet-apens, agression sexuelle, séquestration, discrimination… La 16e chambre est appelée à juger de nombreux dossiers, dont certains témoignent de l’insécurité grandissante au sein de la société. Au milieu de cette après-midi judiciaire, deux jeunes hommes, tout juste diplômés, sont appelés à la barre. Tous deux ont un casier judiciaire vierge. Alexis et Stanislas, chacun vêtu d’un costume bleu marine, dénotent, dans cette salle d’audience. Il leur est reproché d’avoir, avec un groupe des Natifs, organisé en mars dernier une action dans la crypte de la basilique Saint-Denis pour dénoncer une exposition qui s’y déroulait depuis plusieurs mois. Cette exposition de photographies, intitulées « Nouvelles Reines », mettait en scène une trentaine de portraits de femmes, dont trois arborant un voile islamique. L’objectif de l’artiste était, rappelle son avocat, de « mettre en lumière » des femmes souvent oubliées. Mais sans doute l’artiste souhaitait-elle interpeller - si ce n’est choquer - en plaçant stratégiquement au cœur de cette exposition des visages voilés, à quelques pas seulement des sépultures des rois et reines de France.
Le 11 mars 2025, alors que l’exposition commence à faire polémique, les Natifs se rendent donc à la basilique Saint-Denis. Sur trois photographies, ils placent des draps sur lesquels apparaissent les portraits de sainte Geneviève, sainte Jeanne d’Arc et Geneviève de Galard, héroïne de Ðiện Biên Phủ. Comme le souligne le juge, aucune dégradation matérielle n’a été commise. Les draps ont simplement été posés, sans être fixés. Par ailleurs, rappelle Stanislas, « il n’y avait personne dans la crypte » au moment de l’action. Et seulement « 20 ou 30 minutes » après leur installation, les draps ont été découverts par les surveillants. « Notre action avait une portée symbolique, explique Stanislas. La basilique Saint-Denis est un lieu qui nous est cher où reposent les rois de France. C’est un lieu important pour les catholiques de France. Ce n’est pas le lieu pour cette exposition. » Le jeune homme assure avoir simplement usé de sa liberté d’expression. De son côté, malgré l’insistance de la procureur, Alexis réfute avoir participé à cette action. « Il n’y a pas participé, tout simplement parce qu’il est arrivé en retard ! » finit par expliquer son avocat Me Mathieu Sassi.
« L’État fait n’importe quoi, dans ce dossier »
Mais les parties civiles, aidées par le ministère public, entendent bien démontrer que des violences ont été commises. « Les Natifs sont venus souiller le travail de l’artiste, plaide l’avocat de la photographe. Je rappelle la détresse psychologique dans laquelle elle se trouvait [après cette action] et la violence qu’elle subit en étant exposée à des idées si abjectes. » Il réclame 5.000 euros d'amende ainsi que 15.000 euros d’indemnisation au titre d’une « perte de chance de faire rayonner son travail ». La procureur abonde. « C’est avec ces actes que la société devient délétère. […] Au lieu de simplement ne pas aller voir cette exposition, on a un groupe qui va se rendre dans la basilique pour recouvrir les statues [il s’agit, en réalité, de photographies, NDLR]. Bien sûr que la violence existe, bien sûr que le choc émotif existe. L’action des Natifs entrave la liberté d’expression de l’artiste », développe la représentante du ministère public. Elle requiert 1.500 euros d’amende « pour réparer ce préjudice causé à la société ».
La défense ronge son frein, face à ces arguments. « Je suis abasourdi par le jusqu’au-boutisme totalement irrationnel du ministère public qui ne tient pas une seconde sur le plan juridique. On sait très bien qu’il n’y a pas de voie de fait, pas de dégradation et pas de violence », commence Me Pierre-Vincent Lambert, conseil de Stanislas. « On ne va pas inventer des notions de violences qui n’existent pas. Je suis navré et consterné », poursuit l’avocat qui, « pour la première fois dans sa carrière », demande la condamnation de l’État afin d’indemniser, en partie, son client. « Cette situation est tellement scandaleuse. L’État fait n’importe quoi, dans ce dossier. » Il demande par ailleurs la relaxe de son client au vu de la jurisprudence. Dans de nombreux dossiers, notamment liés à la mouvance écologiste, la nature politique du geste a permis de justifier l'usage de la liberté d'expression, quand il n'y avait pas de dégradation et que le message politique était clair. Une démonstration reprise par Me Mathieu Sassi, avocat d’Alexis, qui dénonce également les moyens disproportionnés employés contre les deux jeunes hommes. « Les fonctionnaires de police de Seine-Saint-Denis n’ont pas signé pour ça », signale l’avocat, au regard des dossiers traités par ce tribunal. « Évidemment que la société n’a pas été meurtrie. Il n’y a pas eu d’entrave car il n’y avait personne. Il n’y a pas eu de violence. Ils ont simplement fait usage de leur liberté d’expression », clame l’avocat, qui plaide la relaxe. Et à l’instar de son confrère, il demande la condamnation de l’État.
Au terme des débats, le tribunal a décidé de ne pas suivre les réquisitions du procureur et a prononcé la relaxe des deux jeunes hommes. En revanche, la condamnation de l'État n'a pas été retenue.
