Au nom d’Allah, Nöel ne sera plus jamais…

Cela tiendrait presque lieu de corollaire, alors qu’en vérité l’on frise le comique… Cependant qu’un « laïquement-correct » vérolé ne trouve, ces dernières années, nul scandale plus éclatant qu’une crèche de Noël à l’ombre d’un bâtiment public, le député LREM Bruno Studer professe, force trémolos et entre deux sanglots sur les bancs de l’Assemblée nationale, que “Nöel ne sera plus jamais comme avant à Strasbourg”. Sans aucunement présumer ici de la sincérité de semblables affirmations, il ne coûte peut-être pas non plus trop cher de les formuler. Toujours est-il que, pour quatre personnes au moins, à l’heure où ces lignes sont rédigées et, encore une fois, au nom d’Allah, Nöel ne sera plus jamais. Point.

Si aujourd’hui, et selon le rituel consacré, « nous sommes Strasbourg », comme avant-hier « Charlie » et hier « Nice », le principe vaudrait ainsi pour toute la nation. Curieux, alors qu’à chacun de ces « moments douloureux », rien ne soit plus sacré que son « unité », à en croire le politique, lequel se précipite, entre eux, pour nous vendre l’idée de nation comme historiquement répugnante. Un homme prévenu en valant deux, il n’avait sans doute pas échappé à Bruno Studer ce que professait, il n’y a pas si longtemps, son éminent confrère et prédécesseur Manuel Valls, du temps de son magistère, à savoir que (mais là, déjà, pas besoin d’être Manuel Nostradamus…) plusieurs générations à venir, au moins, allaient devoir intégrer ces mascarades sanguinaires dans leur quotidien. Promesse politique tenue ! Depuis, Manuel s’est brutalement converti à l’Espagne – Barcelone, pour être précis – en nous assurant, toutefois, de son indéfectible souvenir.

Il y a peu, un ministre de l’Intérieur, sentant peut-être l’orage venir, semble avoir opéré pareil repli stratégique, direction Lyon, quant à lui, pour y couler des jours plus tranquilles. Curieux, également, au moment même où tout se ramène à « l’Union européenne », que les crimes islamistes soient toujours appréhendés, répercutés, politiquement et médiatiquement, sous l’angle « local », non européen pour ainsi dire, sans établir de lien de cause à effet (« unité nationale » avant tout, etc.) alors, précisément, que la « liberté de circulation des personnes dans l’espace européen » en devient mécaniquement un élément « facilitant ». Ainsi, l’auteur de l’attaque du marché de Noël de Berlin (2016), répertorié sous six identités différentes (sic), avait-il été neutralisé du côté de Milan après une cavale de quatre jours à travers l’Europe, alors que, du côté de Strasbourg, 48 heures après les faits, l’on s’interrogeait de savoir si Chérif Chekatt n’avait pas « passé la frontière » pour se réfugier dans une ville allemande voisine.

« Passer la frontière » ? Quelle frontière ? Cette Europe n’est, pour l’heure, qu’une farce sécuritaire. Ce que vient corroborer le fait que l’une des victimes strasbourgeoises n’est autre que Kamal Naghchband, Afghan naturalisé français, qui précisément avait fui les talibans pour ainsi mieux tomber sous les balles d’un de ces purs fruits du multiculturalisme européen… Il n’était donc pas plus en sécurité dans cette fabuleuse Europe que dans son Afghanistan natal et aura sans doute compris, au moment de passer de vie à trépas, que la plus grande menace pour lui n’était pas verte, mais la « lèpre » populiste ou autre « peste brune », dixit Macron et consorts. L’enseignant irlandais tué au couteau de cuisine, ce 5 décembre, à la Défense, par un ancien élève pakistanais, en situation irrégulière sur le sol français depuis septembre 2017, en témoigne également.

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