[AU TRIBUNAL] Émeutes liées à la victoire du PSG : le grand désarmement pénal
Les vitrines brisées, les voitures incendiées et les affrontements avec les forces de l'ordre ont marqué la nuit de célébration de la victoire du PSG en Ligue des champions. Plusieurs centaines d'interpellations plus tard, l'heure était venue, pour la Justice, de répondre à ces violences. Au tribunal judiciaire de Paris, les comparutions immédiates se succèdent depuis deux jours. Mais à l'issue des audiences, un constat s'impose : entre les peines encourues, les réquisitions du parquet et les condamnations finalement prononcées, l'écart est parfois vertigineux.
Mortiers contre policiers : la prison théorique, le TIG réel
Au cœur de plusieurs dossiers examinés ce début de semaine figurent des violences visant directement les forces de l'ordre. Des faits qui, sur le papier, sont loin d'être anodins.
Fofana J., 18 ans, étudiant au casier judiciaire vierge, comparaissait pour avoir tiré un mortier d'artifice en direction de policiers. Pour ce type de faits, la peine encourue peut atteindre trois ans d'emprisonnement. Pourtant, le parquet n'a requis que douze mois avec sursis assortis de 105 heures de travaux d'intérêt général (TIG). Le tribunal est allé encore « plus loin » en ne retenant, finalement, que les 105 heures de TIG.
Même scénario pour Aboubakar H., 19 ans, poursuivi pour des jets de bouteilles sur les forces de l'ordre. Là encore, trois ans de prison étaient théoriquement encourus. Le procureur avait demandé dix mois avec sursis et 105 heures de travaux d'intérêt général. Le jugement s'est limité aux seuls travaux d'intérêt général.
Quant à Hugues B., 23 ans, il comparaissait non seulement pour des tirs de mortier sur les policiers mais également pour le transport et la détention de ces engins. Malgré une peine encourue de sept ans d'emprisonnement, les réquisitions se limitaient à douze mois avec sursis et 105 heures de TIG. La juridiction l'a finalement condamné à quatre mois avec sursis.
🔴⚖️ « On sera intraitables avec ceux qui ont été attrapés, on ne veut plus voir ça. Fini. On en a ras le bol ! ».
Quelqu'un a-t-il prévenu le président que la Justice est indépendante de l'exécutif et que cette fois ne sera pas différente des autres ? pic.twitter.com/6oFqKcEtdP
— Dura lex, sed lex (@duralexsl) May 31, 2026
Difficile, dans ces conditions, de ne pas s'interroger sur le message envoyé à ceux qui considèrent désormais les mortiers d'artifice comme des armes ordinaires de confrontation avec la police.
Même les récidivistes échappent à la fermeté
L'indulgence observée ne concerne pas uniquement de jeunes primo-délinquants.
Anis C., 42 ans, poursuivi pour vol en récidive, présentait un casier judiciaire déjà particulièrement chargé. En situation irrégulière sur le territoire français, il faisait face à des réquisitions de douze mois d'emprisonnement, dont six mois ferme avec mandat de dépôt. Le tribunal lui a finalement accordé six mois intégralement assortis du sursis.
Plus significatif, encore, est le cas d'Habib S., 35 ans. Poursuivi pour violences sur policiers ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours, outrage et récidive, il affiche onze mentions à son casier judiciaire. Parmi elles figurent, notamment, des condamnations pour violences, stupéfiants, vol avec violence ou conduite sans permis. Le parquet avait requis dix-huit mois d'emprisonnement, dont six mois ferme, avec mandat de dépôt. La peine finalement prononcée est de douze mois, dont six avec sursis, sans mandat de dépôt. Malgré la récidive et un lourd passé judiciaire, le prévenu est donc ressorti libre du tribunal.
Là encore, le décalage entre la gravité des faits, les antécédents et la sanction effective ne peut qu'interpeller.
Une justice dissuasive... ou symbolique ?
Les magistrats rappellent régulièrement qu'une peine doit être individualisée et adaptée à la personnalité du prévenu. Le principe est incontestable. Mais à force de privilégier les circonstances personnelles, ne finit-on pas par effacer la dimension dissuasive de la sanction ?
Les policiers visés par des tirs de mortier ou des jets de projectiles ne sont pas confrontés à des écarts de jeunesse (voir l'âge de certains prévenus...) mais à des actes de violence délibérés contre l'autorité de l'État. Quant aux récidivistes, leur parcours judiciaire devrait précisément constituer la preuve que les précédentes condamnations n'ont pas produit l'effet attendu.
