Condamné pour pédocriminalité, l’ex-candidat LFI Tom Dubois-Robin n’est pas un cas isolé

Malgré ses discours moralisateurs sur les violences sexuelles, la gauche est loin d'être irréprochable.
Illustration Boulevard Voltaire
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En 2022, il promettait de « faire une révolution démocratique » et de « faire avancer les sujets importants » en se présentant aux élections législatives comme candidat de La France insoumise dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Quatre ans plus tard, le 28 juillet, Tom Dubois-Robin a été condamné en son absence par le tribunal correctionnel de Toulouse à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour « propositions sexuelles faites à un mineur de moins de 15 ans par un majeur suivies d'une rencontre ». Il a dix jours pour faire appel.

L’ex-candidat insoumis avait été repéré en 2024 par les enquêteurs sur des vidéos prises par une « milice anti-pédophiles » agissant sous de faux profils d’adolescents de 14 ans pour piéger les pédocriminels, rapporte La Dépêche du Midi. Âgé de 31 ans au moment des faits, Tom Dubois-Robin s’était rendu à l’un de ces rendez-vous après avoir échangé des messages révélant sans ambiguïté une intention sexuelle avec un prétendu mineur.

Mais parmi les cinq dossiers examinés ce mardi, l’ancien candidat LFI n’était pas la seule personnalité politique poursuivie pour de tels faits : Laurent Fauré, ancien conseiller municipal divers gauche de la commune de Muret, en Haute-Garonne, a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une inscription au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Il a également dix jours pour faire appel.

Dissonance à gauche

Des condamnations qui font tache, au sein de la gauche, dont le refus de voter la loi sur la perpétuité pour les violeurs d'enfants demeure vivement critiqué. Car si ces partis revendiquent aujourd’hui une intransigeance absolue face aux crimes et délits sexuels, les pratiques de certains de leurs membres rendent plus difficile leur prétention à apparaître irréprochables aux yeux des Français.

Malgré sa volonté de montrer patte blanche en dénonçant, comme elle le fait sur son site Internet, le patriarcat responsable du « caractère systémique des violences sexuelles incestueuses », force est de constater que LFI, et plus largement la gauche, ne s'est pas entièrement défaite de ses moutons noirs. Et qu’on trouve parmi ses adhérents, militants et cadres des prédateurs pour les enfants.

De LFI aux autres partis de gauche, des cas à répétition

Pierre-Alain Cottineau, ancien candidat insoumis aux élections départementales de 2021 et fervent militant du parti et de la cause LGBT, en a été l’exemple le plus marquant lorsque avaient été découverts, en 2024, les supplices infligés par cet assistant familial à de très jeunes enfants et pour lesquels il est aujourd'hui mis en examen et placé en détention provisoire.

Dans l'entourage de La France insoumise, le psychanalyste proche de Jean-Luc Mélenchon Gérard Miller avait, lui aussi, suscité un tsunami lorsqu’il avait été mis en examen en septembre 2025 pour six plaintes pour agressions sexuelles et viols, dont quatre concernant des mineures, tandis que des dizaines de témoignages faisaient état d’abus à caractère sexuel.

Du côté des partis indépendants de gauche, comme Brest Nouvelle Citoyenneté, ce début d’année a vu se tenir le procès, pour viols incestueux et agressions sexuelles, de Charles Kermarec, ancien élu au conseil municipal de Brest et ancien vice-président de Brest Métropole, condamné le 16 janvier 2026 à 13 ans de réclusion criminelle et qui n'a pas interjeté appel.

En 2023, c’est le Parti socialiste qui excluait un maire du Puy-de-Dôme, Anthony Palermo, accusé de viol sur mineure remontant à 2017. Si la plainte de la jeune femme avait été classée, le PS avait pris la décision, un an plus tard, d'exclure définitivement du parti l'élu auvergnat, après trois mois d'examen du dossier. Fin 2025, les Écologistes se séparaient de leur chef de file pour les municipales à Marseille en raison de la condamnation de Hassen Hammou à quinze mois de prison avec sursis pour corruption de mineurs, une peine dont il a interjeté appel.

Le Parti communiste n’est pas non plus exempt de telles accusations. En témoignent les récits rapportés par le média Politis, en 2023. Parmi les nombreux cas rapportés, plusieurs concerneraient des mineures « groomées » (mineures manipulées par un majeur afin d'obtenir des faveurs sexuelles) par un chef de section. Des militants de 24 ans en couple avec des adolescentes de 13 ans, de la drague et des agressions sur des lycéennes…

Un combat contre les violences sexuelles à géométrie variable

Des accusations à répétition mais qui ne semblent pas provoquer la même onde de choc, au sein de la gauche, lorsque les personnes mises en cause appartiennent à ses propres rangs. Elle qui n’hésite habituellement pas à dénoncer, à la moindre occasion, et bien souvent avant le moindre procès, les violences sexuelles et la nécessité de protéger les victimes, son indignation peine toutefois à se faire entendre lorsque ces violences la compromettent.

Vos commentaires

25 commentaires

  1. La pédocriminalité n’a pas d’opinion politique.Elle ne doit pas être un sujet d’attaque entre les différents partis.Le crime est trop grave .Les individus concernés par cette épouvantable deviance doivent être traqués coûte que coûte. Il ne reste plus que la volonté de l’état de le faire.

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