Editoriaux - Justice - 1 décembre 2019

Attentats du 13 novembre : un procès hors normes annoncé pour 2021 mais…

Le procès de Salah Abdeslam et de ceux qui sont soupçonnés de complicité dans l’attentat du Bataclan aura donc lieu. En 2021. Qui va-t-on juger ? Que va-t-on juger ? Quelle justice va-t-on rendre ? Au nom de quoi ? Des droits de l’homme ? De la démocratie ? Des valeurs de la République ? Une fois la décision rendue, la justice sera-t-elle passée pour de bon ?

Notre Justice devient pédagogique. Il va d’abord s’agir de savoir. Comprendre. Expliquer. L’issue semble si évidente…

Ce procès ne sera-t-il pas une immense et folle entreprise de culpabilisation dont nous avons seuls le secret ? De quoi va-t-on nous rebattre les oreilles pendant des mois, à coups de millions d’euros, de larmes et de souffrances ravivées ? Si ce n’est de cette idée sournoise que ce sont des enfants de notre « sainte République » qui ont commis l’insupportable et inhumaine agression ? Si ce n’est encore que nous serions collectivement coupables ? Car chacun sait, depuis Rousseau et Hugo, que l’homme ne serait pas capable de l’horreur si la collectivité ne l’y avait pas poussé ! Le débat judiciaire ne va-t-il pas n’être qu’une expertise sociologique, psychologique, psychiatrique de nos errements collectifs ? Sera-t-il autre chose que l’analyse de nos faillites collectives ? Que le fruit néfaste d’une dialectique pernicieuse consistant à nous faire mal et à nous affaiblir ?

Cette réponse judiciaire là sera un coup d’épée dans l’eau.

La sentence de ce procès, qui ne fait pas de doute, sera tout autre que ce qu’elle devrait être fondamentalement alors que notre élite militaire risque sa vie pour combattre cette hydre criminelle.

Alors, me direz-vous, ne fallait-il pas un procès ? Oui, mais pas celui-là !

Ce procès sera privé du sens. Il lui manquera son enjeu.

Puisque Salah Abdeslam a été arrêté vivant, et c’est bien sûr tout à notre honneur, son procès ne pourrait avoir de sens que si la justice devait y être rendue pour de bon. Que si la peine encourue était la . Afin de proclamer que nous avons le sens commun de la hiérarchie des valeurs, et de souligner qu’à un tel stade de barbarie, ceux qui ont tué aveuglément et gratuitement doivent rendre compte de leur propre vie qu’ils ont eux-mêmes désacralisée.

La Justice ne remplit son office, elle n’est la clé de voûte de la vie en société que si elle donne à l’acte criminel sa dimension ultime. Les victimes attendent cela en même temps que des explications sans fin incapables d’expliquer et de justifier des actes dont l’horreur est le seul sens. La peine de mort serait la seule réponse audible et compréhensible si la France ne s’était pas privée de ce droit fondamental en adhérant à toutes les conventions internationales qui, dorénavant, l’en empêchent.

Car une bonne part du peuple pense que Salah Abdeslam ne mérite rien d’autre que le sort réservé à Merah ou d’autres restés anonymes et liquidés par nos forces spéciales dans le silence d’opérations secrètes commanditées par l’État français et dont François Hollande nous a confirmé la réalité dans ses confidences d’Un Président [qui] ne devrait jamais dire ça…

La mort est la seule réponse judiciaire possible – à la mesure des crimes commis – si les accusés sont coupables de ce qui s’est passé ce soir-là… L’institution judiciaire doit répondre au besoin de justice. La vie des criminels ne peut pas passer avant celle des victimes. Le pardon n’appartient qu’aux victimes. Les droits de l’homme ne sauraient se retourner contre le peuple dans une société civilisée. La peine de mort n’est pas la barbarie. La barbarie, c’est le crime gratuit et prémédité des criminels. Jean-Louis Harouel l’a remarquablement démontré dans son récent livre Libres Réflexions sur la peine de mort.

Il serait temps de se remettre à penser à l’endroit !

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