Au lendemain des émeutes, le pouvoir politique a multiplié les déclarations de fermeté. Pourtant, à l'examen des audiences parisiennes, cette fermeté semble s'être largement évaporée entre les discours et les décisions de justice.
La lutte contre les violences urbaines repose sur un principe simple : la certitude de la sanction. Lorsque des faits passibles de plusieurs années de prison se concluent par quelques heures de travaux d'intérêt général ou par des peines entièrement assorties du sursis, la question demeure entière : comment espérer enrayer la montée de la violence si ceux qui la pratiquent n'ont plus grand-chose à craindre de la Justice ?
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54 commentaires
Travaux d’intérêts généraux !!! C’est quoi , casser des cailloux et avoir une chaine et un gros boulet ?? On se moque de qui ?? Comment les obliger ?? Si ils refusent de venir et de faire ce que l’on leurs impose ?? On les fouettent ??? On nous prend vraiment pour des « billes » !! Des juges indépendants ,oui ,à la condition qu’ils ne soient pas politisés et syndiqués ce qui n’est plus le cas !!
Les TIG ne sont jamais effectués, ces jeunes menacent les personnes chargées du contrôle, et comme face à eux, ils ont des pleutres, ils rentrent chez eux.
Il suffisait d’écouter le magistrat ancien avocat sur CNEWS hier….pour tout comprendre : un petit bonhomme qui vous explique, en substance, que les juges font ce qu’ils veulent en toute impunité et qu’ils n’ont rien à foutre de ce que l’on pense
le sacro saint principe de l’individualisation des peines n’a rien à faire quand on juge des exactions
est-ce qu’il y a individualisation des peines quand vous prenez un PV pour excès de vitesse ?
alors on commence à mettre des PV à 1 500 € et on les choppe sur personnalisation avec les caméras comme ils nous le font en sécurité routière
Il n’y a pas de floue à gagner comme avec les radars qui rngraissent des Stes privées.
Qui va indemniser les victimes de ces exactions dont l’État est complice par inaction pour combattre ces racailles ? Pourquoi ne pas avoir utilisé les canons à eau ? Pourquoi ne pas avoir prévu une réserve de maintien de l’ordre, au lieu de laisser place au désordre.
Le statut des magistrats comporte l’irresponsabilité et l’indépendance, ils n’ont de comptes à rendre à qui que ce soit
Comment voulez-vous mettre en œuvre des peines d’emprisonnement méritées, vu le manque de places? Alors, on pratique ce que j’appelle « une Justice hôtelière »!
Commençons par retirer l’Administration pénitentiaire de la responsabilité du Garde des Sceaux… et mettons en œuvre ce qui a été promis dans le domaine par: N SARKOZY, du bout des lèvres par F HOLLANDE, à grands cris par E MACRON…
Vous citez les idées de Sarko, mais en réalité, mis à part des discours, ou tel king Kong, il se martelait la poitrine, il est à l’origine du malaise que notre pays connait aujourd’hui.Ceux qui suivirent ont poursuivi le démantèlement de nos services liés à la sécurité et et les autres tel la santé.
Si on s’en tient aux faits, rien que les faits.
Seule la suppression de la peine de mort figurait au programme électoral de Mitterrand en 1981, et si de nombreux Français ayant voté pour lui étaient encore plutôt contre, ils l’ont validé, rien à dire….
Par contre, le laxisme judiciaire envers certains profils de prévenus, leur donnant ce sentiment d’impunité, a-t-il figuré au moindre programme politique d’un président élu par le Peuple souverain ?
Sarkozy qui n’avait pas fait que des « bêtises » avait fait voter la construction de places de prisons en 2011 et qu’Hollande s’est empressé de faire stopper en 2012, sans que cela ait figuré à son programme.
La politique ayant judiciaire a des répercussions majeures sur la vie du Peuple supposé souverain, la justice et toutes ses instances décisionnelles obscures agissent malgré tout sans aval populaire. Tirons en les conclusions, osons identifier le problème
Si le Peuple est souverain est-il normal que les Politiques, élus par le Peuple et appliquant leur programme aient à redouter certains juges après leur départ de fonction pour l’avoir appliqué ? N’est-ce pas plutôt ceux qui ont fait passer des lois qui n’étaient pas au programme et nuisent aux Français qui devraient mal dormir. Or Hollande et Belloubet doivent très bien dormir alors que c’est Sarkozy auquel la justice a donné des cauchemars, privant la France de candidat de doite supposée « de gouvernement ». Je dis ça….
