[CINÉMA] Seule la vie, comment dépasser son deuil
Clowns professionnels mais couple à la ville, Barbara et Heli vivent modestement dans leur petite maison autrichienne retapée de leurs mains, avec leurs deux enfants en bas âge, Thimo et Fini. Relativement heureuse malgré les difficultés financières, leur famille va cependant connaître une terrible tragédie : un jour, en rentrant chez elle en voiture, Barbara reçoit le coup de fil d’une amie qui l’informe d’un accident de la route dont ses proches pourraient bien être les victimes. En se rendant aussitôt à l’hôpital, Barbara apprend qu’Heli est mort sur le coup mais que ses enfants sont dans un état grave. Alors que les espoirs d’une rémission étaient permis, fût-ce au prix de séquelles définitives, Fini et Thimo décèdent peu après leur père. Désormais seule, Barbara ne sait trop comment rebondir, si ce n’est en s’accrochant à l’existence, conformément à l’idéal de légèreté que véhicule sa profession de clown. Une ligne de conduite qui, loin d’aller de soi, pourrait bien l’empêcher de sombrer psychologiquement…
L’auteur d’origine associé au projet
Réalisé par Adrian Goiginger, Seule la vie est tiré du roman autobiographique Vier minus drei (« Quatre moins trois », pourrait-on traduire), écrit par Barbara Pachl-Eberhart et publié en 2010 aux Éditions Heyne Taschenbuch. Un roman à succès qui, semble-t-il, reste encore inédit en France à ce jour.
En plus de dix ans, de nombreuses tentatives d’adaptation cinématographique du roman ont été amorcées? mais aucune n’avait abouti jusque-là. D’abord réticent, en raison de la gravité du sujet, Adrian Goiginger s’est finalement laissé convaincre de travailler dessus avec le scénariste bosniaque Senad Halilbašić. Soucieux de légitimité, les deux hommes ont décidé d’associer à leur projet la romancière Barbara Pachl-Eberhart, qui a pu les guider dans l’écriture du scénario et dans leurs choix de casting ; elle s’est également entretenue avec les comédiens de manière à ce que ceux-ci saisissent pleinement l’état d’esprit de leurs personnages.
Un malaise s’installe…
À l’arrivée, Seule la vie nous laisse un sentiment de gêne, il faut bien l’admettre. Certes, le cinéma se nourrit depuis toujours de faits divers, d’éléments autobiographiques et d’émotions négatives, comme tout vecteur de fiction. Cependant, l’intime tragédie qui nous est partagée, renforcée par la présence de l’auteur à chaque étape de la création, assurant ainsi une forme contrôle sur le travail du cinéaste et sur la représentation finale, nous donne l’impression de recueillir des confidences qui ne devraient pas nous être destinées. Des confidences qui, par ailleurs, sont délivrées avec moult symboles, stylisations et crises de larmes attendues… Le malaise est tel qu’on en reste interdit. Restent une œuvre intéressante sur la manière de dépasser le deuil par les moments fugaces de joie et une nouvelle couleur dans la palette de jeu de Valerie Pachner (vue récemment dans Notre histoire – Chroniques du Caire), qui incarne le personnage principal.
2,5 étoiles sur 5
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Un commentaire
On n’étale pas cette blessure indélébile qu’est la perte d’un enfant..