Canal Seine-Nord Europe : quand l’écologie radicale joue avec le feu
À quoi, diable, jouent les écolos ? Après les affrontements autour des mégabassines, puis les oppositions à l’A69, c’est désormais le chantier du canal Seine-Nord Europe qui cristallise les tensions. Le 11 juillet dernier, près de 2.000 militants écologistes se sont ainsi retrouvés dans le Pas-de-Calais pour dénoncer les travaux de ce projet. Comme souvent, malheureusement, ces manifestations ont dégénéré. Preuve de la forte radicalisation des modes d’action de ces groupes extrémistes.
Le chantier du canal Seine-Nord Europe n'a rien d'anodin. Long de 107 kilomètres et large de 54 mètres, il doit relier le bassin de la Seine au réseau fluvial du nord de l'Europe afin de favoriser le transport de marchandises par voie d'eau, d’ici 2032. Le chantier ne date pas d’hier, puisqu’il a été lancé en 2022 après plusieurs années de concertation. Pour ses défenseurs, il représente un outil de décarbonation du transport. Mais pour ses opposants, il est synonyme d'artificialisation des sols et de destruction de la biodiversité. Cette opposition a ainsi conduit plusieurs collectifs écologistes, tels que Méga Canal Non Merci, les Soulèvements de la Seine et de la Terre, Extinction Rebellion et la Confédération paysanne, à organiser un rassemblement à proximité du chantier. Par conséquent, les autorités avaient mobilisé un important dispositif de sécurité, étant bien conscientes que ce genre d’événement dégénère souvent en affrontements avec les forces de l’ordre.
Un champ incendié
La mobilisation a rapidement tourné au désordre. Selon l’Observatoire des violences politiques, une partie du cortège, constituée en Black Blocs, a tenté de pénétrer sur le chantier du canal en sectionnant des clôtures et en arrachant des piquets qui délimitaient la zone des travaux. Les forces de l’ordre mobilisées pour sécuriser le site, présentes au nombre de 900, ont alors essuyé des tirs de mortiers d'artifice et des jets de projectiles. Malheureusement (ironie de la situation), ces tirs ont déclenché un incendie de chaume qui a ravagé 4,4 hectares de cultures, nécessitant l'intervention rapide des sapeurs-pompiers pour éviter la propagation des flammes à un champ de colza voisin.
Dans le même temps, plus d'une centaine de manifestants se sont introduits dans le canal à bord d'embarcations de fortune, tandis que neuf personnes ont été interpellées pour avoir enfreint l'arrêté préfectoral interdisant la navigation. Fort heureusement, aucun blessé n’a été à déplorer. À l'issue de la journée, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont condamné « avec la plus grande fermeté » ces violences. Sans grand effet sur ces militants extrémistes : de nouveaux rassemblements sont d'ores et déjà annoncés dans les prochains mois.
Une drôle de façon de sauver la planète
Si cet événement n’a pas connu les débordements de Sainte-Soline, il intervient dans un contexte de montée de la violence de militants menant des actions de plus en plus offensives contre les infrastructures concernées. Et pour cause, les exemples ne manquent pas.
En novembre 2024, une entreprise de travaux publics vendéenne travaillant sur des projets de réserves d'eau avait ainsi été visée par un incendie criminel. Une organisation d'opposants aux mégabassines, « Stop Mégabassines », revendiquait l'incendie, assumant d'avoir voulu frapper une société participant à ces chantiers. Dans un courriel adressé à l’AFP, le collectif revendiquait alors cette action de « désarmement », tout en menaçant : « Tout acteur qui s’associera aux futurs chantiers de Méga-Bassines […] en subira les conséquences. »
Ces méthodes suscitent régulièrement des condamnations de la part de l’opinion publique et de la droite (essentiellement). Pour autant, la gauche radicale et l'extrême gauche, elles, continuent d'afficher leur proximité, voire leur soutien, avec ces mouvements écologistes, au nom de la désobéissance civile ou de « l'urgence climatique ». Sans réelle condamnation de la part du pouvoir, les éco-terroristes ont encore de beaux jours devant eux.
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Un commentaire
Pas un qui a été dans le bordelais pour aider…