La suppression de la peine de mort, que j’estime digne d’une société démocratique telle que la nôtre (la peine de mort est un crime « de sang froid »), n’a jamais fait l’objet de peines de substitution suffisamment représentatives du crime commis.
La suppression de la peine de mort a mécaniquement provoqué l’effondrement du système dont elle était la clé de voûte. Il aurait fallu à ce moment réorganiser l’échelle des peines et proposer un nouveau système, il n’en a rien été car il n’y avait aucune vision, aucun projet, juste la suppression d’un symbole. La suppression de la peine capitale ne s’inscrivait dans un projet juridique global, il s’agissait simplement de militants qui ayant obtenu le pouvoir ont pu réaliser leurs rêves sans se soucier des conséquences. Par ailleurs, je doute que les Français aient élu Mitterrand pour cette promesse électorale …
l’INCURIE de la justice dans l’affaire des viols de mineures du Gers mais comme d’habitude : » responsable mais PAS COUPABLE » (air connu )
Et si l’on pouvait juger les juges ?? Cela serait une bonne chose ??
En fin de compte ; le gouvernement et la justice dans le laisser faire et l impunité des èmeutiers ne font que renforcer le RN dans l opinion public; à un an des élections .
En 2027 il va falloir mettre un grand coup de balai dans la magistrature en France et voter une loi pour que ceux ci soit élus par le peuple puisqu’ils sont sensés le représenter
Aucune surprise, rien à attendre de cette justice à double vitesse et partiale
Vous lire est amusant.
Vous écrivez qu’il difficile, dans ces conditions, de ne pas s’interroger sur le message envoyé à ceux qui considèrent désormais les mortiers d’artifice comme des armes ordinaires de confrontation avec la police.
Mais le message est très simple, c’est un message d’encouragement, il faut que ces jeunes puissent avoir de nouveaux envies de s’exprimer dans l’allégresse lors du mondial de foot qui arrive.
Il faut leur tirer les oreilles pour certains excès d’enthousiasme, ne pas confondre avec des débordements intentionnels, SVP, un peu d’indulgence face à ces joies populaires et bon enfants, c’est pour eux la démonstration d’une intégration réussi en participant activement a cette fête nationale.
Quant aux policiers, on va pas faire un plat pouf quelques bousculades, ils avaient qu’à participer a cette fête populaire et tout se passait bien.
Un véritable scandale cautionné et justifié par l’ensemble de la classe politique de l’extrême gauche
« Il faut laisser la jeunesse s’exprimer »….on ne va pas tarder à l’entendre si ce n’est déjà fait.
Délitement, effritement, décrépitude… effondrement de l’état ! la honte et la responsabilité à attribuer à nos politocards d’aujourd’hui et d’hier !.. et condamnation à la clé bien sûr.
Un jour il faudra juger les juges…
Oh que oui
Ces jugements ne feront que fortifier
l impunité et la récidive de ces émeutiers, le RN va encore progresser la justice y travaille.
Pas un jour de prison ferme… Comme dit foutriquet premier, on sera intretable ! MDR.
Par contre, un policier a dormi en prison pour être intervenu alors qu’il n’était pas en service : cette parodie de justice m’écœure
intrétable ( t’as oublié l’accent). Moi j’aurais dit « intraitable » mais bon, chacun son truc !
Ce laxisme d’état eu égard aux exactions, dégradations, attaques volontaires des FDO, est tellement énorme que ça semble voulu. Ainsi le problème s’amplifie par aucune peur de la sanction lequel va conduire le pays vers une guerre civile dans le but pour nos chers politicouards du gouvernement de rester coûte que coûte au pouvoir. Parallèlement la justice française semble d’une grande clémence pour ces émeutiers et d’un sévérité exemplaire pour des politiciens de droite. Tout va très bien madame la Marquise.
Je serais curieux de savoir s’il existe d’autres pays dans lesquels celui qui tire avec un mortier sur un policier ne fait pas un seul jour de prison. Si l’idéologie de certains juges est en cause, l’exécutif et au premier chef le président l’est tout autant par son refus de faire construire des places de prison en rapport avec le niveau de délinquance. Les deux partagent d’ailleurs la même idéologie.