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62 commentaires
La dite artiste devrait demander au porte-parole (écrit en l’occurrence) du PCF, L’Humanité, de recevoir cette exposition qui serait mieux dans son hall que dans l’enceinte de la basilique. En cas de refus elle pourrait demander à une mosquée.
La condamnation de l’Etat aurait dû être prononcée et effective.
Ce procureur d’ultra gauche doit être renvoyé sur le champ : il doit bien pouvoir être recasé à faire du » papier » ou du classement ou autre pour qu’il ne puisse plus sévir. Le proc représente la société et fait ses réquisitions en notre nom – alors les français sont-ils tous de gauche voire d’ultra gauche ? les proc doivent être élus.
Les magistrats passent du parquet au siège et vice versa. Vous imaginez quand ce proc va siéger en qualité de juge ? vous comprenez pourquoi on a une justice vérollée.
ET ce proc est-il syndicqué ? probablement pas. Vous voyez bien que la référence aux magistrats syndiqués ne signifie rien.
les magistrats sont à 80% de gauche, syndiqués ou pas comme je ne cesse de le rappeler dans mes modestes contributions. Ce sont eux qui, petit à petit, on totalement bloqué le système judiciaire depuis 1968. A quand un organisme de controle de leurs décisions ? Ils n’y a qu’eux qui son en totale impunité.
Et des organismes de controle, des vrais, pas encore des machons qui ne sont constitués que par eux même mais avec des civiles, des profs de droit etc….pas un conseil national qui n’est que leur organe d’ultime protection. Je rappel qu’actuellement, macron a nommé à sa tête l’ancienne leader du syndicat de la magistrature, celui du mur des cons. Donc, aujourd’hui, les vaches sont bien gardées.
Bravo les natifs place à nos heros, la Basilique de Saint Denis ce n’est pas le lieu pour la propagande islamiste qu’ils aillent faire leur publicité au souk d’Alger
Ce qui me sidère, c’est le « procureur » , vrai traitre à sa civilisation, sa culture, son pays , les femmes . ( et pas que ce procureur là, mais tous les procureurs qui attaquent les défenseurs de notre civilisation.
A quand leur procès pour haute trahison ?
Le procureur se comporte en procurateur , à la botte de son empereur .
L’argumentation de la partie civiel est juste ahurissante de mauvaise foi.
Au lieu de créations je verrai plutôt des provocations artistiques, car dans un lieu sacré ! Bonne nouvelle que ces jeunes gens n’aient rien eu comme condamnation , mais bon je note quand même que les tribunaux sont soit disant surchargés et qu’on « juge » des trucs pareils !!! Il n’y a pas mieux à faire ?
Insulte et profanation d’un lieu sacré de l’Histoire de France de la France chrétienne et catholique.
La Basilique est elle un lieu pour faire faire des expositions, on peut se poser la question… à fortiori pour mettre en évidence
des éléments contraires aux valeurs de la France.
Ce petit juge qui était chargé de rendre la justice au nom du peuple français doit faire parti de ce syndicat de la justice qui est un véritable fléau pour notre justice.
Le ministère public n’est-il pas chargé de défendre les intérêt du pays, il représente l’État donc le peuple. Ainsi son acharnement est-il d’autant plus surprenant . Par ailleurs la crypte d’une basilique n’est certainement pas le lieu le mieux indiqué pour le type d’exposition de cette photographe. Aurait-on l’idée de réaliser une exposition de photos de femmes non voilées et très légèrement vêtues dans une mosquée? Je suggère à cette artiste de tenter l’expérience.
Excellente réplique !
Alexis et Stanislas jugés au tribunal de Bobigny, pour les juges c’est une situation assez inhabituelle. Il faut reconnaître le bon sens des magistrats dans cette affaire, on ne pourra que s’en réjouir. Une fois n’est pas coutume … mais quand même, ça fait du bien.
Parler de violences, de dégradations, de détresse psychologique ou d’actes délétères, c’est complètement délirant, surtout quand on voit le niveau des violences qui émaillent notre quotidien. Certains magistrats sont vraiment indécrottables.
La justice folle ? Le privilège rouge ? Nous vivons dans un pays où il est moins risqué d’agresser un policier avec des tirs de mortier en tentant de le tuer, plutôt que de poser un drap sur des photos qui ‘n’ont rien à faire dans une basilique. Oserait-on exhiber des photos de femmes en bikini dans une mosquée, au nom de l’art et/ou de la liberté d’expression ?
Soutien total aux Natifs. Le stalinisme de la gauche, avec la complicité d’une partie de la droite, nous conduit insensiblement au totalitarisme, ce dont Revel nous avait averti.
Les poursuites en elle même sont scandaleuses. Le procureur estime que la contrariété vécue par l’artiste constitue des violences. C’est la même dérive à laquelle on assiste dans le sillage du mouvement metoo. Ce ne sont plus les faits objectivement avérés qui comptent. Seule compte la perception subjective qu’on peut en avoir. Pourquoi poursuivre quelqu’un pour violences pour un simple regard …
Les Justes au milieu d’un monde de fous.